Publié le 20 octobre 2025 22:38:00. Les jeunes et adultes atteints de troubles du spectre autistique (TSA) présentent un risque significativement plus élevé d’automutilation et de blessures, un phénomène que les chercheurs s’efforcent de mieux comprendre afin d’améliorer leur sécurité et leur bien-être.
- L’automutilation chez les personnes autistes peut prendre de nombreuses formes, allant de se frapper ou se mordre à des comportements plus graves comme les coupures ou les brûlures.
- Les expériences indésirables de l’enfance (traumatismes) semblent jouer un rôle important dans l’augmentation de ces comportements.
- La sensibilisation et la compassion sont essentielles pour aider les personnes neurotypiques à comprendre les défis auxquels sont confrontées les personnes autistes.
Les parents d’enfants autistes sont souvent confrontés à une situation paradoxale : non pas apprendre à leurs enfants à ne pas blesser les autres, mais à ne pas se blesser eux-mêmes. Mordre, pincer, se gifler, se frapper, s’arracher les cheveux… l’automutilation prend des formes variées et touche une proportion importante de personnes atteintes de TSA. C’est ce que révèle la recherche menée par des spécialistes comme le Dr Carolyn DiGuiseppi, professeure à l’École de santé publique du Colorado et affiliée à l’Université du Colorado Anschutz Medical Campus.
« L’automutilation englobe un large éventail d’actions. Toutes n’entraînent pas de blessures physiques, mais elles peuvent inclure des gestes comme se frapper, se mordre, se pincer, se gifler ou s’arracher les cheveux », explique le Dr DiGuiseppi. « Nous observons également des coupures et des brûlures, en particulier chez les adolescents qui rencontrent des difficultés de santé mentale. Cela peut aller jusqu’à des tentatives de suicide. »
« Nous recherchons une opportunité pour les personnes neurotypiques d’en apprendre un peu plus avec compassion sur la façon dont les personnes autistes voient et interagissent avec le monde, ainsi que sur les défis auxquels elles sont confrontées. »
Carolyn DiGuiseppi, professeure à l’École de santé publique du Colorado
La recherche du Dr DiGuiseppi se concentre sur l’intersection entre les blessures, l’automutilation et les expériences indésirables de l’enfance (ACE – Adverse Childhood Experiences). L’objectif est d’identifier les facteurs de risque et de mettre en place des stratégies de prévention efficaces. Il s’agit également de sensibiliser le public et de promouvoir une meilleure compréhension des besoins spécifiques des personnes autistes.
Les résultats de cette étude pourraient permettre d’améliorer la sécurité physique et mentale des personnes autistes, en offrant aux parents, aux soignants et aux communautés des outils pour mieux les accompagner et les soutenir. Un article précédent abordait déjà la question de la gestion de l’anxiété chez les enfants autistes à l’école.
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