Home DivertissementDave: The Boy Who Played the Harp review – ​it’s clearer than ever what a stunningly skilled rapper he is | Dave

Dave: The Boy Who Played the Harp review – ​it’s clearer than ever what a stunningly skilled rapper he is | Dave

by Antoine Girard

Après deux ans de silence, le rappeur britannique Dave revient avec un album introspectif et surprenant, The Boy Who Played the Harp, qui explore les tourments existentiels d’un artiste au sommet de sa gloire. Loin de capitaliser sur le succès fulgurant de son duo avec Central Cee, Dave propose une œuvre musicale discrète et personnelle, marquant une rupture avec ses précédents travaux.

Quatre ans après We’re All Alone in This Together, album certifié platine, et deux ans après le phénomène Sprinter – un titre en collaboration avec Central Cee qui a établi un record au Royaume-Uni et percé aux États-Unis, atteignant même la playlist annuelle de Barack Obama – Dave s’est fait discret. Contrairement à Central Cee, qui a multiplié les collaborations avec des artistes américains de renom et sorti un premier album salué par la critique, Dave a choisi de s’éloigner des projecteurs.

The Boy Who Played the Harp s’ouvre sur des sonorités d’orgue solennelles, avant de laisser place à des couplets où l’artiste semble d’abord vouloir réaffirmer son succès et sa richesse – se décrivant comme « déjà une légende », vivant dans une demeure aux jardins immenses. Mais cette introduction se révèle être une feinte. L’album se caractérise par des arrangements épurés, des mélodies de piano douces et des plaisirs subtils. Des rythmes saccadés et des samples vocaux aériens, comme sur le titre 175 Months, côtoient des harmonies vocales discrètement inquiétantes, notamment sur My 27th Birthday.

Plusieurs morceaux dépassent les six minutes, et même les titres les plus accessibles, comme No Weapons (en collaboration avec le producteur de Sprinter, Jim Legxacy) et Raindance (avec la chanteuse nigériane Tems), restent sobres. Au-delà de ces premières vers, l’album se distingue par une absence notable de vantardise. Dave semble avoir passé les deux dernières années à se confronter à une série de crises existentielles.

« Pourquoi ne pas publier de photos, ou sortir de la musique ? » se demande-t-il à un moment donné. « Ou faire quelque chose plutôt que de rester assis et de vous stresser ? » Ces interrogations reflètent les préoccupations universelles qui assaillent souvent les jeunes adultes, confrontés à la réalité de l’âge adulte et aux doutes sur leur avenir.

L’album explore notamment les dilemmes liés à la vie de couple et à la parentalité. Sur le morceau Selfish, Dave se questionne sur son incapacité à s’engager : « Tu aurais dû avoir des enfants… ne sens-tu pas que tu es en retard ? » Le titre Chapter 16 prend la forme d’un long dialogue entre Dave et Kano, figure emblématique du rap britannique, dont la carrière a débuté lorsque Dave était encore à l’école primaire. La conversation oscille entre des réflexions sur l’industrie musicale et les conséquences de la célébrité sur les relations amicales, pour aboutir à une demande de conseils sentimentaux de la part de Dave. Kano, désormais père de famille épanoui, évoque le bonheur d’avoir troqué une « Porsche argentée » contre des « sièges auto Max-Cosi en cuir dans le SUV ».

Mais Dave exprime également des doutes quant à l’impact de sa musique et à sa pertinence sociale. Sur My 27th Birthday, il remet même en question l’utilité de la musique elle-même : « Nous n’avons pas besoin de commentateurs, laissons cela aux sportifs / Écoutez simplement la musique, pourquoi auriez-vous besoin des pensées de quelqu’un ? »

Ironiquement, Dave a déjà répondu à cette question. Un album d’introspection d’une star de la pop riche et célèbre pourrait sembler prétentieux, mais Dave est un parolier exceptionnellement intelligent et perspicace, capable de transformer cette démarche en une œuvre fascinante plutôt qu’auto-indulgente. Sa maîtrise technique se traduit par un son épuré qui met en valeur sa voix et son flow impeccable.

Cette qualité est particulièrement évidente sur Marvellous et Fairchild, deux titres qui mettent en lumière son talent de conteur. Le premier retrace le parcours d’un jeune homme de 17 ans, de la drogue à la violence en passant par la prison, tandis que le second décrit lentement une agression sexuelle, alternant entre la voix de Dave et celle de la rappeuse Nicole Blakk, avant d’exploser dans une vague de colère qui dénonce les « incels », le meurtre de Sarah Everard et l’objectification des femmes dans le hip-hop : « Je suis complice, pas meilleur que vous. » Ces morceaux sont poignants, captivants et puissants, autant de preuves que les doutes de Dave sont infondés.

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