Home MondeIsraël cesse le feu et les Gazaouis commencent à rentrer chez eux – Moyen-Orient et Afrique

Israël cesse le feu et les Gazaouis commencent à rentrer chez eux – Moyen-Orient et Afrique

by Clara Dubois

Publié le 11 octobre 2024 00:02:00. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi à Gaza, marquant une pause dans deux ans de conflit intense et ouvrant la voie au retrait progressif des forces israéliennes et à la libération d’otages, sous l’égide d’un accord négocié par l’ancien président américain Donald Trump.

  • Israël a déclaré un cessez-le-feu à midi (09h00 GMT) et a entamé le retrait de ses troupes de Gaza.
  • Des dizaines de milliers de Palestiniens ont commencé à retourner vers leurs foyers, souvent dévastés par les combats.
  • Le Hamas doit libérer les 47 otages restants, vivants ou décédés, en échange de la libération de 250 prisonniers palestiniens par Israël.

Après deux années de guerre dévastatrice, l’espoir renaît pour les familles des otages israéliens encore détenus dans la bande de Gaza. La trêve, fruit de négociations menées par Donald Trump, suscite des attentes quant à sa pérennité. L’ancien président américain s’est déclaré confiant quant à la tenue du cessez-le-feu, estimant qu’Israël et le Hamas étaient « tous fatigués des combats ».

L’armée israélienne a confirmé l’entrée en vigueur du cessez-le-feu à midi (09h00 GMT), précisant qu’il s’agissait d’une étape préparatoire au retour des otages. Le Pentagone a ensuite annoncé qu’Israël avait achevé la première phase du retrait prévu dans le plan de paix de Trump, bien que les forces israéliennes contrôlent encore environ 53 % du territoire palestinien.

Le retrait des troupes israéliennes est conditionné à la libération des otages restants par le Hamas, dans un délai de 72 heures. Parallèlement, Israël a publié une liste de 250 prisonniers palestiniens qu’il envisage de libérer, ainsi que 1 700 Gazaouis détenus depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché le conflit.

Dès l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, des colonnes de Palestiniens, épuisés par deux ans de bombardements et une situation humanitaire qualifiée de famine par l’ONU, ont entamé un retour vers leurs foyers, notamment depuis la ville de Khan Younis vers le nord de la bande de Gaza. Les équipes de secours ont commencé à dégager des dizaines de corps des décombres.

L’Italie a annoncé la réouverture d’un passage pour piétons à la frontière de Rafah, entre Gaza et l’Égypte, à partir du 14 octobre.

Dans le cadre de l’accord négocié par Trump, le Hamas doit restituer les 47 otages restants, qu’ils soient vivants ou décédés, sur les 251 personnes enlevées lors de l’attaque du 7 octobre il y a deux ans. Les restes d’un autre otage, détenu à Gaza depuis 2014, doivent également être restitués.

Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à soutenir ce plan de cessez-le-feu. Donald Trump a confirmé qu’il rencontrerait « de nombreux dirigeants » en Égypte lundi pour discuter de l’avenir de Gaza et a exprimé sa conviction que cette trêve pourrait déboucher sur une paix plus large au Moyen-Orient.

Les groupes armés palestiniens, dont le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), ont déclaré dans un communiqué commun avoir infligé « un revers aux objectifs israéliens de déplacement et de déracinement ». Ils ont souligné la nécessité d’une « grande vigilance nationale et d’une surveillance étroite » pour garantir le succès de cette étape.

« Le processus de négociation et le mécanisme de mise en œuvre de l’accord nécessitent encore une grande vigilance nationale et une surveillance étroite 24 heures sur 24 pour garantir le succès de cette étape. »

Hamas, Jihad islamique et FPLP, communiqué commun

L’agence de défense civile de Gaza a confirmé le retrait des troupes et des véhicules blindés israéliens de leurs positions avancées dans la ville de Gaza et à Khan Younis. Cependant, Israël a averti que certaines zones restaient interdites et que les Palestiniens devaient se tenir à l’écart de ses forces pendant qu’elles « ajustaient leurs positions opérationnelles ».

Mahmud Bassal, porte-parole de la défense civile de Gaza, a estimé qu’environ 200 000 Palestiniens étaient retournés vers le nord depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

« Nous retournons dans nos régions, pleins de blessures et de chagrin, mais nous remercions Dieu pour cette situation. »

Ameer Abu Iyadeh, 32 ans

« Je prie simplement pour que (ma maison) n’ait pas été détruite… Nous espérons seulement que la guerre se terminera pour de bon, afin que nous n’ayons plus jamais à fuir. »

Mohammed Mortaja, 39 ans

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé vendredi avant l’aube que le gouvernement avait approuvé le cadre de l’accord sur la libération des otages.

« Citoyens d’Israël, il y a deux ans, la fête de Simhat Torah est devenue un jour de deuil national. Ce Simhat Torah, avec l’aide de Dieu, sera un jour de joie nationale, célébrant le retour de tous nos frères et sœurs retenus en otages. »

Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien

La famille d’Alon Ohel, l’un des 20 otages vivants devant être libérés, s’est dite « submergée par l’émotion » et attend son retour avec impatience.

Malgré les célébrations en Israël et à Gaza, et les nombreux messages de félicitations des dirigeants du monde, de nombreuses questions restent en suspens, notamment le désarmement du Hamas et la proposition d’une autorité de transition pour Gaza dirigée par Donald Trump. Osama Hamdan, un haut responsable du Hamas, a déclaré à la chaîne de télévision qatarie Al Araby que le mouvement islamiste palestinien rejetait l’idée d’une autorité de transition.

Des habitants de plusieurs zones de la bande de Gaza ont rapporté à l’AFP que l’armée israélienne semblait s’être retirée des positions qu’elle occupait la veille.

Areej Abu Saadaeh, 53 ans, déplacée au début du conflit, rentrait chez elle au milieu de gravats brisés et d’acier tordu, sous un nuage de poussière de ciment.

« Je suis heureuse de la trêve et de la paix, même si je suis mère d’un fils et d’une fille qui ont été tués et que je les pleure profondément. Pourtant, la trêve apporte aussi de la joie : rentrer chez nous. »

Areej Abu Saadaeh, 53 ans

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