Publié le 16 octobre 2025 à 02:22:00. Pour la première fois depuis plus de trois décennies, Londres a accueilli un tournoi de sumo officiel, un événement qui mêle tradition ancestrale et diplomatie sportive, attirant une foule éclectique au Royal Albert Hall.
- Le premier dohyo (ring de sumo) professionnel construit en dehors du Japon a nécessité quatre jours de préparation minutieuse.
- L’Association japonaise de sumo espère attirer de nouveaux athlètes européens grâce à cet événement exceptionnel.
- Le sumo, sport national japonais, se révèle un outil de diplomatie douce et suscite un engouement croissant au Royaume-Uni.
Le Royal Albert Hall a vibré sous les couleurs et les traditions du sumo, un spectacle rare en dehors du Japon. Après 34 ans d’absence, un tournoi officiel a enfin été organisé sur le sol britannique, rappelant le dernier événement de ce type en 1991 dans la même salle. La construction du dohyo, ce ring sacré, a été une entreprise complexe, exigeant une argile spécifique expédiée de Kettering, jugée idéale par les experts pour sa consistance. Les artisans ont façonné, sculpté et tassé cette terre, assemblé un auvent en bois de six tonnes, et préparé l’arène avec des bottes de paille de riz et des rituels de purification à base de saké et de sel.
L’enthousiasme était palpable parmi les spectateurs venus assister à cet événement unique. On y croisait des chefs d’entreprise justifiant leurs dépenses, des diplomates en route pour une réception avec l’ambassadeur du Japon, et surtout, des passionnés de sumo, certains ayant découvert ce sport dans les années 1990 grâce aux retransmissions sur Channel 4. Des fans déguisés, des employés de Comme des Garçons brandissant des portraits de leurs rikishi (lutteurs) préférés, tous étaient unis par l’excitation de la compétition.
Comme souvent à Londres, des revendeurs opportunistes tentaient de profiter de la demande, proposant des billets à des prix exorbitants, allant jusqu’à 500 livres sterling pour les meilleures places. Mais l’attrait du sumo était plus fort que jamais.
Le président de l’Association japonaise de sumo, Hakkaku, a souligné la dimension sacrée de cet événement :
« Ce n’est pas seulement un événement sportif, mais une cérémonie sacrée. »
Hakkaku, président de l’Association japonaise de sumo
Il a rappelé que le sumo, comparable au cricket test pour les Anglais, est riche en rituels et en subtilités. La foule apprécie les gestes précis des lutteurs, leurs piétinements rituels et leurs jets de sel sur le ring.
Hakkaku, qui prendra sa retraite dans trois ans, avait fait de l’organisation de ce tournoi un projet personnel, souhaitant revenir sur les lieux de sa propre victoire lors d’un tournoi de retraite. Il a souligné l’importance du sumo comme outil de diplomatie culturelle et l’opportunité de développer ce sport au-delà des frontières japonaises.
Le succès de cet événement est indéniable. Le sumo, sport national japonais, attire un public de plus en plus large. De nombreux spectateurs découvrent ce sport en direct pour la première fois, après l’avoir suivi en ligne pendant des années. Richard Riggs, vice-président de la British Sumo Association, a exprimé son enthousiasme :
« C’est la première fois que je vois un combat professionnel, et je ne pourrais pas être plus excité. »
Richard Riggs, vice-président de la British Sumo Association
Le Royaume-Uni compte d’ailleurs un petit groupe de lutteurs de sumo, dont Riggs lui-même, qui a découvert ce sport pendant le confinement et participe désormais aux championnats du monde amateurs. La British Sumo Association s’efforce de déconstruire les stéréotypes et de faire connaître la complexité technique de ce sport, qui compte 82 façons différentes de gagner un combat.
L’atmosphère au Royal Albert Hall était électrique, entre les démonstrations de force des lutteurs, les animations de Hiro Morita, animateur de la chaîne YouTube Sumo Primetime, et les encouragements de la foule. L’événement a également mis en lumière l’intérêt croissant pour le sumo en Europe, avec la participation de lutteurs ukrainiens comme Shishi. L’Association japonaise de sumo espère que leur présence incitera d’autres athlètes européens à se lancer dans ce sport ancestral.
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