Publié le 10 octobre 2025 à 18h57. Le Guatemala, sous la présidence de Bernardo Arévalo, mise sur le programme d’investissement européen Global Gateway pour moderniser son infrastructure et relancer son économie, tout en naviguant dans un contexte régional complexe marqué par des crises migratoires et des tensions politiques.
- Le Guatemala compte sur le programme Global Gateway pour financer des projets d’électrification rurale et de développement économique circulaire, notamment dans le bassin de la rivière Motagua.
- Le pays a conclu un accord avec les États-Unis pour gérer les retours de migrants guatémaltèques, en mettant l’accent sur la dignité et la réintégration.
- Le Guatemala s’engage à préserver les institutions démocratiques et sollicite l’observation internationale pour les prochaines élections cruciales.
Le Guatemala s’appuie sur le programme d’investissement de l’Union européenne, Global Gateway, pour moderniser son réseau électrique et intégrer le marché de l’électricité d’Amérique centrale. Selon le président Arévalo, le système d’intégration électrique centraméricain, bien qu’existant depuis longtemps, nécessite des investissements importants pour s’adapter aux défis actuels. « Le système a été conçu pour répondre aux besoins des années 1980 », a-t-il expliqué, soulignant que Global Gateway offre un mécanisme de financement essentiel pour les projets de développement régional.
Cependant, le programme Global Gateway suscite des critiques quant à son orientation potentielle vers les intérêts européens au détriment des populations locales. Interrogé sur ce point, le président Arévalo a souligné l’importance de la structure de la coopération. Il a révélé avoir accompagné le ministre de l’Énergie à Bruxelles pour discuter d’un projet d’électrification rurale, qui pourrait bénéficier du soutien de Global Gateway. Un autre projet en cours concerne le bassin de la rivière Motagua, où une économie circulaire est en cours de développement pour lutter contre la pollution plastique.
« Nous préparons une économie circulaire pour le bassin de la rivière Motagua. Ce sont des communautés unies par le nettoyage d’une rivière qui présente désormais des niveaux absurdes de pollution de toutes sortes, y compris le plastique. Le projet comprend la création d’usines de traitement et de transformation des plastiques capturés. »
Bernardo Arévalo, président du Guatemala
La situation régionale, notamment le conflit international dans les Caraïbes, influence également les priorités du Guatemala. À l’approche du sommet UE-CELAC, le président Arévalo a souligné l’importance de trouver un équilibre entre la lutte contre le trafic de drogue et le respect du droit international. Il a également insisté sur la nécessité d’une réflexion commune sur ce nouveau contexte.
Parallèlement, le Guatemala gère une crise migratoire et a conclu un accord avec les États-Unis pour encadrer les retours de citoyens guatémaltèques. Le gouvernement s’engage à assurer ces retours dans la dignité, en renforçant le réseau consulaire et en offrant un soutien à la réintégration.
« Nous acceptons de recevoir tous les Guatémaltèques et Centraméricains qui rentrent dans leurs pays respectifs. Pour les Nicaraguayens, il existe la possibilité de demander l’asile. »
Bernardo Arévalo, président du Guatemala
Le président Arévalo a également abordé la situation des Guatémaltèques exilés, notamment les opérateurs de justice et les juges persécutés. Il a distingué ces cas des expulsions liées à des motifs économiques, dénonçant l’existence d’une « élite politico-criminelle » qui continue de menacer les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes, comme Carlos Zamora.
Malgré une croissance économique prometteuse, le Guatemala est confronté à un taux de pauvreté élevé (environ 57 %). Le président Arévalo a expliqué cette contradiction par un héritage historique de marginalisation et par la capture des institutions par des élites corrompues. Il a affirmé que son gouvernement a pour mandat de sauver les institutions démocratiques et de lutter contre la corruption, en investissant dans des domaines essentiels tels que l’éducation, la santé et les infrastructures. En un an et demi, 18 000 écoles ont été rénovées, contre seulement 4 000 sous le gouvernement précédent.
Enfin, le Guatemala suit de près les développements régionaux, notamment les inquiétudes concernant la dérive autoritaire au Salvador et les sanctions potentielles contre le Nicaragua. Le pays réaffirme son engagement en faveur de la démocratie et de l’intégration régionale, tout en sollicitant l’observation internationale pour garantir la transparence des prochaines élections, notamment pour la Cour constitutionnelle, le Tribunal électoral suprême, le procureur général et le contrôleur général.
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