Publié le 24 octobre 2024 19:18:00. Des compagnies de théâtre de l’Ontario ont choisi de donner leurs vieux vêtements en fourrure à des centres de réhabilitation animale, une initiative née d’une controverse sur la revente de ces articles et encouragée par des défenseurs des droits des animaux.
Face aux préoccupations soulevées par des associations de défense des droits des animaux, deux compagnies théâtrales du sud-ouest de l’Ontario ont pris une décision originale : au lieu de vendre leurs anciennes fourrures, elles les donneront à des organismes dédiés à la réhabilitation de la faune. Cette initiative fait suite à une proposition initiale du Palace Theatre de Londres, qui envisageait d’organiser une vente flash pour se débarrasser de ses vêtements en fourrure inutilisés.
L’idée de cette vente, présentée comme une forme de recyclage, avait été justifiée par le théâtre en ces termes :
« Ces fourrures proviennent souvent de dons, d’anciennes pièces que les gens ne savent plus quoi faire. Vendre un manteau vintage [entre 35 et 70 ans] me semblait une bonne façon de réduire, réutiliser et recycler. »
C’est alors qu’est intervenue Jenny McQueen, cofondatrice d’Animal Rights Toronto, une organisation de coordination de groupes de défense des animaux. S’opposant fermement à toute forme de commercialisation de la fourrure, même d’occasion, elle a alerté le théâtre sur les conséquences négatives d’une telle démarche.
La question de l’utilisation de la fourrure reste un sujet sensible au Canada. Si l’on observe un regain d’intérêt pour la fourrure vintage et que celle-ci conserve une importance culturelle pour certains, et qu’elle demeure essentielle pour de nombreux groupes autochtones, des militants comme Mme McQueen souhaitent mettre fin à son utilisation.
Le mouvement contre la fourrure prend de l’ampleur : en 2019, la reine Elizabeth annonçait qu’elle ne porterait plus de fourrure, et plusieurs maisons de couture de renom, dont Gucci, Prada et Armani, ont également pris la décision de ne plus utiliser de fourrure dans leurs créations.
Mais pourquoi s’opposer à la revente de fourrure vintage ? Selon Jenny McQueen, cela risque de normaliser son utilisation et de la rendre à nouveau attrayante, ce qui irait à l’encontre des progrès réalisés en matière de droits des animaux. C’est dans cette optique qu’elle a lancé la campagne #ZipOffTheCruelty, encourageant les gens à faire don de leurs fourrures plutôt que de les revendre.
Grâce à cette campagne, Mme McQueen a pu envoyer des dons de fourrures à des centres de réhabilitation animale, où elles sont utilisées comme literie pour les animaux sauvages blessés ou orphelins. Elle a notamment partagé sur Instagram une vidéo montrant un chapeau de fourrure donné à son groupe, transformé en un nid douillet pour de jeunes écureuils ayant perdu leur mère.
« Le chapeau avait été retourné et les écureuils se blottissaient dans la vraie fourrure animale. Cela les garde au chaud et leur offre un confort supérieur lorsqu’ils ont perdu leur mère. »
Le Palace Theatre de Londres a finalement renoncé à sa vente de fourrures et a choisi de faire don de ses articles à des organismes de protection animale, suite aux arguments de Mme McQueen. Le Festival de Stratford a également suivi cet exemple en janvier, offrant plusieurs manteaux de fourrure à Animal Rights Toronto. Le théâtre a expliqué dans un courriel, partagé avec CBC News, qu’il n’avait pas les moyens de stocker correctement ces manteaux et que de nombreux acteurs préféraient ne pas porter de fourrure véritable.
Cependant, tous les centres de réadaptation animale ne considèrent pas la fourrure comme le matériau idéal pour la literie. Brian Sel, du Centre de réadaptation et d’éducation de la faune de Salthaven, a expliqué qu’ils avaient cessé d’utiliser de la fourrure en raison des produits chimiques potentiellement nocifs présents dans les fourrures vintage, et des difficultés de nettoyage.
« S’il y a des excréments dessus, vous ne pouvez pas simplement le jeter dans une machine à laver. »
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