Publié le 16 octobre 2025 à 20h24. Plus de 4 000 Ukrainiens ont choisi de rentrer chez eux depuis la Norvège, bénéficiant d’une aide financière gouvernementale, tandis qu’une nouvelle étude met en lumière les facteurs qui influencent cette décision.
Depuis février 2022, la Norvège a accueilli un afflux important de réfugiés ukrainiens, avec un total de 101 387 personnes ayant demandé une protection collective (97 643) ou individuelle ordinaire (3 744), selon les chiffres de la Direction norvégienne de l’immigration (UDI) datant du 13 octobre. Cependant, un nombre croissant d’entre eux choisissent désormais de retourner dans leur pays d’origine.
Récemment, l’UDI a révélé que 4 059 Ukrainiens ont bénéficié d’un programme d’aide au retour. Ce dispositif offre une subvention de 15 000 couronnes norvégiennes (NOK) par personne, à laquelle s’ajoute une allocation supplémentaire de 2 500 NOK pour couvrir les frais de voyage. Pour être éligible, les bénéficiaires doivent notamment renoncer à leurs prestations d’assurance sociale norvégiennes.
Parallèlement, quatre personnes ont également fait appel au dispositif d’assistance au retour, un programme offrant un soutien pratique et financier aux demandeurs d’asile et aux étrangers en situation irrégulière souhaitant quitter la Norvège.
Une nouvelle étude, menée par Jørn Holm-Hansen, chercheur à l’Institut de recherche urbaine et régionale NIBR d’OsloMet, explore les motivations et les facteurs qui influencent les décisions de retour des réfugiés ukrainiens. Le rapport, commandé par le ministère des Affaires étrangères, met en évidence l’importance cruciale de la confiance dans les autorités ukrainiennes.
« La confiance dans les autorités ukrainiennes est le facteur le plus important »,
Jørn Holm-Hansen, chercheur à l’Institut NIBR d’OsloMet
L’étude souligne également le rôle de la situation familiale. Les personnes ayant des enfants de moins de 18 ans en Norvège sont moins enclines à rentrer, tandis que la présence de conjoints ou d’enfants en Ukraine renforce leur motivation.
Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas nécessairement les Ukrainiens les plus intégrés qui choisissent de rentrer. Selon Holm-Hansen, ceux qui reviennent sont souvent plus âgés et présentent davantage de problèmes de santé que le reste de la population.
Le rapport NIBR identifie plusieurs facteurs clés qui façonnent le désir de retour :
- Confiance dans les autorités : Un manque de confiance réduit la volonté de rentrer.
- Avenir des enfants : Les parents s’inquiètent de la sécurité et de l’éducation, tant en Norvège qu’en Ukraine.
- Situation familiale : La présence d’enfants en Norvège freine le retour, tandis que la famille en Ukraine l’encourage.
- Peur de la stigmatisation : Bien que présente, la crainte d’être mal perçu n’a pas été confirmée par les témoignages des rapatriés.
- Informations pratiques : Un besoin de clarté sur les procédures et les droits liés au retour.
- Politique de retour : L’Ukraine travaille sur des mesures telles que la double nationalité et des campagnes d’information.
L’UDI précise qu’elle ne dispose pas de données précises sur le nombre d’Ukrainiens actuellement présents en Norvège, car ils ne sont pas tenus de signaler leur départ aux autorités.
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