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Sanctions de l’UE et des États-Unis contre la Russie

by Clara Dubois

Publié le 23 octobre 2025 à 20h04. De nouvelles sanctions américaines et européennes pèsent sur l’économie russe, tandis qu’un débat complexe émerge sur l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer la reconstruction de l’Ukraine.

  • Les États-Unis ont annoncé des sanctions contre les deux plus grandes compagnies pétrolières russes, Rosneft et Loukoïl, ainsi que contre leurs filiales.
  • L’Union européenne a adopté un nouveau paquet de sanctions, ciblant notamment le secteur énergétique russe et renforçant les contrôles sur les diplomates russes.
  • La question de l’utilisation des 140 milliards d’euros d’actifs russes gelés pour aider l’Ukraine divise les États membres de l’UE, la Belgique étant particulièrement réticente.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affiché son optimisme à l’issue du sommet européen, se disant confiant dans l’adoption de « décisions extrêmement importantes » pour son pays. Il a remercié les acteurs impliqués dans la mise en place de ces nouvelles sanctions contre la Russie, qui poursuit son agression contre l’Ukraine depuis plus de trois ans.

L’initiative américaine, lancée mercredi par le président Donald Trump, prévoit l’imposition de mesures punitives à Rosneft et Loukoïl à partir du 21 novembre. Washington espère ainsi exercer une pression économique accrue sur Vladimir Poutine afin de le forcer à négocier. Cette annonce a immédiatement provoqué des turbulences sur les marchés mondiaux, avec une hausse de 5 % des prix du pétrole brut et des interrogations du côté indien, où Reliance, le plus grand acheteur de pétrole russe, envisage de suspendre ses achats, selon le Financial Times.

Des espions déguisés en diplomates

Quelques heures plus tard, c’était au tour de Bruxelles de réagir. Jeudi matin, les États membres de l’UE ont adopté le 19e paquet de sanctions contre la Russie, ciblant en priorité le secteur énergétique, principal financement de l’économie de guerre russe. L’interdiction totale des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) est avancée à début 2027, et des restrictions commerciales supplémentaires sont imposées à une centaine de navires appartenant à la « flotte fantôme » russe. Les conditions de résidence des diplomates russes, souvent soupçonnés d’être des agents des services secrets, seront également renforcées.

Comme lors des précédentes sanctions, la Slovaquie a manifesté des réticences, invoquant la nécessité de maintenir des prix énergétiques bas. L’unanimité des États membres est requise pour l’adoption de ces mesures. Le Premier ministre Robert Fico a finalement obtenu des garanties quant à un soutien financier en cas de conséquences économiques graves pour son pays.

L’Ukraine a des besoins financiers aigus à partir de 2026

La question la plus épineuse reste toutefois celle de l’utilisation des 140 milliards d’euros d’actifs russes gelés. Ces fonds, bloqués en raison des sanctions européennes, sont détenus par le prestataire de services financiers Euroclear. Selon Volodymyr Zelensky, les besoins financiers de l’Ukraine seront particulièrement importants à partir de 2026. Les pays partenaires sont donc à la recherche de solutions « créatives » pour débloquer ces ressources.

Initialement, seuls les revenus générés par ces fonds devaient être utilisés pour aider l’Ukraine. Cependant, un projet de la Commission européenne envisage désormais de transférer l’intégralité des actifs à la Commission, qui accorderait à l’Ukraine un prêt sans intérêt du même montant. Kiev ne rembourserait ce prêt que si la Russie acceptait de payer des réparations après la fin du conflit. Selon l’interprétation de la Commission, il ne s’agirait pas d’une expropriation, une question qui reste discutable au regard du droit international.

Les États membres, à l’exception de la Hongrie, avaient prévu de demander à la Commission européenne de présenter une proposition législative concrète dès le début du sommet européen. Le président du Conseil européen, António Costa, a promis jeudi matin qu’une « décision politique » serait prise dans la journée pour garantir le financement de l’Ukraine en 2026 et 2027.

La plus grande résistance vient de Belgique

Les discussions entre les chefs d’État et de gouvernement se sont avérées plus difficiles que prévu, et le cœur du débat a été reporté au soir. La plus forte opposition émane de la Belgique, où est basé Euroclear.

Le Premier ministre Bart De Wever a clairement indiqué que son pays ne donnerait son accord que si les risques étaient partagés entre tous les États membres et qu’une responsabilité solidaire était mise en place. Cela impliquerait une prise en charge collective en cas de libération inattendue des avoirs russes, par exemple suite à une décision de justice, ou si la Russie décidait de confisquer des avoirs européens en représailles. M. De Wever a également plaidé pour une plus grande transparence concernant les fonds russes bloqués dans d’autres pays.

Après 21 heures de discussions, 26 États membres de l’UE se sont accordés sur une déclaration finale concernant l’Ukraine. Ce document, relativement sobre, se contente de demander à la Commission européenne de développer « des options pour soutenir l’Ukraine, en fonction de ses besoins financiers ». Le sujet sera à nouveau abordé lors du prochain sommet européen, à moins qu’un sommet spécial ne soit convoqué d’ici là, ce qui pourrait avoir lieu avant Noël.

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