Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

Épisode 5 Il n’y a pas de mauvais temps, seulement de mauvais vêtements

La météo est un sujet de conversation universel, mais en Suède, elle prend une dimension particulièrement sérieuse. Au-delà d'une simple politesse, les Suédois semblent vivre une véritable relation avec les éléments, une réalité qui peut surprendre les nouveaux…

Épisode 5 Il n’y a pas de mauvais temps, seulement de mauvais vêtements

La météo est un sujet de conversation universel, mais en Suède, elle prend une dimension particulièrement sérieuse. Au-delà d’une simple politesse, les Suédois semblent vivre une véritable relation avec les éléments, une réalité qui peut surprendre les nouveaux arrivants.

Lors d’une session d’orientation universitaire, les étudiants étrangers ont reçu des conseils pratiques pour affronter l’hiver suédois, allant bien au-delà des vêtements chauds. L’un des points les plus insistés a été la nécessité de prendre soin de son bien-être mental. « Il faut faire attention à ne pas sombrer dans la déprime pendant l’hiver », a prévenu l’intervenant.

Si les températures à Stockholm sont comparables à celles de la Corée du Sud, l’inquiétude face à l’hiver s’explique par un ensoleillement extrêmement limité. Les jours de tempête de neige sont fréquents, et les périodes où l’on profite de plus de trois heures de soleil par jour sont rares, voire inexistantes pendant plusieurs jours d’affilée. Un hiver suédois peut s’étendre jusqu’en avril.

L’impact de cette obscurité se ressent dans le paysage urbain. De nombreux commerces baissent le rideau, affichant un simple message : « À bientôt ». Les rues se vident rapidement après le travail, laissant une atmosphère particulière.

Alors, comment les Suédois occupent-ils leurs journées pendant ces longs mois sombres ? Les vacances d’hiver sont quasiment inexistantes dans le système scolaire, avec seulement une courte pause pour Noël et le Nouvel An. Les élèves rentrent souvent directement chez eux après les cours. Pourtant, les adultes encouragent à sortir, à prendre l’air et à maintenir un lien social.

Un proverbe norvégien résume bien cette philosophie : « Il n’y a pas de mauvais temps, seulement de mauvais vêtements. » Cette maxime est souvent utilisée pour encourager les enfants à jouer dehors malgré les intempéries. L’observation révèle que les parents suédois inculquent très tôt à leurs enfants le réflexe de ne pas craindre le froid. On voit ainsi des parents promener des poussettes sous la neige battante, ou même circuler à vélo avec un remorque contenant un enfant, bravant les éléments.

Les aires de jeux sont également fréquentées, même par temps froid, avec des enfants revêtus de combinaisons de ski, se roulant joyeusement dans la neige. Le proverbe souligne que le problème ne réside pas dans la météo elle-même, mais dans le manque de préparation.

Ce manque de préparation s’est fait sentir pour l’auteur de cet article. Le passage du froid à la douceur du printemps a été brutal. Un jour d’avril, alors que le soleil brillait, des amis sont apparus en t-shirt, lunettes de soleil et short. L’auteur, quant à lui, portait encore un pull et une veste en cuir. Les Suédois de longue date avaient déjà senti le changement arriver. Ne pas avoir prêté attention aux signes de la nature a conduit à une journée passée à transpirer.

L’été, en revanche, apporte une explosion de vitalité. Les supermarchés proposent des promotions sur les glaces. L’auteur, qui pensait auparavant que la Suède ne connaissait pas de sans-abri, a constaté leur présence dans les rues avec le retour du beau temps.

Avec le retour de la chaleur, les Suédois profitent pleinement de la nature : promenades, pique-niques, cueillette de baies, baignade dans les lacs. Certains jeunes connaissent même les lacs adaptés à la baignade et ceux à éviter. Les nuits sont courtes en été, ce qui se reflète dans les horaires d’ouverture des commerces. Le rythme de vie s’adapte à la durée des journées.

Le point culminant de l’été est le Midsommar, une grande fête célébrée autour du solstice d’été. Cet événement témoigne de l’amour des Suédois pour l’été. La journée du vendredi est consacrée à la fête, et le week-end qui suit est souvent réservé aux réunions de famille, à l’image des vacances de la Toussaint en Corée du Sud. Le Midsommar est un mélange de joie et de mélancolie : c’est le moment le plus ensoleillé de l’année, mais aussi le début du déclin vers l’hiver.

La confection de couronnes de fleurs, les chants et les danses traditionnelles rythment les festivités. Les paysages nordiques, en hiver comme en été, semblent appartenir à des mondes différents.

En hiver, les visages défilant dans la rue Karl Johan à Oslo, dans un tableau de Munch, semblent empreints de tristesse. Si l’atmosphère sombre de l’œuvre est attribuée à l’urbanisation et à l’état d’esprit de l’artiste, on se demande à quoi ressemblerait la scène en été. Les séries de « Soleils » de Munch, en revanche, débordent de joie. Après avoir vécu un hiver nordique, on comprend mieux l’intensité et le caractère bienvenu de la lumière du soleil.

L’hiver offre également ses propres plaisirs : luge, patinage sur les lacs gelés, plongeon dans l’eau glacée suivi d’un sauna, dégustation d’un cappuccino chaud devant une fenêtre enneigée, savourade d’une semla (brioche à la crème d’amandes) typique de la saison, lecture à la lumière d’une lampe chaleureuse… La liste est longue. Certains jours, le simple fait d’exister suffit à procurer un sentiment de bien-être. Mais le temps n’est pas toujours clément. En Suède, l’hiver est une invitation à rechercher activement les petits plaisirs qui réchauffent le cœur.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.