Publié le 16 octobre 2025. Le prix de l’argent a connu une envolée spectaculaire cette année, surpassant même la performance de l’or, mais les experts de Goldman Sachs mettent en garde contre un risque de correction, soulignant un manque de soutien des banques centrales.
- Le prix de l’argent a atteint un sommet historique de 51,38 dollars américains l’once (environ 47,50 €) lors des échanges mondiaux de lundi.
- L’or a également établi un nouveau record à environ 4 060 dollars américains l’once (environ 3 750 €), après avoir déjà dépassé la barre des 4 000 dollars.
- Goldman Sachs avertit que la volatilité de l’argent est plus élevée que celle de l’or, en raison d’une moindre implication des banques centrales et d’une plus grande dépendance à la demande industrielle.
La flambée des prix de l’argent et de l’or s’inscrit dans un contexte de spéculations concernant une possible baisse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed) et d’une recherche accrue d’investissements refuges. Cette tendance s’est accentuée après l’annonce de nouvelles mesures protectionnistes par l’administration américaine, avec l’imposition de droits de douane supplémentaires de 100 % sur les importations en provenance de Chine, relançant les tensions commerciales.
Cependant, les analystes de Goldman Sachs tempèrent cet enthousiasme. Ils estiment que, si l’argent pourrait continuer à progresser à court terme grâce à une éventuelle baisse des taux de la Fed, il est beaucoup plus exposé à une correction brutale que l’or.
« À moyen terme, l’argent a encore la possibilité d’augmenter parallèlement à la baisse potentielle des taux d’intérêt de la Fed. Cependant, à court terme, la volatilité et le risque de baisse des prix de l’argent sont bien plus élevés que ceux de l’or. »
Équipe d’analystes de Goldman Sachs
La divergence entre l’évolution des deux métaux précieux s’explique, selon Goldman Sachs, par le rôle croissant des banques centrales dans le soutien du marché de l’or. Ces institutions ont massivement augmenté leurs achats d’or, contribuant à stabiliser son prix. L’argent, en revanche, est davantage influencé par la demande industrielle, notamment dans le secteur des panneaux solaires, ce qui le rend plus sensible aux fluctuations du marché.
Les analystes soulignent que l’argent ne bénéficie pas du même statut que l’or au sein des réserves internationales.
« L’argent n’a pas le profil institutionnel et économique de l’or. Le métal n’est pas reconnu dans le cadre des réserves du FMI et ne joue pas un rôle significatif dans les portefeuilles des banques centrales modernes. »
Équipe d’analystes de Goldman Sachs
Ils réfutent également l’idée que la hausse des prix de l’or inciterait les banques centrales à se tourner vers l’argent, expliquant que ces institutions privilégient la valeur globale de leurs réserves plutôt que le poids physique des métaux. De plus, l’or est beaucoup plus rare que l’argent (dix fois plus rare), plus précieux par once (80 fois plus) et plus dense (deux fois plus).
En résumé, si l’argent a connu une progression fulgurante, son avenir est plus incertain que celui de l’or, qui bénéficie d’un soutien institutionnel solide et d’une plus grande stabilité.
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