Publié le 24 septembre 2025 10h30. Un spray nasal à base d’azélastine s’est avéré prometteur pour réduire le risque d’infection au SARS-CoV-2, selon une étude clinique de phase II. Cette nouvelle approche pourrait offrir une protection supplémentaire, notamment en complément de la vaccination.
- L’azélastine a réduit de 69 % le nombre d’infections au SARS-CoV-2 confirmées par PCR par rapport au placebo.
- Le délai d’infection était plus long chez les participants traités à l’azélastine (31,2 jours contre 19,5 jours).
- Le spray nasal semble bien toléré, avec des effets secondaires comparables à ceux du placebo.
Les options de prévention de la COVID-19 au-delà de la vaccination restent limitées. C’est pourquoi les chercheurs explorent des solutions agissant directement au niveau des voies respiratoires, point d’entrée du virus. Une étude récente, menée dans un centre universitaire, a évalué l’efficacité d’un spray nasal contenant de l’azélastine, un antihistaminique déjà utilisé pour traiter la rhinite allergique.
L’essai clinique en double aveugle, contrôlé par placebo, a impliqué 450 adultes en bonne santé, répartis aléatoirement en deux groupes : l’un recevant de l’azélastine à une concentration de 0,1 % et l’autre un placebo. Les participants ont utilisé le spray nasal trois fois par jour pendant 56 jours. Des tests antigéniques rapides étaient effectués deux fois par semaine, et les résultats positifs étaient confirmés par un test PCR. Les participants présentant des symptômes malgré un test rapide négatif ont subi des analyses PCR supplémentaires pour détecter d’autres virus respiratoires. La réponse inflammatoire de l’hôte aux infections virales des voies respiratoires inférieures a également été étudiée.
Les résultats ont démontré une réduction significative des infections au SARS-CoV-2 confirmées par PCR dans le groupe azélastine (5 cas sur 227 participants) par rapport au groupe placebo (15 cas sur 223 participants). Ce qui correspond à un rapport de cotes de 0,31 (intervalle de confiance à 95 % : 0,11 à 0,87). De plus, les participants infectés dans le groupe azélastine ont mis plus de temps à développer une infection (en moyenne 31,2 jours) que ceux du groupe placebo (19,5 jours). Le nombre d’infections symptomatiques confirmées par PCR était également plus faible avec l’azélastine (21 participants sur 227) comparativement au placebo (49 participants sur 223). L’étude a également observé une diminution des infections à rhinovirus dans le groupe traité.
En termes de sécurité, les effets indésirables observés étaient similaires dans les deux groupes, ce qui confirme le profil de tolérance bien établi de l’azélastine, notamment pour le traitement de la rhinite allergique. Ces données suggèrent que l’azélastine pourrait constituer une option sûre pour une prophylaxie pré-exposition à court terme, lorsqu’elle est utilisée conformément aux instructions.
Les chercheurs soulignent que cette étude a été menée dans un seul centre avec une population relativement jeune. Des essais multicentriques à plus grande échelle sont nécessaires pour confirmer ces résultats et déterminer la généralisabilité de l’azélastine comme outil de prévention de la COVID-19, en complément de la vaccination et d’autres stratégies préventives. Les leçons tirées des virus respiratoires soulignent l’importance de la recherche continue dans ce domaine.
Pour les professionnels de santé conseillant des patients souhaitant renforcer leur protection, le spray nasal à l’azélastine pourrait représenter une option accessible et potentiellement efficace pour réduire le risque d’infection au SARS-CoV-2, en attendant des validations plus larges.
Référence : Lehr T, Meiser P, Selzer D et al. Spray nasal d’azélastine pour la prévention des infections par le SRAS-CoV-2 : un essai clinique randomisé de phase 2. JAMA Stagiaire Méd. 2025;doi:10.1001/jamainternmed.2025.4283
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