Publié le 19 octobre 2025 16:26:00. Les médicaments initialement conçus pour traiter le diabète, comme l’Ozempic et le Wegovy, présentent un effet secondaire inattendu : une diminution des envies de consommer de l’alcool, voire d’autres substances addictives, ouvrant de nouvelles perspectives dans la lutte contre les dépendances.
- Les médicaments GLP-1, utilisés pour le diabète, réduisent les envies d’alcool, de cigarettes et d’opioïdes.
- Une étude récente montre que les personnes sous GLP-1 ont une absorption d’alcool plus lente et ressentent moins les effets de l’ivresse.
- Les scientifiques étudient l’impact de ces médicaments sur le système de récompense du cerveau et le processus de digestion.
Initialement développés pour réguler la glycémie chez les patients diabétiques, les médicaments de la classe des GLP-1 (glucagon-like peptide-1), dont le sémaglutide contenu dans l’Ozempic et le Wegovy de Novo Nordisk, ont rapidement révélé un effet secondaire notable : une aide significative à la perte de poids. Ce succès a conduit les médecins à observer que ces traitements semblaient modifier la relation des patients avec la nourriture et la sensation de satiété.
Plus récemment, une observation surprenante a émergé : de nombreux utilisateurs signalent une diminution de leur consommation d’alcool après avoir commencé les injections de GLP-1. Plusieurs études, bien que de petite envergure, ont corroboré ces témoignages, suggérant que ces médicaments pourraient effectivement atténuer les envies d’alcool, de cigarettes et même d’opioïdes. Cette découverte ouvre des pistes prometteuses pour le traitement d’une variété de troubles liés à la dépendance.
Le mécanisme précis à l’œuvre reste encore obscur. Il est généralement admis que les GLP-1 agissent sur le système de récompense dopaminergique du cerveau, mais les scientifiques s’efforcent de comprendre les détails de cette interaction. La complexité est accrue par les multiples changements physiologiques induits par ces médicaments, qui pourraient interagir de manière complexe avec la consommation de substances.
Une nouvelle étude, publiée cette semaine dans la revue Scientific Reports, par des chercheurs de Virginia Tech, apporte un éclairage supplémentaire. Elle suggère que les GLP-1 modifient physiquement la manière dont notre corps métabolise l’alcool.
Dans cette étude, les participants ont consommé trois boissons alcoolisées en une heure, tandis que les chercheurs surveillaient leur taux d’alcoolémie, leur glycémie et leurs signes vitaux. Les résultats ont montré que les participants sous GLP-1 avaient une augmentation plus lente de leur taux d’alcoolémie par rapport aux non-utilisateurs, ce qui se traduisait par une sensation d’ivresse retardée et moins intense.
Cette observation s’explique en partie par le fait que les GLP-1 ralentissent la vidange gastrique, ce qui retarde l’absorption de l’alcool dans la circulation sanguine. Cependant, cela souligne également la complexité des effets de ces médicaments : il est possible qu’une injection de sémaglutide modifie à la fois la réponse neurologique à l’alcool et la manière dont l’estomac et les intestins traitent les boissons alcoolisées.
Il est encore trop tôt pour déterminer l’impact précis de ces découvertes sur la manière dont les médecins envisagent l’utilisation des GLP-1 dans le traitement des dépendances. L’étude de Virginia Tech, bien que prometteuse, a été menée sur un petit groupe de seulement 20 sujets, ce qui nécessite des recherches plus approfondies. Néanmoins, une image plus claire commence à se dessiner.
« Pourquoi est-ce important ? Les médicaments à action plus rapide ont un potentiel d’abus plus élevé. Ils ont un impact différent sur le cerveau. Ainsi, si les GLP-1 ralentissent l’entrée de l’alcool dans le sang, ils pourraient réduire les effets de l’alcool et aider les gens à boire moins. »
Alex DiFeliceantonio, neuroscientifique à Virginia Tech
Plus d’informations sur l’étude.
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