Publié le 22 octobre 2025 à 13h00. Une étude menée sur plus de 292 000 patients bavarois révèle une baisse significative des niveaux de vitamine D durant la pandémie de Covid-19, particulièrement chez les femmes âgées et les citadins, en raison d’une exposition réduite au soleil.
- Les taux sériques moyens de 25-hydroxyvitamine D ont diminué de 26,7 µg/l à 26,0 µg/l pendant la période étudiée.
- La proportion de personnes présentant une carence en vitamine D (moins de 20 µg/l) est passée de 31,2 % à 35,2 %.
- Les femmes de plus de 60 ans et les habitants des zones urbaines ont été les plus touchés par cette baisse.
La pandémie de coronavirus a eu des conséquences inattendues sur la santé de la population, au-delà des infections directes. Une analyse approfondie des données de laboratoire de routine en Bavière, publiée dans la revue spécialisée Communications Naturales (DOI : 10.1038/s41467-025-64192-6), met en évidence une diminution notable des niveaux de vitamine D chez les patients entre 2020 et 2022.
L’équipe de recherche, dirigée par Eva Grill de l’Université Ludwig Maximilian de Munich, attribue cette baisse à un ensemble de facteurs liés aux restrictions sanitaires et aux changements de mode de vie. Les confinements successifs, le développement du télétravail et la réduction des activités de loisirs en extérieur ont limité l’exposition au soleil, principale source naturelle de vitamine D.
La vitamine D, essentielle à la santé des os, joue également un rôle important dans le fonctionnement du système immunitaire et pourrait influencer le risque de développer un diabète. Le sujet de l’apport optimal en vitamine D et de la nécessité d’une supplémentation fait régulièrement l’objet de débats parmi les professionnels de santé.
L’étude a comparé les valeurs de laboratoire des échantillons prélevés deux ans avant la pandémie et pendant les deux années qui ont suivi. Les résultats montrent une baisse significative du taux moyen de 25-hydroxyvitamine D, passant de 26,7 µg/l à 26,0 µg/l. Parallèlement, la proportion de personnes souffrant d’une carence en vitamine D a augmenté, passant de 31,2 % à 35,2 %.
Les femmes âgées de plus de 60 ans ont été particulièrement affectées par cette tendance. Les chercheurs suggèrent que l’augmentation de la charge mentale et du stress familial pendant la pandémie pourrait avoir contribué à cette vulnérabilité. De plus, les jeunes adultes, âgés de 18 à 39 ans, ont également vu leur taux de carence augmenter, passant de 34,6 % à 37,8 %.
L’étude souligne également une disparité géographique : les taux de carence étaient systématiquement plus élevés dans les zones urbaines que dans les zones rurales. Les conditions de vie en ville, caractérisées par un manque d’ensoleillement dû à la densité de la construction, un accès limité aux espaces verts et une pollution atmosphérique plus importante, rendent la production naturelle de vitamine D plus difficile.
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