Home MondeTrump déclare la paix – mais la réalité n’est pas si simple

Trump déclare la paix – mais la réalité n’est pas si simple

by Clara Dubois

Publié le 14 octobre 2025 à 05h00. La visite du président américain Donald Trump en Israël et en Égypte a été marquée par des déclarations optimistes sur la fin du conflit à Gaza, mais des tensions persistantes sur le terrain et des manœuvres du Hamas soulèvent des doutes sur la pérennité de l’accord.

  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, sous l’influence de Donald Trump, évoqué pour la première fois la fin de la guerre à Gaza, et pas seulement le retour des otages.
  • Donald Trump a affirmé que la guerre était terminée, une déclaration reprise par Netanyahu, mais qui contraste avec la situation sécuritaire à Gaza.
  • Le Hamas consolide son pouvoir à Gaza, malgré les engagements pris dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu, et des affrontements internes font craindre une instabilité accrue.

L’accueil réservé à Donald Trump en Israël a été particulièrement chaleureux. Le Parlement israélien a accueilli le président américain avec une standing ovation, les parlementaires scandant son nom. Mais au-delà de cette démonstration de soutien, un changement notable s’est opéré dans le discours de Benjamin Netanyahu. Lors de la présentation de M. Trump à la Knesset, le Premier ministre israélien a fait allusion à la fin de la guerre à Gaza. Une déclaration surprenante, compte tenu de ses déclarations antérieures, où il insistait sur la nécessité de poursuivre l’opération militaire, même après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Quelques heures plus tôt, à bord d’Air Force One, Donald Trump avait été direct :

« La guerre est finie. D’accord ? Vous comprenez ça ? »

Donald Trump, président américain

Il semble que M. Netanyahu ait pris acte de cette position ferme. Conscient que M. Trump n’apprécie pas la contradiction publique, il a choisi d’anticiper son message et de l’adopter comme le sien.

La visite du président américain s’est poursuivie en Égypte, où s’est tenu un sommet sur Gaza réunissant plus de vingt dirigeants mondiaux, coprésidé par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Les dirigeants ont été contraints d’attendre plusieurs heures l’arrivée de M. Trump. Le déroulement du sommet a été soigneusement orchestré : photos, discours, signature de documents, puis une demande de M. Trump de rester pour « cinq minutes » de discussions privées avant de se rendre à l’aéroport.

L’issue de ce sommet a été un engagement formel de l’Égypte, du Qatar et de la Turquie à approuver le plan de paix en 20 points proposé par M. Trump. Bien que significative, cette déclaration d’intention ne constitue pas encore une feuille de route précise pour la mise en œuvre de l’accord. M. Trump a affirmé que le processus de paix était déjà avancé, évoquant les « étapes trois et quatre », sans toutefois fournir de détails.

Cependant, la réalité sur le terrain à Gaza est bien plus complexe. Alors que M. Trump célébrait l’accord en Égypte, le Hamas renforçait sa présence et son contrôle dans la bande de Gaza. Des rapports indiquent que le groupe a rappelé 7 000 membres de ses forces de sécurité et nommé cinq nouveaux gouverneurs, tous issus de l’armée. Le Hamas a catégoriquement démenti ces informations, les qualifiant de « fabrication délibérée ».

Quoi qu’il en soit, des hommes armés patrouillent dans les rues de Gaza et des affrontements violents ont éclaté entre le Hamas et d’autres factions palestiniennes, notamment le clan Doghmush. La BBC a rapporté que le Hamas aurait tué 32 personnes dans la ville de Gaza, dans le cadre d’une opération de sécurité contre ses collaborateurs. Certains rapports suggèrent que le clan Doghmush bénéficierait du soutien israélien, ce que les dirigeants du groupe nient fermement.

La consolidation du pouvoir par le Hamas dans les zones évacuées par les forces israéliennes est une tendance claire. Les négociateurs du Hamas peuvent assurer aux médiateurs qu’ils ont accepté de se retirer, mais les faits contredisent ces affirmations. Déclarer la victoire est une chose, la concrétiser en est une autre. Donald Trump excelle dans l’art de la rhétorique victorieuse, mais les applaudissements ne peuvent masquer la complexité de la situation et les défis qui restent à relever pour parvenir à une paix durable.

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