L’Australie enregistre l’un des taux de fièvre Q les plus élevés au monde, avec plusieurs centaines de cas diagnostiqués chaque année. Cette infection bactérienne, causée par Coxiella burnetii, se transmet des animaux — principalement les bovins, les moutons et les chèvres — aux humains. Des inquiétudes grandissantes concernent l’impact des sécheresses persistantes dans le Queensland et la Nouvelle-Galles du Sud, qui pourraient favoriser la propagation de la maladie.
L’impact des conditions climatiques sur la transmission
La bactérie responsable de la fièvre Q privilégie les conditions sèches et poussiéreuses. Les spores de Coxiella burnetii sont extrêmement résistantes à la déshydratation ainsi qu’aux rayons UV, faisant du climat majoritairement sec de l’Australie un terrain de reproduction favorable. Ces spores peuvent survivre dans le sol ou la poussière pendant de nombreuses années et sont capables de parcourir 10 kilomètres ou plus en s’attachant à la poussière transportée par les vents.
Selon Theconversation, les conditions chaudes et sèches peuvent également entraîner des taux de rejet bactérien plus élevés chez le bétail infecté. Une étude a suggéré que la sécheresse était probablement la raison principale de l’augmentation des notifications de fièvre Q en 2002, année durant laquelle 792 cas ont été recensés, correspondant à la quatrième année la plus sèche enregistrée en Australie depuis 1900.
Élargissement des populations à risque
Historiquement, le risque était limité aux personnes travaillant en contact étroit avec les animaux, tels que les vétérinaires, les éleveurs et les employés d’abattoirs. Cependant, Frances Quirk, directrice de l’Institute of Healthcare Research de l’Université de New England, a indiqué que les sécheresses prolongées ont fait apparaître la maladie dans de nouvelles zones. Le risque s’étend désormais à des profils variés, notamment :
- Les jardiniers et les greenkeepers.
- Les personnes travaillant avec la faune sauvage.
- Les éleveurs de chiens et de chats.
- Les individus exposés régulièrement à la poussière, comme les utilisateurs de tondeuses autoportées.
La transmission peut s’effectuer par l’inhalation de poussière contaminée ou le contact avec des excréments animaux. Le professeur Quirk a cité l’exemple des kangourous, vecteurs de la maladie, dont les excréments dans les parcs publics peuvent exposer les familles et les agents d’entretien. Un cas récent a également été rapporté dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud, où un groupe d’hommes a contracté la fièvre Q après avoir joué neuf trous de golf.
Symptômes, diagnostic et complications
Surnommée « la malédiction silencieuse » en raison de la difficulté de son diagnostic, la fièvre Q se manifeste généralement par des fièvres grippales, des maux de tête sévères et des douleurs musculaires ou articulaires. Ces symptômes apparaissent typiquement deux à trois semaines après l’infection et peuvent durer jusqu’à six semaines.
Une petite proportion de patients développe des infections persistantes pouvant se manifester jusqu’à six ans après l’exposition initiale. Ces complications peuvent inclure des infections localisées dans le cœur ou les vaisseaux sanguins, nécessitant parfois un traitement à vie. Une étude publiée dans le Medical Journal of Australia a révélé que 5 % des donneurs de sang à Toowoomba (sud-est du Queensland) et 3,7 % dans la région Hunter-New England (Nouvelle-Galles du Sud) étaient positifs à la fièvre Q.
Stratégies de prévention et vaccination
Pour lutter contre ce fardeau, un programme national de gestion de la fièvre Q a été mis en place en 2001, proposant des vaccinations subventionnées aux personnes à risque. Le vaccin Q-VAX®, utilisé depuis 1989, présente un taux de réussite estimé entre 83 % et 100 %.
Toutefois, la vaccination comporte des restrictions critiques. Les personnes ayant déjà été exposées à la bactérie sont déconseillées de se faire vacciner, car elles peuvent développer une réaction d’hypersensibilité dangereuse. Le processus de vaccination nécessite donc plusieurs étapes, dont des tests sanguins. De plus, le vaccin est déconseillé aux personnes de moins de 15 ans. Malgré ces contraintes, le professeur Quirk souligne la nécessité d’augmenter les programmes de vaccination et la sensibilisation dans les zones qui n’étaient pas historiquement à risque.
L’évolution des cas nationaux montre une fluctuation importante : après avoir atteint un bas historique de 314 cas en 2009 grâce à une campagne de sensibilisation, les chiffres sont remontés à 558 cas en 2016, avec une concentration élevée dans le sud du Queensland et le nord de la Nouvelle-Galles du Sud.