Home MondeLes alliés de Takaichi Sanae se rassemblent pour la bataille : le Parti libéral-démocrate veut conserver le Premier ministre, y a-t-il un calcul politique sous-jacent aux partis au pouvoir et à l’opposition ? | Lutte politique et économique | Zuojiao Internationaludn Global

Les alliés de Takaichi Sanae se rassemblent pour la bataille : le Parti libéral-démocrate veut conserver le Premier ministre, y a-t-il un calcul politique sous-jacent aux partis au pouvoir et à l’opposition ? | Lutte politique et économique | Zuojiao Internationaludn Global

by Clara Dubois

Publié le 17 octobre 2025. L’élection de Sanae Takaichi à la tête du Parti libéral-démocrate japonais complique le paysage politique, alors que la formation au pouvoir cherche à former une coalition stable avant les élections législatives du 21 octobre.

  • Sanae Takaichi a été élue présidente du Parti libéral-démocrate avec le soutien de la faction conservatrice.
  • Le parti au pouvoir est confronté à des difficultés pour obtenir la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat.
  • Des alliances complexes se forment entre les différents partis politiques japonais.

L’arrivée de Sanae Takaichi à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD) marque un tournant potentiel pour la politique japonaise. Alors que le monde observait avec intérêt la possibilité de voir une femme accéder pour la première fois au poste de Premier ministre, des remous se sont manifestés en coulisses, fragilisant la position du PLD et ouvrant la voie à une possible alternance après plus de dix ans au pouvoir.

Le PLD, bien que toujours le parti le plus important, ne dispose pas de la majorité absolue à la Chambre des représentants et au Sénat, même en comptant sur le soutien de son allié traditionnel, le Nouveau Komeito. La formation d’une coalition gouvernementale stable d’ici au vote du 21 octobre s’annonce donc ardue, et les tractations politiques se multiplient.

Dans l’immédiat, Taro Aso, figure influente du PLD, a évoqué en privé la possibilité d’intégrer le Parti national-démocrate (PND) à la coalition. Le paysage politique japonais est fragmenté, avec la présence de plusieurs partis conservateurs, dont le PND, la Société japonaise de restauration et le Parti conservateur, ainsi que d’autres formations plus petites. Cependant, le PLD doit composer avec les rivalités internes et les divergences de vues entre ces différents groupes.

La concurrence entre le Nouveau Komeito et la Société japonaise de restauration, notamment dans la région du Kansai, constitue un obstacle majeur. Le PLD a donc initialement privilégié les contacts avec le PND, mais des tensions sont également apparues avec le Nouveau Komeito en raison des positions divergentes de ce dernier et de Sanae Takaichi. Cette situation a même suscité des spéculations sur une possible scission au sein du PND.

Après son élection, Sanae Takaichi a tenté de rassurer le Nouveau Komeito lors d’une rencontre avec son président, Tetsuo Saito. Cependant, le parti a finalement décidé de se retirer de la coalition gouvernementale. Selon des sources proches du PLD, le parti n’était pas disposé à faire des compromis sur la question des dons d’entreprises et pointait du doigt l’implication de Takaichi dans un scandale financier passé, connu sous le nom de « incident d’argent secret ». Koichi Hagiuda, un cadre du PLD, a même déclaré être prêt à démissionner de son poste si l’alliance avec le Nouveau Komeito ne pouvait être maintenue.

L’affaire a pris une tournure inattendue avec la révélation que Tetsuo Saito avait rencontré l’ambassadeur de Chine au Japon, Wu Jianghao, quelques jours avant l’annonce du retrait du Nouveau Komeito. Interrogé à ce sujet, Saito a confirmé la rencontre, alimentant les spéculations sur une possible ingérence chinoise dans la politique japonaise. Bien que les parties concernées aient nié toute implication, la coïncidence des événements a suscité des interrogations.

Dans ce contexte mouvant, le principal parti d’opposition, le Parti constitutionnel-démocrate (PCD), y voit une opportunité de prendre le pouvoir. Le PLD a également entamé des discussions avec le PND, et le PCD de centre-gauche pourrait soutenir la candidature de Yuichiro Tamaki au poste de Premier ministre, dans l’espoir de briser la domination du PLD et de former un gouvernement de coalition gauche-droite.

Cependant, cette stratégie se heurte à des obstacles importants. Les positions du PND et du PCD divergent sur des questions clés telles que la politique nucléaire, la sécurité et la révision de la Constitution. Ces divergences, qui ont déjà conduit à des scissions dans le passé, rendent difficile la formation d’une coalition stable.

En particulier, le PCD est favorable à l’abandon de l’énergie nucléaire, tandis que le PND bénéficie du soutien des syndicats de l’électricité et ne peut se permettre de compromettre sa base électorale. De plus, le PCD s’oppose aux trois lois sur la sécurité, tandis que le PND les soutient et plaide même pour une modification de la Constitution afin de reconnaître les forces d’autodéfense.

La situation actuelle est donc complexe et incertaine. Le PLD et le PND pourraient obtenir 231 sièges à la Chambre des représentants, ce qui ne leur garantirait pas la majorité absolue. Pour former un gouvernement, ils devront convaincre d’autres partis d’opposition de les rejoindre. La Société japonaise de restauration, qui dispose de 35 sièges, pourrait être une cible privilégiée.

Les négociations entre le PLD et la Société japonaise de restauration sont en cours, et les deux parties ont exprimé leur intérêt pour une coopération. Hirofumi Yoshimura, l’un des co-présidents de la Société japonaise de restauration et actuel gouverneur de la préfecture d’Osaka, a toutefois posé une condition : le PLD doit s’engager à réduire le nombre de sièges au Parlement.

Le calendrier de la nomination du Premier ministre a été reporté à plusieurs reprises en raison de ces tractations. Compte tenu de la tenue prochaine du sommet de l’APEC en Corée du Sud et de la visite prévue du président américain Donald Trump au Japon le 27 octobre, il est peu probable que le vote soit retardé indéfiniment. Le PLD et le PND ont finalement décidé de convoquer un congrès extraordinaire le 21 octobre pour organiser l’élection du Premier ministre.

Reste à savoir si Sanae Takaichi parviendra à devenir la première femme Premier ministre du Japon. Même si elle réussit à surmonter les obstacles actuels, elle devra relever de nombreux défis à l’avenir.


Sanae Takaichi a tenté de rassurer le Nouveau Komeito lors d’une rencontre avec son président, Tetsuo Saito, mais le parti a finalement décidé de se retirer de la coalition au pouvoir. Photo/Presse associée

Tetsuo Saito a rencontré l’ambassadeur de Chine au Japon, Wu Jianghao, quelques jours avant l’annonce du retrait du Nouveau Komeito. Photo/Reuters

Yuichiro Tamaki, du Parti national-démocrate, a déclaré être prêt à assumer les fonctions de Premier ministre. Photo/Reuters

Sanae Takaichi s’est tournée vers la Société japonaise de restauration pour obtenir de l’aide. Photo/Reuters

La Société japonaise de restauration voit dans cette situation une opportunité de prendre le pouvoir. Photo/Reuters

Source : Chen Weichen, journaliste politique

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