Publié le 10 octobre 2025 02:49:00. Le Venezuela a demandé d’urgence une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, craignant une intervention militaire américaine imminente, alors que les tensions s’intensifient autour d’accusations liées au trafic de drogue et à un possible « changement de régime ».
- Caracas accuse les États-Unis de préparer une attaque armée « à très court terme », dénonçant un déploiement militaire massif près de ses côtes.
- Le Venezuela s’appuie sur des déclarations du président Trump qu’il juge menaçantes et sur la fin des canaux diplomatiques avec Washington.
- Cuba a également exprimé son inquiétude face à de possibles « prétextes » américains pour une action militaire contre le Venezuela.
Le gouvernement vénézuélien a formellement sollicité l’organisation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies, alertant sur une menace d’agression militaire américaine. Dans une lettre adressée au président du Conseil de sécurité, Vassily A. Nebenzia, le ministre des Affaires étrangères vénézuélien, Yván Gil, affirme détenir des informations « prouvées, raisonnables et objectives » indiquant qu’une attaque pourrait se produire dans un avenir très proche.
Caracas justifie sa demande par un « déploiement militaire sans précédent » des États-Unis, comprenant, selon ses dires, des destroyers, des avions de combat, des troupes d’élite, des unités des forces spéciales, des missions secrètes et même un sous-marin nucléaire à propulsion, positionnés à proximité des côtes vénézuéliennes. Washington justifie ce déploiement par la lutte contre le trafic de drogue, une explication que le gouvernement de Nicolás Maduro rejette fermement, la qualifiant de « faux combat » et d’« actions d’intimidation » visant à provoquer un « changement de régime ».
Le Venezuela met en avant trois déclarations du président américain Donald Trump qu’il considère comme particulièrement dangereuses. La première, prononcée le 22 septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU, où Trump a exprimé sa volonté d’utiliser la puissance militaire américaine pour « faire exploser » Maduro. La seconde, datée du 3 octobre, où Trump a notifié au Congrès américain que les États-Unis étaient engagés dans un « conflit armé non international » avec des cartels de la drogue. Et enfin, la déclaration du 4 octobre, où Trump a évoqué la nécessité de « commencer à chercher par voie terrestre » les trafiquants de drogue présumés, ce que le Venezuela interprète comme un signe de l’imminence d’une violation de sa souveraineté nationale. Plus d’informations sur les déclarations de Trump (CNN Español).
Caracas met en garde contre les conséquences d’une éventuelle agression, soulignant qu’elle aurait de « graves répercussions sur la paix, la stabilité et la sécurité de toute la région de l’Amérique latine et des Caraïbes ». Cuba a également exprimé sa solidarité avec le Venezuela, dénonçant les « prétextes » américains pour une action militaire, qu’elle juge « inacceptables sur le plan légal et moral », et appelant à une mobilisation internationale pour prévenir une intervention.
Le gouvernement Trump accuse Maduro de diriger le soi-disant « Cartel des Soleils », une organisation terroriste désignée par les États-Unis et prétendument impliquée dans le trafic de drogue. Le Venezuela rejette catégoriquement ces accusations, les qualifiant de mensonges infondés.