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Gironde : ce déferlement des cigarettes de contrefaçon sur les réseaux sociaux …

by Thomas Caron

Un trafic de cigarettes de contrefaçon alimenté par les réseaux sociaux a pris des proportions alarmantes en France, et une mère et son fils de Libourne (Gironde) doivent répondre de leurs actes devant la justice. L’affaire, initialement prévue pour le 14 octobre, a été reportée.

Le fils, au cœur de ce système illégal, achetait des cartouches de cigarettes sur Telegram pour les revendre avec une marge confortable via son compte Snapchat. Une perquisition à leur domicile a révélé la saisie de plusieurs centaines de cartouches contrefaites et de dizaines de milliers d’euros en liquide.

Selon Daniel Bruquel, expert et chef du service prévention du commerce illicite chez Philip Morris France, partie civile dans cette affaire, le modus operandi était simple mais lucratif : « Le fils achetait 1 200 euros le carton de 50 cartouches, ce qui fait la cartouche à 25 euros. Puis, il la revendait à 40 euros, ce qui fait 15 euros de bénéfices par cartouche. »

Les plateformes numériques telles que Telegram, Snapchat, Instagram et Facebook sont devenues des vecteurs majeurs de ce commerce illégal. Les paquets de cigarettes contrefaites y sont proposés à des prix défiant toute concurrence, entre 3 et 5 euros, contre 12,50 euros dans les bureaux de tabac traditionnels. Ce phénomène, en forte croissance depuis le confinement, inquiète vivement les professionnels du secteur.

Antoine Bairras, buraliste au centre-ville de Bordeaux et président de la fédération des buralistes de la Gironde, décrit la situation : « On va avoir les canaux de distribution qui sont Marketplace, Snapchat, Insta, où il y a des codes qui vous amènent tout de suite à des cartouches de cigarettes, ou des paquets de cigarettes, avec de la livraison de façon immédiate. Ils sont parfaitement organisés pour ces canaux. » La fédération, qui représente 520 professionnels, s’est également constituée partie civile dans l’affaire de Libourne.

Face à cette situation, les buralistes demandent l’instauration de mesures de contrôle plus strictes sur les réseaux sociaux. Ils préconisent notamment la mise en place de filtres pour détecter et bloquer les échanges entre consommateurs et trafiquants, afin de freiner ce marché parallèle. Les pertes financières engendrées par ce trafic sont considérables, estimées entre 2 et 3 milliards d’euros pour l’État et les buralistes.

Philip Morris France partage cette analyse et appelle les plateformes à agir. « La loi interdit la vente de cigarettes sur les réseaux sociaux. Donc, Facebook ou Snapchat devraient être en capacité de dépister proactivement les contenus qui sont illégaux, comme ils le font déjà pour les propos injurieux. Il doit y avoir la même chose aujourd’hui sur les trafics de cigarettes », souligne le chef du service prévention du commerce illicite.

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