Home SantéEnviron 80 % des enfants atteints d’un cancer survivent désormais à long terme

Environ 80 % des enfants atteints d’un cancer survivent désormais à long terme

by Sophie Martin

Publié le 17 octobre 2025. Un oncologue pédiatre irlandais partage son parcours atypique, de l’enfance à la ferme à la spécialisation dans les tumeurs cérébrales, et souligne l’importance d’une détection précoce grâce à une nouvelle campagne de sensibilisation.

  • L’association Brain Tumor Ireland lance un webinaire le 20 octobre pour sensibiliser aux tumeurs cérébrales chez les enfants.
  • Un nouveau guide, “Heads Up”, est disponible pour aider les parents à reconnaître les symptômes des tumeurs cérébrales infantiles.
  • Environ 80 % des enfants atteints de cancer survivent à long terme, grâce aux progrès de la médecine et à une approche multidisciplinaire.

Le docteur, dont le nom n’a pas été divulgué, raconte avoir grandi dans une ferme du nord-est de l’Angleterre, dans un environnement où les études supérieures, et encore moins une carrière médicale, n’étaient pas la norme. « Personne dans ma famille n’était allé à l’université, encore moins en médecine. Quand j’ai obtenu mon baccalauréat, j’ai réalisé que c’était quelque chose que je pouvais faire et que cela semblait être un travail très intéressant », explique-t-il. Il se souvient avec humour que son père aurait préféré qu’il devienne vétérinaire, compte tenu du nombre important de moutons et d’agneaux à la ferme.

C’est lors d’un stage en oncologie pédiatrique que sa vocation s’est affirmée. « J’ai été attiré par cette spécialité à la fois par sa complexité intellectuelle et par sa dimension profondément humaine », confie-t-il. Cette attirance trouve ses racines dans son enfance, marquée par la maladie d’un cousin atteint de leucémie infantile à l’âge de sept ans. « J’ai pu observer l’impact de cette maladie sur toute la famille. Heureusement, il est toujours en vie aujourd’hui. »

L’oncologie pédiatrique se distingue radicalement de l’oncologie adulte, souligne le médecin. « Avec un adulte, on peut se préparer à dire au revoir après quelques années. Avec un enfant, l’objectif est de lui permettre de vivre une vie normale, de grandir et de s’épanouir. Cela implique un suivi sur plusieurs années, avec l’intervention de nombreux professionnels de la santé : physiothérapeutes, ergothérapeutes, psychologues scolaires, travailleurs sociaux… On ne peut pas exercer cette spécialité en solitaire. »

Arrivé à Crumlin, il n’y avait initialement que trois oncologues pédiatriques. L’équipe s’est depuis renforcée, comptant désormais six spécialistes, ce qui a permis au médecin de se concentrer sur les tumeurs cérébrales et de la colonne vertébrale. Récemment, il a collaboré avec l’association Brain Tumor Ireland à l’élaboration d’un guide destiné aux parents, afin de les aider à identifier les premiers signes de ces pathologies chez les enfants et les adolescents. « Il existe un chevauchement important entre les symptômes des tumeurs cérébrales et ceux de maladies infantiles beaucoup moins graves. Il est donc délicat de trouver le juste équilibre entre alerter les parents et éviter de les inquiéter inutilement, tout en s’assurant que les enfants qui ont besoin d’une consultation médicale puissent la recevoir rapidement », explique-t-il.

Annoncer de mauvaises nouvelles à une famille reste un moment difficile et émotionnellement éprouvant, mais le médecin se réjouit de pouvoir apporter de bonnes nouvelles : « La plupart du temps, nous pouvons élaborer un plan de traitement et environ 80 % des enfants atteints d’un cancer survivent à long terme. »

Pour marquer la Semaine nationale de sensibilisation aux tumeurs cérébrales (du 20 au 26 octobre), Brain Tumor Ireland organisera un webinaire intitulé « Attention : soutenir les enfants atteints d’une tumeur cérébrale » le lundi 20 octobre, de 18h à 19h30. Plus d’informations sur le site de Brain Tumor Ireland. L’association a également publié un nouveau livret, “Heads Up”, pour aider les parents à identifier les symptômes des tumeurs cérébrales chez les enfants et les adolescents.

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