Publié le 2025-10-20 11:20:00. Les tensions s’exacerbent entre le Venezuela et le Guyana autour de la région de l’Essequibo, riche en ressources pétrolières, poussant Georgetown à renforcer ses liens avec les États-Unis face aux revendications territoriales de Caracas.
- Le Venezuela a relancé ses revendications sur le territoire guyanais de l’Essequibo, organisant même un référendum controversé en faveur de son annexion.
- La découverte de plus de 30 gisements pétroliers offshore par ExxonMobil au Guyana a exacerbé le conflit latent.
- Le Guyana, dont l’économie est en plein essor grâce au pétrole, cherche le soutien des États-Unis pour garantir sa sécurité et son intégrité territoriale.
La Guyane se trouve au cœur d’une crise territoriale de longue date avec son voisin vénézuélien. Le différend, qui remonte à 1841, a connu une recrudescence dramatique ces dernières années, coïncidant avec la découverte de vastes réserves pétrolières dans le bloc offshore de Stabroek. ExxonMobil (NYSE:XOM) a réalisé plus de 30 découvertes de classe mondiale dans cette zone, estimées à 11 milliards de barils de pétrole brut, transformant radicalement les perspectives économiques du Guyana.
Caracas a intensifié ses manœuvres au cours de l’année 2023, notamment en renforçant sa présence militaire à la frontière et en organisant un référendum en décembre, au cours duquel 95,9 % des électeurs se sont prononcés en faveur de l’annexion de la région de l’Essequibo, que le Venezuela considère comme son 24e État. En mai 2025, le Venezuela a même organisé des élections pour désigner les représentants de cette région contestée. Plus récemment, le 1er mars 2025, des navires des garde-côtes vénézuéliens auraient pénétré dans les eaux territoriales guyanaises, à proximité d’un navire de production d’ExxonMobil.
Le président guyanais, Irfaan Ali, réélu en septembre 2025, a fermement rejeté toute négociation sur l’Essequibo, affirmant que ce territoire « n’est pas sujet à discussion ». Conscient de ses capacités militaires limitées – les forces de défense du Guyana comptent moins de 5 000 hommes – Georgetown a cherché à renforcer ses liens avec Washington. Récemment, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a rencontré le président Ali et a lancé un avertissement sévère au Venezuela : toute agression contre le Guyana entraînerait des « conséquences ».
Cette escalade de la tension représente un test crucial pour la sécurité nationale du Guyana et pour l’influence américaine en Amérique latine. Le déploiement de navires de guerre par les États-Unis a suscité des réactions mitigées dans la région. La Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, a notamment exprimé son soutien à la défense de l’intégrité territoriale du Guyana face aux pressions vénézuéliennes.
Pour le Guyana, dont la transformation économique, portée par le pétrole, en a fait le quatrième producteur pétrolier d’Amérique du Sud, la préservation de son intégrité territoriale est essentielle pour assurer son avenir économique et les revenus considérables générés par l’exploitation des ressources offshore.
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