Publié le 13 octobre 2023 22:06:00. Le nouveau film de Kathryn Bigelow, Une Maison de Dynamite, plonge le spectateur au cœur d’une crise nucléaire potentielle, explorant les réactions et les dilemmes des plus hauts responsables américains face à une menace imminente. Disponible en salles pour une sortie limitée, le film sera ensuite diffusé sur Netflix à partir du 24 octobre.
- Le film suit les réactions de la Maison Blanche et du STRATCOM suite à la réception d’un missile nucléaire unique.
- L’œuvre est décrite comme un thriller paranoïaque, mettant en scène un ensemble d’acteurs talentueux confrontés à des choix impossibles.
- Bien que le film soulève des questions importantes sur la dissuasion nucléaire, il est critiqué pour son manque de résolution et son côté манипулятивный.
Une Maison de Dynamite, le premier long métrage de Kathryn Bigelow depuis près d’une décennie, dépeint un scénario terrifiant : un missile nucléaire est lancé sur les États-Unis par un auteur inconnu. Le film suit alors les réactions en chaîne au sein des plus hautes sphères du pouvoir américain. Le capitaine de la salle de crise de la Maison Blanche (Rebecca Ferguson), un conseiller à la sécurité nationale (Gabriel Basso), un général du STRATCOM (Tracy Letts), le secrétaire à la Défense (Jared Harris) et le président des États-Unis (Idris Elba) se retrouvent confrontés à une série de scénarios de réponse possibles, tandis que le film superpose des hypothèses cauchemardesques les unes aux autres.
Le film se présente comme une exploration de la question « et si ? », un véritable labyrinthe de complications et de retournements de situation. Qu’arriverait-il si une frappe solitaire touchait le territoire américain, accidentelle ou intentionnelle ? Une Maison de Dynamite ne se contente pas de simuler cette crise, mais l’envenime avec des couches supplémentaires de suspense, donnant parfois l’impression d’une manipulation pure et simple. Le film semble se complaire à plonger le spectateur dans un tourbillon existentiel sans offrir de véritable issue.
L’angoisse de l’armageddon nucléaire, souvent traitée au cinéma comme un thriller politique, est un thème récurrent depuis l’invention de la bombe atomique. Des classiques comme Fail Safe (1964) et Docteur Folamour de Stanley Kubrick, en passant par Crimson Tide (1995) de Tony Scott, jusqu’à des productions plus récentes comme Mission : Impossible – Dead Reckoning Part One et Paradise sur Hulu, l’idée sous-jacente est que, face à une menace existentielle, la frappe préventive est souvent perçue comme le seul moyen de garantir la survie. Au fond, il s’agit d’une réflexion sur la primauté de l’action sur la passivité, même au prix de l’humanité toute entière. Une Maison de Dynamite aborde cette question, mais sans proposer de solution, ni même de prise de position claire.
Le film présente néanmoins des qualités indéniables, notamment la mise en scène de Kathryn Bigelow, qui parvient à créer une atmosphère claustrophobe et tendue, et la structure narrative, qui divise les vingt minutes cruciales de chaos et d’alerte en trois chapitres, chacun présentant un point de vue différent sur la crise. Cependant, la répétition des mêmes événements sous différents angles finit par lasser, et le film ne parvient pas à atteindre le climax qu’il promet. Il donne l’impression de vouloir se débarrasser de ses atouts de film à petit budget pour prétendre à une reconnaissance plus prestigieuse.
La distribution est un autre point fort du film, avec des performances remarquables de Rebecca Ferguson, Idris Elba, Jared Harris et Anthony Ramos. Même les personnages secondaires, dont le rôle se limite à leur fonction professionnelle, sont crédibles et attachants. Ils semblent tous animés d’une vie intérieure riche, alors qu’ils tentent de trouver une solution à une crise qui pourrait coûter la vie à des millions d’Américains. On peut également apercevoir Greta Lee, Willa Fitzgerald, Renée Elise Goldsberry et Kaitlyn Dever. Le film révèle, par ailleurs, de manière involontaire, une question troublante : qui détient réellement le pouvoir et à quel point l’humanité est-elle vulnérable face à une telle menace.
Dans un contexte actuel marqué par de nombreuses préoccupations, il est compréhensible que certains spectateurs souhaitent éviter les fictions apocalyptiques. Une Maison de Dynamite aborde ce terrain sensible, mais reste trop timide pour aller jusqu’au bout de sa logique. Il s’agit peut-être de la raison pour laquelle il semble plus adapté à une diffusion en streaming qu’à une sortie en salles. La salle de cinéma était peu remplie lors de la projection, et chacun des spectateurs présents a exprimé sa confusion à la fin du film.
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