Home Nouvellesla fermeture de la mosquée des Bleuets annulée sur décision du juge administratif

la fermeture de la mosquée des Bleuets annulée sur décision du juge administratif

by Nicolas Lefèvre

La mosquée des Bleuets à Marseille a obtenu la suspension temporaire de la fermeture administrative ordonnée par la préfecture, après une décision du tribunal administratif ce samedi. Cette suspension, valable deux mois, intervient suite à des accusations de propos radicaux tenus par l’imam de la mosquée.

Le juge des référés liberté a estimé que la fermeture décidée le 6 octobre par le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Georges-François Leclerc, portait « atteinte à la liberté fondamentale du culte ». Le tribunal a également souligné que cette fermeture créait une situation d’urgence pour l’association gérant la mosquée et pour ses fidèles, notamment ceux à mobilité réduite.

Selon le tribunal, « les propos et publications de l’imam mis en cause sur les réseaux sociaux, anciens ou plus récents, ne présentent pas une menace actuelle de provoquer la haine ou la violence de personnes ou de groupes de personnes ». L’avocat de la mosquée, Me Sefen Guez Guez, s’est réjoui de cette décision, la qualifiant de « victoire » et d’« acte d’apaisement ». Il a ajouté : « Il est temps de laisser la mosquée poursuivre ses activités dans la sérénité. »

Cette affaire n’est pas nouvelle. Il y a un an, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône avait déjà envisagé de fermer la mosquée. L’imam, Ismaïl (de son vrai nom Smaïn Bendjilali), avait alors promis de suivre une formation sur les principes de la laïcité pour permettre au lieu de culte de rester ouvert malgré les tensions persistantes avec les autorités.

Fin mai, l’imam avait été condamné à six mois de prison avec sursis pour apologie du terrorisme, suite au partage d’une publication sur X concernant l’attaque du 7 octobre 2023 en Israël. Il a fait appel de cette décision.

Le tribunal a cependant noté que, « depuis la reprise de son activité au sein de la mosquée, aucun comportement contraire à la loi de 1905 n’est établi » et qu’« aucun fidèle de la mosquée n’a non plus été mis en cause ».

La préfecture avait initialement justifié son arrêté par la présence sur les réseaux sociaux de « positions favorables à l’organisation terroriste Hamas et, sous couvert d’antisionisme, haineuses à l’encontre de l’État d’Israël ». Lors de l’audience de vendredi, l’imam s’était défendu en lançant : « Je mets au défi l’administration de trouver une seule mosquée à Marseille où des rabbins et des prêtres viennent assister à la prière du vendredi. »

Il est à noter que Georges-François Leclerc, actuel préfet de Provence-Alpes-Côte d’Azur, avait déjà été confronté à une situation similaire en 2023 lorsqu’il était préfet du Nord. Il avait alors retiré le contrat d’association avec l’État au lycée musulman Averroès de Lille, mais le tribunal administratif lui avait donné tort en avril, rétablissant ce contrat.

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