Un résident légal du Texas, arrivé aux États-Unis à l’âge de 14 ans, est détenu par les autorités fédérales après que son statut DACA a été révoqué en raison de publications sur les réseaux sociaux jugées pro-terroristes par le gouvernement. Cette affaire soulève des questions sur la liberté d’expression des non-citoyens et l’étendue de la définition du terrorisme sous l’administration Trump.
À retenir
- Jacob « Yaa’kub » Ira Vijandre, bénéficiaire du programme DACA, a été arrêté début octobre après la révocation de son statut.
- Le gouvernement américain justifie cette décision par des publications sur les réseaux sociaux considérées comme soutenant des groupes terroristes.
- Les avocats de Vijandre dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et une instrumentalisation de la lutte contre le terrorisme à des fins politiques.
Contexte
Jacob Vijandre est arrivé aux États-Unis en 2004, rejoignant son père qui travaillait comme mécanicien aéronautique grâce à un visa de travail. Après l’expiration de ce visa, il est resté sur le territoire américain et a bénéficié en 2012 du programme DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals), mis en place par l’administration Obama pour protéger de l’expulsion les jeunes arrivés illégalement aux États-Unis lorsqu’ils étaient enfants. Ce statut devait être renouvelé en mai 2026.
Depuis son installation dans le nord du Texas, Vijandre s’est engagé dans l’activisme, notamment en documentant les manifestations pro-palestiniennes et en partageant des vidéos sur des sujets variés, tels que la guerre à Gaza et les arts martiaux philippins, via son compte Instagram comptant près de 9 000 abonnés. Il s’est également intéressé au cas de Marwan Maroufa, un leader communautaire musulman de la région de Dallas arrêté par l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) en septembre, et a filmé une réunion du conseil municipal de Richardson où des habitants exprimaient leur soutien à Maroufa.
Ce qui change
L’arrestation de Vijandre s’inscrit dans un contexte de durcissement des contrôles en matière d’immigration sous l’administration Trump, qui a entraîné une augmentation des détentions de non-citoyens. Plusieurs cas similaires ont été recensés, où des personnes se sont vu retirer leur visa ou leur statut en raison de commentaires tenus sur les réseaux sociaux. L’équipe juridique de Vijandre craint que son cas ne serve de test pour la constitutionnalité de la définition élargie du terrorisme adoptée par l’administration Trump.
Selon une déclaration de Tricia McLaughlin, secrétaire adjointe du Département de la Sécurité intérieure, le statut DACA de Vijandre a été révoqué le 22 septembre, le jour même de l’arrestation de Maroufa, en raison de publications sur les réseaux sociaux « glorifiant » le terrorisme. Le DHS affirme que Vijandre était surveillé par la « Dallas Joint Terrorism Task Force » en raison de ces messages, qui incluaient notamment une citation d’Abu Musab al-Zarqawi, un ancien chef d’Al-Qaïda.
Les avocats de Vijandre contestent cette interprétation et soulignent qu’il n’a jamais été accusé d’un crime. Ils affirment que les publications incriminées exprimaient une opposition au génocide du peuple palestinien et à la politique américaine en matière de lutte contre le terrorisme.
Prochaines étapes
L’audience dans l’affaire Vijandre se poursuivra jusqu’au 6 novembre. Il restera en détention pendant ce temps, selon son avocat Eric Lee. L’équipe juridique de Vijandre prévoit de contester la constitutionnalité de la révocation de son statut DACA et de dénoncer ce qu’elle considère comme une atteinte à la liberté d’expression.
Par ailleurs, l’affaire Marwan Maroufa, arrêté par l’ICE après plus de 30 ans de résidence légale aux États-Unis, continue de susciter l’inquiétude au sein de la communauté musulmane de Dallas. Ses partisans dénoncent une détention injustifiée et soulignent son engagement dans des actions philanthropiques et de mentorat.
Chiffres clés
- 9 000 : Nombre d’abonnés de Jacob Vijandre sur Instagram.
- 2004 : Année d’arrivée de Jacob Vijandre aux États-Unis.
- 2012 : Année d’obtention du statut DACA par Jacob Vijandre.
Sources
Déclaration de Tricia McLaughlin, secrétaire adjointe du Département de la Sécurité intérieure.
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