Publié le 25 octobre 2025 à 09h45. L’extraction intensive de gaz naturel aux Pays-Bas, et plus particulièrement dans la région de Groningue, a fragilisé les couches terrestres et augmenté le risque de tremblements de terre, même après l’arrêt de la production. Une étude récente révèle un mécanisme géologique inattendu à l’origine de ces séismes.
- Des décennies d’extraction de gaz ont créé des tensions dans le sous-sol, rendant les failles géologiques plus susceptibles de se réactiver.
- Une étude de l’Université d’Utrecht suggère que les failles peuvent accumuler de la résistance sur des millions d’années, et que l’extraction de gaz peut déclencher des tremblements de terre.
- Bien que la production de gaz ait été arrêtée en 2024, le risque sismique persiste et pourrait même être exacerbé par des phénomènes géologiques imprévisibles.
La province de Groningue, aux Pays-Bas, a longtemps été un important centre de production de gaz naturel. Des milliards de mètres cubes de gaz y étaient extraits chaque année, alimentant une grande partie de l’Europe. Cependant, cette activité a eu un coût : depuis 1986, la région a été secouée par des milliers de tremblements de terre, causant des dommages considérables aux bâtiments et semant l’inquiétude parmi les habitants.
En 2022, un habitant interrogé par la BBC témoignait de l’impact psychologique et physique de ces séismes :
« Cela nous a fait vieillir. Beaucoup de stress. Des problèmes cardiaques… ils nous ont enlevé notre joie. Nous essayons de nous remettre sur pied, mais c’est difficile parce que vous voyez cela se produire encore et encore autour de vous. »
Le gouvernement néerlandais a finalement décidé de mettre fin à la production de gaz dans la région en 2022, l’arrêt complet de l’extraction intervenant en 2024. Mais la question de la sismicité reste préoccupante. Des chercheurs de l’Université d’Utrecht ont récemment publié une étude dans la revue Nature Communications qui apporte un nouvel éclairage sur les causes de ces tremblements de terre.
L’étude révèle que les failles géologiques peuvent accumuler de la résistance sur des millions d’années, en raison de l’augmentation du frottement statique. Cette tension, accumulée au fil du temps, peut être libérée par des interventions humaines, comme l’extraction de gaz, déclenchant ainsi des séismes. Les simulations informatiques menées par les chercheurs montrent qu’après 30 millions d’années de repos, les failles peuvent développer suffisamment de tension pour provoquer des tremblements de terre d’une magnitude allant jusqu’à 3,6 sur l’échelle de Richter – une magnitude comparable à celle du séisme le plus puissant enregistré à Groningue en 2012.
Les chercheurs soulignent que le premier séisme provoqué est souvent le plus dangereux, car il libère la force accumulée sur des échelles de temps géologiques. Cependant, ils mettent également en garde contre le risque de réactivation de failles voisines, qui pourraient amplifier le risque sismique. Des effets opposés sont également possibles, où certaines failles pourraient absorber les tensions et limiter la propagation des secousses.
Ce phénomène de sismicité induite par l’activité humaine ne se limite pas aux Pays-Bas. Il est également observé dans d’autres régions du monde où l’extraction de matières premières fossiles ou d’autres activités géotechniques modifient les contraintes dans le sous-sol. Dans le contexte actuel de transition énergétique, il est crucial de comprendre ces mécanismes pour évaluer correctement les risques sismiques liés à de nouvelles activités telles que l’exploitation de l’énergie géothermique, le stockage du dioxyde de carbone ou la production de gaz de schiste.
Par ailleurs, des tremblements de terre sont également observés en Allemagne, notamment dans les régions volcaniques, ce qui soulève des questions sur la possibilité d’une éruption volcanique imminente. (Source : étude Nature, BBC)
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