Une vaccination contre la Covid-19 pourrait considérablement améliorer l’efficacité des traitements contre le cancer, selon une étude révélée le 23 octobre 2025. Les chercheurs ont constaté que les patients ayant reçu un vaccin à ARNm avant de commencer une immunothérapie avaient un taux de survie deux fois plus élevé après trois ans.
L’étude, menée par des chercheurs du MD Anderson Cancer Center de l’Université du Texas, s’appuie sur des observations initiales du Dr Elias Sayour, qui travaillait sur des vaccins à ARNm personnalisés pour les tumeurs cérébrales. Il a remarqué que ces vaccins déclenchaient une réponse immunitaire robuste, capable d’éliminer des cellules cancéreuses même celles qui n’étaient pas spécifiquement ciblées par l’ARNm.
Pour vérifier si les vaccins à ARNm contre la Covid-19, largement administrés pendant la pandémie, pouvaient avoir un effet similaire, les chercheurs ont analysé rétrospectivement les données de plus de 1 500 patients traités entre août 2019 et août 2023. Ils ont comparé les taux de survie des patients ayant reçu un vaccin à ARNm dans les 100 jours précédant le début de l’immunothérapie à ceux qui n’avaient pas été vaccinés.
Les résultats sont frappants : les patients vaccinés avaient en moyenne deux fois plus de chances d’être en vie trois ans après le début de l’immunothérapie. L’effet était particulièrement marqué chez les patients atteints de tumeurs dites « froides », c’est-à-dire celles qui répondent généralement mal à l’immunothérapie, avec un taux de survie globale à trois ans multiplié par cinq grâce à la vaccination.
« Cette étude démontre que les vaccins à ARNm contre la Covid-19, disponibles dans le commerce, peuvent stimuler le système immunitaire des patients atteints de cancer pour détruire les cellules tumorales », explique l’étude. « En combinaison avec des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires, ils produisent des réponses antitumorales puissantes qui entraînent des améliorations significatives des taux de survie. »
Les chercheurs ont également mené des expériences précliniques pour comprendre les mécanismes biologiques en jeu. Elles ont révélé que les vaccins à ARNm agissent comme un signal d’alarme pour le système immunitaire, le mettant en état d’alerte accrue. Cela permet au système immunitaire de mieux reconnaître et d’attaquer les cellules tumorales. Les cellules cancéreuses, en réaction, produisent une protéine appelée PD-L1, qui agit comme un bouclier protecteur. Cependant, les inhibiteurs de points de contrôle bloquent cette protéine PD-L1, rendant les cellules cancéreuses à nouveau vulnérables.
Ces observations ont été confirmées par des données cliniques, montrant une activation immunitaire plus élevée et une expression accrue de PD-L1 dans les tumeurs des patients vaccinés. Selon les chercheurs, ces résultats suggèrent que les vaccins à ARNm contre la Covid-19 reprogramment durablement le système immunitaire pour qu’il puisse combattre plus efficacement les cellules cancéreuses.
« Ce qui est particulièrement encourageant dans nos résultats, c’est qu’ils montrent comment des vaccins facilement accessibles et peu coûteux pourraient améliorer considérablement l’efficacité de certaines immunothérapies », a déclaré l’équipe de recherche. « Nous espérons que les vaccins à ARNm non seulement augmenteront les chances de succès des thérapies existantes, mais aideront également les patients dont le cancer est résistant à l’immunothérapie. »
Une étude de phase III est prévue pour examiner plus en détail ces résultats et déterminer si les vaccins à ARNm contre la Covid-19 devraient être intégrés en tant que composant standard des thérapies de point de contrôle immunitaire à l’avenir.
Source : Communiqué de presse du MD Anderson Cancer Center de l’Université du Texas ; Étude publiée dans la revue Nature (DOI : 10.1038/s41586-025-09655-y)
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