Publié le 24 septembre 2025 10h30. La Cour de cassation a confirmé la validité des prêts dit « solvatoires », contrats par lesquels un emprunteur refinance une dette existante auprès de la même banque, et des hypothèques y afférentes, même si les fonds sont immédiatement utilisés pour rembourser l’ancienne dette.
- Les prêts solvatoires, qui consistent à contracter un nouveau prêt pour rembourser une dette existante auprès de la même institution financière, sont pleinement valides.
- L’hypothèque contractée dans le cadre d’un prêt solvatoire, dite « hypothèque solution », conserve toute sa force exécutoire.
- En cas de défaillance de l’emprunteur, la banque peut engager une procédure d’exécution forcée sur le bien hypothéqué sans avoir à obtenir une injonction préalable.
La question de la validité des prêts solvatoires et des hypothèques qui les garantissent a été tranchée par la Cour de cassation, dans un arrêt rendu le 5 mars 2025 (n° 5841). Cette décision apporte une clarification importante dans le domaine du droit bancaire et immobilier.
Un prêt solvatoire ne doit pas être confondu avec un simple report d’échéances ou une prolongation de la dette. Il s’agit d’une opération distincte, qui implique un mouvement réel de fonds et une extinction de la dette initiale. La disponibilité légale des fonds, assurée par exemple par un crédit sur compte courant, suffit à valider le prêt, même si le remboursement de l’ancienne dette est immédiat.
Selon la Cour de cassation, cette destination des fonds – le remboursement d’une dette antérieure – ne remet pas en cause la validité de l’hypothèque. L’utilisation des fonds pour éteindre un passif est considérée comme un acte de disposition autonome, distinct du contrat hypothécaire initial. Le prêt ne peut donc être assimilé à un accord implicite pour ne pas demander le remboursement de la dette.
En conséquence, un contrat de prêt hypothécaire constitue un titre exécutoire valable, à condition qu’il ait été établi par écrit devant notaire. Cela signifie que, en cas de non-paiement des échéances, la banque peut procéder directement à la saisie du bien hypothéqué, sans avoir à engager une procédure judiciaire préalable pour obtenir une injonction de payer.
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