Publié le 13 octobre 2025 à 23h06. Après la libération des derniers otages israéliens, Donald Trump a promis de mettre tout le poids de sa présidence pour consolider la victoire militaire d’Israël et ouvrir la voie à une coopération régionale inédite, incluant potentiellement une normalisation des relations avec l’Iran.
- Donald Trump s’engage à garantir qu’Israël ait exploité pleinement ses capacités militaires.
- Un sommet s’est tenu en Égypte pour approuver un plan de paix, la reconstruction de Gaza et une autonomie palestinienne limitée.
- Des divergences subsistent quant au désarmement du Hamas et au rôle des forces internationales de stabilisation.
À l’issue de la libération des derniers otages israéliens détenus à Gaza, l’ancien président américain Donald Trump a prononcé un discours devant la Knesset israélienne, saluant ce qu’il a qualifié de « l’aube historique d’un nouveau Moyen-Orient » et la fin du « long et douloureux cauchemar » de la guerre à Gaza. Il a affirmé qu’Israël, avec l’aide américaine, avait atteint ses objectifs militaires et qu’il était temps de transformer ces victoires en une paix durable et une prospérité partagée pour l’ensemble de la région.
Trump a insisté sur le caractère définitif de la victoire militaire israélienne, cherchant ainsi à rassurer les États arabes et à les convaincre qu’il ne permettra ni une reprise des hostilités avec le Hamas, ni un rétablissement de sa présence à Gaza. Il a déclaré :
« Ce n’est pas seulement la fin de la guerre, c’est la fin d’une époque de terreur et de mort. Israël, avec notre aide, a gagné tout ce qu’il pouvait par la force des armes. Il est maintenant temps de traduire ces victoires contre les terroristes sur le champ de bataille en prix ultime de la paix et de la prospérité pour l’ensemble du Moyen-Orient. »
Donald Trump, ancien président américain
Pour donner une suite concrète à ces déclarations, Trump s’est ensuite rendu en Égypte pour participer à un sommet réunissant plus de vingt dirigeants mondiaux. L’objectif était d’approuver son plan de paix, de définir les modalités de la reconstruction de Gaza et d’établir un cadre pour une autonomie palestinienne limitée. Les États-Unis, la Turquie, le Qatar et l’Égypte, garants de l’accord, ont signé un document détaillant leurs responsabilités dans la mise en œuvre de la paix et le processus vers l’autonomie palestinienne.
Organisé conjointement avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi à Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, le sommet a été l’occasion pour Trump d’annoncer le lancement de la deuxième phase de son plan pour Gaza, consacrée à la reconstruction de la bande. Il a précisé :
« La phase deux a déjà commencé. Les phases sont toutes un peu mélangées les unes aux autres. Vous pouvez commencer à nettoyer. Regardez Gaza, c’est beaucoup de nettoyage. »
Donald Trump, ancien président américain
Il a également appelé les pays arabes riches à contribuer financièrement à la reconstruction de Gaza, estimée à plus de 30 milliards de dollars (environ 27,5 milliards d’euros).
Trump s’est montré confiant quant à l’avenir, prédisant que Gaza serait démilitarisée, le Hamas désarmé et que la sécurité d’Israël ne serait plus menacée. Il a également adressé un avertissement implicite à Israël, suggérant que son recours à la force commençait à nuire à son image internationale. Il a affirmé avoir dit au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu :
« Bibi, on se souviendra de vous bien plus pour cela que si vous aviez continué à faire avancer les choses – tuer, tuer, tuer. »
Donald Trump, ancien président américain, se référant à Benjamin Netanyahu
L’ancien président américain a également insisté sur la nécessité de faire pression sur les États arabes pour qu’ils signent rapidement les accords d’Abraham, qui impliquent la reconnaissance d’Israël. Il a également affirmé que l’Iran était prêt à la paix. Les diplomates européens, en coulisses, mettent en garde contre la rapidité du cessez-le-feu, soulignant la nécessité d’accélérer les projets de déploiement d’une force internationale de stabilisation et de police civile palestinienne pour garantir le désarmement du Hamas.
Le Hamas, qui gouverne Gaza depuis 2007, a déclaré qu’il n’était pas disposé à participer au nouveau gouvernement technocratique de Gaza, mais a indiqué qu’il ne désarmerait que sous certaines conditions, notamment la mise en place d’une force de sécurité dirigée par des Palestiniens. Israël, de son côté, a précisé qu’il ne retirerait pas ses forces de Gaza tant que le réseau de tunnels et d’armes du Hamas resterait sous son contrôle.
La France, les États-Unis et le Royaume-Uni se sont déclarés prêts à soutenir une force internationale de stabilisation. Cependant, il est reconnu que la crédibilité de cette force dépendra de la participation de troupes provenant de pays musulmans, tels que l’Indonésie et la Turquie, qui ont également participé au sommet. La France plaide également pour un mandat de l’ONU, similaire à celui de la FINUL au Liban. Une force de police civile distincte, formée principalement en Égypte et en Jordanie, est également en préparation pour être déployée à Gaza, mais des sources diplomatiques françaises craignent qu’elle ne se retrouve en conflit avec un Hamas renaissant si son déploiement est trop tardif.
Ni le Hamas ni Benjamin Netanyahu n’ont participé au sommet. Donald Trump a également annoncé qu’il allait présider un conseil de la paix chargé de superviser le programme de reconstruction et de veiller à la mise en place d’un gouvernement technocratique palestinien. Il a suggéré que le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi pourrait en faire partie, tout en indiquant qu’il sondait l’opinion régionale pour évaluer la possibilité d’intégrer également Sir Tony Blair. Pour la première fois en huit ans, Trump a rencontré le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, en lui serrant la main et en lui faisant un signe d’approbation, quinze jours seulement après l’avoir banni de New York et de l’Assemblée générale de l’ONU.
Le président français Emmanuel Macron, fervent défenseur de la solution à deux États, a salué la présence de Mahmoud Abbas comme « un très bon signal… C’est une reconnaissance du rôle que l’Autorité palestinienne doit jouer en tant qu’entité légitime ». Il a ajouté :
« Sur les questions de gouvernance, nous aurons un rôle particulier pour être aux côtés de l’Autorité palestinienne et veiller à ce qu’elle joue son rôle, mais aussi qu’elle mène les réformes pour le lendemain. »
Emmanuel Macron, président français
L’Autorité palestinienne s’est engagée à organiser des élections présidentielles et parlementaires dans un délai d’un an.
Macron a également souligné l’importance de ne pas oublier la situation en Cisjordanie, où la colonisation israélienne s’accélère, et de poursuivre les efforts pour créer un État palestinien formel aux côtés d’Israël. Il a insisté sur la nécessité de « faire le lien entre Gaza et la Cisjordanie » et de « garantir qu’il existe une voie vers deux États, la seule perspective politique qui permette véritablement une paix durable ». Sur le plan sécuritaire, il a annoncé que les Européens « intensifieraient » la formation des policiers palestiniens à Gaza, mais a précisé que la France ne participerait pas directement à la force de stabilisation qui doit être mise en place. Il a souligné qu’il existait un « consensus » pour privilégier des « forces régionales et peut-être des contributions de certains pays comme l’Indonésie », tout en insistant sur la nécessité d’un « cadre international », c’est-à-dire un mandat de l’ONU. La France co-organisera également avec l’Égypte une conférence sur l’aide humanitaire à Gaza, qui se tiendra « dans les semaines à venir ».
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