Publié le 17 octobre 2024 à 16h42. Une dispute interne au sein du groupe de logiciels HansaWorld a éclaté après que la directrice des opérations a accusé le PDG de négliger la gestion de l’entreprise au profit de sa recherche d’une compagne, allant jusqu’à utiliser les ressources de l’entreprise à cette fin.
- Jennifer Carroll, directrice des opérations (COO) de HansaWorld, a déposé une plainte après avoir été suspendue de ses fonctions d’administratrice et de secrétaire de la société.
- Elle accuse Karl Bohlin, PDG et actionnaire majoritaire, de prioriser sa vie amoureuse au détriment de la santé financière de l’entreprise.
- Des dépenses importantes et des embauches contestables liées à la recherche d’une partenaire sont au cœur des accusations.
Selon une déclaration sous serment déposée auprès de la Haute Cour de Dublin, Jennifer Carroll s’inquiétait depuis plusieurs mois de la gestion de l’entreprise par Karl Bohlin. Elle évoque des « dépenses personnelles extravagantes » financées par les fonds de l’entreprise.
« Depuis le printemps, M. Bohlin se préoccupe principalement de sa vie amoureuse et de la recherche d’une petite amie. Il a décrit cela comme sa plus grande priorité », a-t-elle affirmé.
Mme Carroll allègue que M. Bohlin a utilisé les ressources humaines de l’entreprise pour « vérifier si des femmes rencontrées sur divers sites web étaient compatibles ». Elle affirme également qu’il a insisté pour embaucher des femmes, même si elles n’étaient pas qualifiées pour les postes, et a financé la location de logements pour elles, notamment à Dubaï et en Chine.
Le conseil d’administration du groupe s’est opposé à ces décisions, mais M. Bohlin aurait utilisé son statut d’actionnaire majoritaire pour imposer son point de vue, selon Mme Carroll.
Elle décrit également une présence de plus en plus irrégulière de M. Bohlin au travail, avec des périodes pendant lesquelles il était injoignable pendant des semaines, ainsi que des problèmes d’alcoolisme, se qualifiant lui-même d’« alcoolique fonctionnel ».
La situation financière de l’entreprise est également devenue préoccupante, avec des prêts accordés à M. Bohlin alors qu’il continuait à dépenser pour ses relations, selon Mme Carroll. Elle cite notamment une dépense de 100 000 € (environ 115 000 USD) sur sa carte American Express d’entreprise en septembre dernier, dont 40 000 € (environ 46 000 USD) dans une bijouterie Bulgari pour une femme qu’il logeait à Dubaï. Il aurait répondu à ses inquiétudes en affirmant que c’était « mon argent ».
Parallèlement, les employés subissaient des retards de paiement de salaire, en moyenne d’une semaine, en raison du manque de liquidités.
Le 26 septembre, une altercation via WhatsApp a eu lieu entre Mme Carroll et M. Bohlin, au cours de laquelle elle a exprimé sa frustration. Il lui aurait répondu qu’elle « perdait la tête » et qu’il devrait la « laisser partir » car elle ne suivait pas ses « ordres ».
Une proposition de rupture de contrat mutuelle a été envisagée, mais Mme Carroll n’était pas satisfaite de la suppression de sa « prime de conseil », qui constituait une part importante de sa rémunération.
Début octobre, Mme Carroll a déclaré que M. Bohlin avait pris des mesures pour la démettre de ses fonctions, en la suspendant d’abord de son poste d’administratrice, puis en restreignant son accès aux comptes bancaires, aux dossiers internes et à la correspondance de l’entreprise.
Des allégations vagues ont également été formulées, laissant présager une possible procédure disciplinaire pour faute grave. Mme Carroll affirme qu’il n’y a aucune justification à ces accusations et qu’elle n’a jamais fait l’objet de critiques concernant ses performances.
Elle souligne que sa suspension a déjà nui à sa réputation dans le secteur des logiciels et qu’il est crucial pour elle de défendre sa position professionnelle.