Publié le 21 octobre 2025 09h35. Des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco ont identifié un mécanisme cellulaire impliqué dans la fibrose pulmonaire et ont réussi à le bloquer chez la souris, ouvrant la voie à de potentielles nouvelles thérapies pour cette maladie respiratoire grave.
- Une équipe de l’UCSF a découvert que la protéine IRE1α joue un rôle central dans le développement de la fibrose pulmonaire.
- En bloquant l’activité d’IRE1α chez des souris atteintes de la maladie, les chercheurs ont observé une réduction significative des cicatrices pulmonaires.
- Cette découverte pourrait conduire à de nouveaux traitements pour une maladie actuellement difficile à soigner, avec une espérance de vie médiane d’environ cinq ans après le diagnostic.
La fibrose pulmonaire, une maladie caractérisée par un épaississement et une cicatrisation des poumons, affecte environ une personne sur 5 000, touchant principalement les personnes âgées. Elle peut survenir brutalement ou être déclenchée par des facteurs environnementaux, des infections ou certains traitements comme la chimiothérapie. Malheureusement, les options thérapeutiques restent limitées, rendant cette pathologie aussi mortelle que le cancer du poumon avancé.
Les poumons sains sont capables de se réparer grâce à des cellules alvéolaires de type 2 (AT2) qui maintiennent l’intégrité des sacs aériens et peuvent se transformer pour réparer les dommages. Cependant, dans le cas de la fibrose pulmonaire, ces cellules AT2 se retrouvent bloquées dans un état intermédiaire, libérant des signaux qui aggravent la cicatrisation au lieu de restaurer la fonction pulmonaire. L’équipe de l’UCSF a ciblé un acteur clé de ce processus : la protéine IRE1α.
IRE1α agit comme un détecteur de stress cellulaire, identifiant les protéines mal repliées et activant une voie appelée RIDD. Cette voie détruit certaines instructions génétiques, et les chercheurs ont découvert que l’un des gènes ciblés par RIDD est FGFR2, un récepteur essentiel pour maintenir l’identité des cellules AT2.
« Lorsque IRE1α coupe les instructions de FGFR2, la cellule perd ses repères, elle cesse d’être la cellule qu’elle était, mais elle ne devient pas non plus la cellule qu’elle est censée être. Et cet état de transition lui-même entraîne la fibrose. »
Dr Vincent Auyeung, professeur adjoint de médecine à l’UCSF et premier auteur de l’étude
Les chercheurs suggèrent que ce mécanisme pourrait également être impliqué dans d’autres maladies où les cellules perdent leur fonction normale, telles que le diabète, les maladies neurodégénératives et les affections chroniques du foie.
Pour valider cette hypothèse, l’équipe a testé un médicament appelé PAIR2 sur des souris atteintes de fibrose pulmonaire. PAIR2 est conçu pour inhiber spécifiquement l’activité nocive de RIDD tout en préservant les fonctions normales de réponse au stress d’IRE1α.
« Il était important que nous n’arrêtions pas complètement IRE1α dans toutes les cellules du corps, car nous ne voulons pas arrêter son travail normal et sain. Nous voulions seulement bloquer le processus RIDD. »
Dr Vincent Auyeung, professeur adjoint de médecine à l’UCSF
Les résultats ont été prometteurs : le traitement avec PAIR2 a ralenti la progression des cicatrices pulmonaires et a même partiellement inversé la fibrose existante. Le médicament a permis de maintenir l’identité des cellules AT2, de réduire le nombre de cellules en transition et de diminuer considérablement l’accumulation de tissu cicatriciel.
Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives pour le développement de traitements innovants contre la fibrose pulmonaire. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer la sécurité, l’administration et l’efficacité de PAIR2 chez l’homme.
« Ce travail est le résultat de nombreuses années de recherche fondamentale sur les types de cellules et les voies moléculaires qui fonctionnent mal dans la fibrose pulmonaire. Cela souligne l’importance de la science fondamentale pour nous amener à de nouveaux traitements pour des maladies qui, jusqu’à présent, semblaient incurables. »
Dr Dean Sheppard, professeur de médecine à l’UCSF
L’équipe de l’ Université de Californie à San Francisco (UCSF) espère que ces travaux permettront de franchir une étape importante dans la lutte contre cette maladie pulmonaire dévastatrice.
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