Publié le 24 octobre 2023 17h30. L’espace aérien lituanien a été brièvement violé jeudi par deux avions militaires russes, suscitant une vive réaction de Vilnius et une démonstration de force de l’OTAN. Cet incident, survenu dans un contexte régional déjà tendu, relance les inquiétudes concernant les provocations militaires de Moscou.
- Deux avions russes, un chasseur Su-30 et un avion ravitailleur Il-78, ont pénétré l’espace aérien lituanien pour environ 18 secondes.
- L’OTAN a immédiatement réagi en déployant des chasseurs Eurofighter Typhoon pour assurer la sécurité de l’espace aérien.
- La Lituanie a condamné cet acte comme une violation du droit international et convoquera l’ambassadeur de Russie pour obtenir des explications.
Selon l’armée lituanienne, les appareils russes ont franchi la frontière près de Kybartai, dans le sud-ouest du pays, en provenance de la région de Kaliningrad. Ils ont parcouru environ 700 mètres à l’intérieur du territoire lituanien. Les forces armées lituaniennes ont immédiatement activé leurs protocoles de sécurité et informé leurs alliés de l’OTAN, de l’Union européenne et du Conseil de l’Atlantique Nord.
En réponse à cet incident, deux chasseurs espagnols Eurofighter Typhoon, déployés dans le cadre de la mission de police aérienne de la Baltique et de l’opération « Eastern Sentinel », ont décollé de la base aérienne de Siauliai pour patrouiller la zone. Un porte-parole de l’OTAN a souligné que cette intervention démontre « la détermination de l’OTAN à répondre à tout événement » et sa capacité à garantir l’intégrité aérienne de ses membres.
Le président lituanien, Gitanas Nauseda, a qualifié cette incursion de « grave violation du droit international et de la souveraineté territoriale ». Dans une vidéo diffusée sur le réseau social X, il a insisté sur l’importance de renforcer la préparation de la défense aérienne européenne. Il a également annoncé la convocation des représentants de l’ambassade de Russie à Vilnius pour protester contre ce qu’il a dénoncé comme un « comportement imprudent et dangereux ».
La Première ministre lituanienne, Inga Ruginiene, a adopté un ton encore plus ferme, déclarant sur Facebook que « cet incident démontre une fois de plus que la Russie se comporte comme un État terroriste », au mépris du droit international et de la sécurité des pays voisins. Elle a ajouté que la Lituanie, avec ses alliés, « prend soin et défendra chaque centimètre carré de son pays », assurant que la situation est « totalement sous contrôle » et saluant l’action rapide des chasseurs espagnols.
Le ministère russe de la Défense a démenti les accusations lituaniennes, affirmant que les vols ont été effectués « dans le strict respect des règles d’utilisation de l’espace aérien au-dessus du territoire russe » et que les avions n’ont pas dévié de leur route ni violé les frontières d’autres États. Cette déclaration a été diffusée sur Telegram.
Cet incident survient dans un contexte régional déjà marqué par des tensions accrues. Le ministre polonais de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a déclaré au réseau TVN24 que « cela montre que la vigilance est nécessaire à tout moment, que la Russie ne se calme pas et ne recule pas ».
Ce n’est pas un événement isolé. Le 19 septembre dernier, trois avions militaires russes avaient déjà violé l’espace aérien estonien pendant 12 minutes, ce qui avait entraîné le déploiement de chasseurs de l’OTAN. La Russie avait alors nié l’incursion, accusant Tallinn de manquer de preuves et de chercher à exacerber les tensions Est-Ouest. Auparavant, plus de 20 drones russes étaient pénétrés dans l’espace aérien polonais, marquant la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine que l’OTAN abattait des cibles russes pour défendre un pays membre.
Le général américain en charge du commandement militaire de l’ OTAN a estimé cette semaine que la réponse ferme des Alliés aux incursions en Pologne et en Estonie semble avoir eu un effet dissuasif sur Moscou, tout en soulignant que la Russie continuera probablement de tester les limites défensives de l’Alliance.
Les organisations de sécurité et les dirigeants de l’Union européenne ont souligné l’importance de renforcer la défense aérienne européenne. Gitanas Nauseda a participé jeudi à un sommet du Conseil européen à Bruxelles, où les dirigeants de l’Union ont soutenu la stratégie « Readiness 2030 », visant à garantir la capacité de l’Europe à se défendre contre toute agression extérieure.
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