À Ostia, près de Rome, le pape Léon XIV a encouragé une centaine de jeunes issus de différentes cultures et religions à poursuivre leur mission de dialogue et de paix en Méditerranée. Ces participants, à bord du goélet Bel Espoir, participent à un voyage initié en mars 2024 visant à promouvoir la compréhension mutuelle dans une région marquée par les conflits.
L’émotion était palpable vendredi après-midi lorsque le chef de l’Église catholique a visité le trois-mâts amarré dans le port d’Ostia. Accueilli par des chants, il a pris le temps d’échanger avec les jeunes, d’inspecter les cabines et de partager un moment convivial autour de pâtisseries.
« Le monde d’aujourd’hui a plus besoin de signes et de témoignages qui donnent de l’espoir que de mots », a déclaré le pape lors d’un discours improvisé en anglais sur le pont principal. Il a souligné l’importance de l’écoute dans un contexte mondial de plus en plus marqué par la violence, la haine et la séparation.
Le Bel Espoir, un goélet construit en 1944 et récemment restauré, accueille depuis mars 2024 quelque 200 jeunes âgés de 19 à 35 ans, originaires de pays tels que la Libye, l’Égypte, la France, la Bosnie, l’Espagne et l’Irak. Le voyage en cours, qui a débuté à Naples, fait route vers Marseille, dernière étape prévue.
Pour de nombreux participants, cette expérience représente une opportunité unique de dépasser les clivages et de construire des ponts. « Pour moi surtout, cela signifie beaucoup que le pape croit au projet et veuille venir nous rencontrer », a confié à l’AFP Jesus Marro, un Espagnol de 30 ans. « Il croit en la paix et en la construction de ponts ensemble. »
Christina Hilana, une Palestinienne de 27 ans originaire d’un village près de Ramallah en Cisjordanie, a décrit cette expérience comme « très émouvante », reconnaissant la difficulté de quitter son pays en période troublée. Elle portait un keffieh noir et blanc et une croix dorée autour du cou.
Fatima Al-Wardi, une Irakienne de 30 ans qui dirige un projet humanitaire à Bagdad, a quant à elle découvert la mer pour la première fois. « Je n’étais pas prête, j’ai peur de l’eau, je ne sais pas nager, mais la vie est courte et quand on a une chance, il faut la saisir », a-t-elle déclaré. Elle a témoigné des nombreux conflits que son pays a traversés – l’intervention militaire américaine, la guerre civile entre sunnites et chiites, puis l’émergence de Daech – et a réaffirmé la nécessité de la paix.
Le projet, co-organisé par le prêtre catholique Alexis Leproux de Marseille, encourage les échanges quotidiens sur des thèmes variés tels que l’environnement, l’économie, le rôle des femmes, l’éducation et le dialogue culturel. L’objectif est de « construire une culture de la rencontre comme alternative à la culture du conflit et de la rivalité, et cela s’apprend », a expliqué le prêtre.
Au-delà du voyage en mer, les participants poursuivent l’expérience à travers des séminaires et des ateliers organisés dans les villes visitées, dans le cadre des « Rencontres méditerranéennes » de l’Église catholique prévues en 2025. Fatima Al-Wardi a partagé un verset du Coran qui, selon elle, résume l’esprit de cette initiative : « Sortez, explorez les gens. Je vous ai tous créés pour que vous puissiez vous connaître… Il vous suffit de sortir de votre zone de confort. »