Le 25 mars 1992, l’Angleterre et le Pakistan s’affrontaient dans une finale de Coupe du monde de cricket mémorable. ESPNcricinfo propose de revivre ce match historique, ainsi que d’autres classiques, dans une série de retransmissions commentées, une initiative née en réponse au manque de compétitions sportives en direct.
L’édition 1992 de la Coupe du monde, la première à se dérouler en Australie et en Nouvelle-Zélande, a marqué un tournant pour ce sport. Elle a vu l’émergence d’un cricket plus spectaculaire, avec des tenues colorées, des balles blanches et une couverture médiatique accrue, amorcée quinze ans auparavant par Kerry Packer et les World Series Cricket.
Le Pakistan, après un début de tournoi difficile avec trois défaites en cinq matchs, a réussi un retour spectaculaire sous la direction d’Imran Khan. Une victoire cruciale contre l’Australie à Perth a relancé leur campagne, suivie de succès contre le Sri Lanka et la Nouvelle-Zélande. Un point obtenu de manière fortuite lors d’un match interrompu par la pluie contre l’Angleterre à Adélaïde s’est avéré déterminant pour leur qualification.
L’Angleterre, quant à elle, avait pris une avance confortable en début de tournoi, avec cinq victoires et un match nul significatif. Cependant, des défaites inattendues contre le Zimbabwe et la Nouvelle-Zélande ont quelque peu terni leur aura. Malgré une profondeur de banc impressionnante, les blessures et la fatigue commençaient à se faire sentir après une longue saison hivernale.
La finale s’annonçait donc comme un affrontement entre deux équipes aux styles très différents. L’Angleterre, avec un onze équilibré et des joueurs expérimentés comme Graham Gooch, Ian Botham, Allan Lamb et Derek Pringle, cherchait à décrocher un premier titre mondial. Pour plusieurs de ces joueurs, il s’agissait de leur dernière chance de remporter une Coupe du monde, après avoir déjà connu la défaite en finale par le passé.
Le Pakistan, de son côté, misait sur l’inspiration du moment et sur la pugnacité de Javed Miandad, véritable artisan de leur parcours. Miandad, avec quatre demi-siècles à son actif, s’était imposé comme un pilier de l’équipe. L’équipe pakistanaise, moins prévisible que l’Angleterre, avait su se montrer opportuniste tout au long du tournoi.
Wasim Akram, jeune prodige du swing, incarnait les difficultés du Pakistan avec la nouvelle balle, mais sa maîtrise avec un ballon plus usé était indéniable. Malheureusement, son compatriote Waqar Younis, spécialiste du swing inversé, était absent en raison d’une blessure.
Au-delà de l’enjeu sportif, cette finale était chargée d’émotion. Le retour de l’Afrique du Sud sur la scène internationale, l’enthousiasme de la Nouvelle-Zélande porté par Martin Crowe, et la performance de Gooch, dont l’équipe restera gravée dans les mémoires, avaient contribué à rendre ce mois de mars inoubliable. Reste à savoir si la pluie, souvent présente dans ce tournoi, allait une nouvelle fois jouer un rôle.
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