Publié le 16 octobre 2025 à 04h34. La découverte de drones russes sur le territoire polonais a conduit à une montée d’alerte au sein de l’OTAN, avec le déploiement d’avions de combat F-35 norvégiens et néerlandais pour renforcer la sécurité de l’espace aérien. Pour les pilotes norvégiens, cette mission représente une première dans l’histoire récente.
- Des missiles ont été aperçus sur un avion de combat F-35 norvégien stationné en Pologne.
- L’incident fait suite à l’intrusion de drones russes dans l’espace aérien polonais, une violation également de l’espace aérien de l’OTAN.
- Les forces armées norvégiennes et néerlandaises coopèrent étroitement pour assurer la sécurité de la région.
La tension est palpable en Pologne, où des avions de combat F-35 norvégiens et néerlandais ont été déployés suite à l’incident impliquant des drones russes. Des images révèlent des missiles clairement visibles sous les ailes d’un appareil norvégien, témoignant d’un niveau d’alerte élevé. Selon Morten Hanche, pilote des forces armées norvégiennes avec plus de 25 ans d’expérience, la situation est d’une gravité particulière.
« Le fait que nous survolions la campagne polonaise et que nous allions utiliser des armes tranchantes rend la situation très sérieuse. »
Morten Hanche, pilote des forces armées norvégiennes
Le 10 septembre dernier, le monde a appris que des drones russes avaient été abattus au-dessus de la Pologne. Cette incursion constitue une violation de l’espace aérien polonais, et par conséquent, de l’espace aérien de l’OTAN. Des médias tels que CNN, Euronews et NRK ont largement couvert cet événement. Au total, 19 drones ont franchi la frontière polonaise. La veille, les forces néerlandaises avaient déjà été mobilisées pour intercepter des drones.
La coopération entre la Norvège et les Pays-Bas est essentielle dans ce contexte. Les deux pays entretiennent une relation étroite en matière de défense, la Norvège disposant d’une expertise significative dans l’utilisation des F-35, acquise avant les Pays-Bas. Cette expertise est partagée avec d’autres membres de l’OTAN.
Sur la base aérienne de Krzesiny, près de Poznan, une équipe de 150 personnes issues d’Ørlandet (Norvège) travaille en étroite collaboration avec leurs homologues néerlandais. Les F-16 polonais sont également en activité constante, décollant et atterrissant en continu. Les forces norvégiennes sont désormais en position de fournir une préparation d’urgence à l’OTAN en Pologne.
« C’est assez impressionnant ce que nous avons pu faire. Mais pour l’état d’esprit lui-même, ce fut un tournant majeur. »
Dennis, commandant adjoint des forces aériennes néerlandaises en Pologne
L’incident a également eu un impact sur l’état d’esprit des pilotes. Hanche souligne que cette mission représente une première dans sa carrière : jamais auparavant il n’avait participé à une opération impliquant la possibilité de tirer des missiles en Europe. Les forces armées s’entraînent régulièrement à de telles situations, mais la réalité du terrain est différente.
Le gouvernement polonais a organisé une réunion extraordinaire suite à l’incident des drones et a demandé l’activation de l’article 4 du traité de l’OTAN, qui prévoit des consultations entre les pays membres en cas de menace potentielle. La présence de l’OTAN en Pologne est perçue comme un soutien important par la population locale.
Hanche conclut : « C’est spécial de travailler à la suite de grandes politiques. C’est important et juste d’être ici et de contribuer. »

Une réunion extraordinaire a été organisée au sein du gouvernement polonais après l’incident des drones.
Photo : DOCUMENT / AFP / NTB
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