Publié le 15 octobre 2025 à 11h31. En apesanteur, les techniques de réanimation cardio-pulmonaire (RCP) classiques s’avèrent inefficaces. Une étude révolutionnaire révèle qu’un appareil de compression thoracique automatique pourrait bien être la solution pour sauver des vies dans l’espace, et potentiellement sur Terre.
- Les compressions thoraciques manuelles sont compromises par l’absence de gravité.
- Un appareil à piston spécifique permet d’atteindre la profondeur de compression recommandée en milieu spatial.
- Ces avancées pourraient avoir des applications dans des environnements terrestres isolés.
Sur la Station spatiale internationale (SSI), un arrêt cardiaque représente un défi médical majeur. L’absence de gravité empêche les secouristes d’utiliser leur poids pour effectuer des compressions thoraciques efficaces. Une recherche présentée lors du congrès 2025 de la Société européenne de cardiologie à Madrid a évalué différentes méthodes de RCP en conditions spatiales, ouvrant la voie à une médecine d’urgence spatiale plus performante.

L’étude s’est déroulée dans un environnement de test simulant l’apesanteur, à l’aide d’un avion spécialement aménagé qui effectue des manœuvres permettant de créer une brève absence de poids. « Nous avons testé différents types de compressions thoraciques dans un ‘laboratoire volant’ qui reproduit l’apesanteur vécue par les astronautes dans l’espace », explique Nathan Reynette, du service de cardiologie de l’Université de Lorraine-CHRU de Nancy, qui a dirigé les recherches, dans un communiqué.
Les directives actuelles de la NASA pour les urgences médicales à bord de la SSI préconisent la « méthode du poirier ». Cette technique consiste pour le sauveteur à se positionner à l’envers sur la poitrine de la victime et à appuyer avec ses jambes contre la paroi de la station pour générer la pression nécessaire. L’étude démontre toutefois que cette méthode manuelle, atteignant une profondeur de compression moyenne de 34,5 millimètres, est inférieure aux 50 à 60 millimètres recommandés par les protocoles médicaux.
Les scientifiques ont comparé trois appareils de compression thoracique automatiques à la méthode manuelle. Les résultats ont été sans appel : seul un appareil à piston standard a permis d’atteindre la profondeur de compression recommandée, avec une pression moyenne de 53 millimètres. Les deux autres dispositifs testés – un appareil à bande de compression et un piston plus petit – ont affiché des performances aussi insuffisantes que la méthode manuelle, avec une profondeur de pression de 29 millimètres. « Nous espérons que nos conclusions seront intégrées aux protocoles de traitement des arrêts cardiaques dans l’espace dans les années à venir », déclare Reynette.
Les implications de cette étude dépassent le cadre spatial. « La médecine spatiale fournit souvent des connaissances transférables pour les procédures d’urgence dans des environnements isolés sur Terre, où l’espace et l’expérience clinique sont également limités », souligne Reynette. Des recherches complémentaires pourraient déterminer si les dispositifs de compression thoracique automatiques pourraient s’avérer utiles dans des environnements terrestres confinés, tels que les sous-marins ou les stations de recherche arctiques.
Bien que les arrêts cardiaques dans l’espace restent un événement rare, compte tenu de la rigoureuse sélection médicale des astronautes et de leur excellente condition physique, ce risque pourrait augmenter avec la durée croissante des missions spatiales et le développement du tourisme spatial. (Source : communiqué de presse)
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