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Les rares singes dorés de Chine font leur apparition dans les zoos européens, un successeur possible de la « diplomatie du panda »

Publié le 25 octobre 2025 18h50. Après les pandas géants, la Chine mise sur un autre ambassadeur à fourrure pour renforcer ses liens diplomatiques : le singe doré au nez retroussé, une espèce rare originaire des montagnes du…

Les rares singes dorés de Chine font leur apparition dans les zoos européens, un successeur possible de la « diplomatie du panda »

Publié le 25 octobre 2025 18h50. Après les pandas géants, la Chine mise sur un autre ambassadeur à fourrure pour renforcer ses liens diplomatiques : le singe doré au nez retroussé, une espèce rare originaire des montagnes du centre du pays, désormais visible dans les zoos de France et de Belgique.

  • Pour la première fois, des singes dorés au nez retroussé ont été envoyés en Europe, rejoignant ainsi les pandas dans un programme d’échange supervisé par le gouvernement chinois.
  • Trois singes ont été accueillis au zoo de Beauval en France et trois autres au zoo de Pairi Daiza en Belgique, marquant des anniversaires diplomatiques entre la Chine et ces pays.
  • Cette initiative suscite à la fois l’enthousiasme pour la collaboration scientifique et les inquiétudes concernant le bien-être de ces animaux ambassadeurs.

Ces primates, reconnaissables à leur crinière orange flamboyante, leur visage pâle et leur fourrure épaisse recouvrant leurs mains et leurs pieds, sont endémiques aux régions montagneuses et glaciales du centre de la Chine. Ils sont désormais visibles hors d’Asie pour la première fois, grâce à un accord similaire à celui qui régit les échanges de pandas.

En avril dernier, le zoo de Beauval, situé à Saint-Aignan, a accueilli trois singes dorés, un geste célébrant les 60 ans des relations diplomatiques entre la France et la République populaire de Chine. Un mois plus tard, c’est le zoo de Pairi Daiza, dans le Hainaut belge, qui a reçu un trio de singes, accueillis par les visiteurs avec des drapeaux chinois et belges.

Après une période de quarantaine, les deux groupes d’animaux ont fait leurs premières apparitions publiques et semblent s’adapter à leur nouvel environnement, malgré le changement climatique important par rapport à leur habitat d’origine. À Pairi Daiza, un espace spécialement conçu, avec des belvédères traditionnels chinois aux colonnes rouges et aux toits de tuiles grises, a été aménagé pour leur bien-être. Les singes y passent une grande partie de leur temps à explorer les structures et à grimper.

Selon Johan Vreys, porte-parole de Pairi Daiza,

« L’aspect diplomatique découle de cette conscience culturelle. »

Johan Vreys, porte-parole de Pairi Daiza

Anaïs Maury, directrice de la communication du zoo de Beauval, espère que cette initiative permettra de développer des collaborations scientifiques durables avec les autorités chinoises.

« Nous sommes en discussion avec la Chine pour lancer des programmes conjoints de recherche et de conservation, similaires à ceux déjà en place pour d’autres espèces emblématiques comme les pandas. »

Anaïs Maury, directrice de la communication du zoo de Beauval

Les pandas géants et les singes dorés au nez retroussé sont tous deux des espèces menacées, endémiques à la Chine, et leur déplacement hors du pays nécessite l’approbation du gouvernement central. Selon Elena Songster, historienne de l’environnement au St. Mary’s College de Californie, si les deux espèces sont considérées comme des trésors nationaux, le singe doré au nez retroussé occupe une place particulière dans l’art et la culture chinoise, apparaissant dans de nombreuses œuvres et notamment dans le personnage du Roi Singe du roman classique du XVIe siècle, Le Voyage en Occident.

Comme les pandas par le passé, ces singes pourraient devenir des symboles de la Chine moderne. Susan Brownell, historienne de la Chine à l’Université du Missouri, à Saint-Louis, souligne que

« Le premier couple de soft power de la Chine d’après-guerre était constitué d’un couple de pandas géants, envoyés en Union soviétique en 1957. »

Susan Brownell, historienne de la Chine à l’Université du Missouri, à Saint-Louis

La Chine a progressivement évolué d’une politique de dons de pandas à des prêts à long terme, généralement d’une décennie, suite aux préoccupations des défenseurs des droits des animaux. Dans le cadre de ces accords, une partie des fonds versés par les zoos étrangers est allouée à la conservation de l’habitat et à la recherche scientifique. Cependant, Jeff Sebo, chercheur en environnement et en bioéthique à l’Université de New York, met en garde :

« La santé et le bien-être des animaux sont importants, et pas seulement pour des objectifs géopolitiques ou stratégiques. »

Jeff Sebo, chercheur en environnement et en bioéthique à l’Université de New York

En Chine, les singes dorés au nez retroussé vivent dans une zone comprenant des parties des provinces du Sichuan, du Shaanxi, du Gansu et du Hubei. Les efforts de conservation déployés depuis les années 1980 dans le parc national de Shennongjia, dans le Hubei, ont permis de tripler la population locale, qui compte aujourd’hui environ 1 600 individus, selon Yang Jingyuan, président de l’Académie des sciences du parc.

L’impact diplomatique de ces ambassadeurs à fourrure reste à évaluer. James Carter, historien de la Chine à l’Université Saint Joseph de Philadelphie, estime toutefois que

« à une époque de tensions mondiales croissantes, les pandas sont une porte d’entrée très utile. Ils offrent aux gens l’opportunité de penser quelque chose de positif à propos de la Chine : ils sont mignons, ils ne font rien de mal. »

James Carter, historien de la Chine à l’Université Saint Joseph de Philadelphie

Pour l’heure, les singes dorés au nez retroussé présents dans les zoos de France et de Belgique sont les seuls à être visibles en dehors de l’Asie. Susan Brownell conclut :

« Les singes dorés au nez retroussé de Chine ne sont pas encore emblématiques à l’échelle mondiale, mais il pourrait y avoir un potentiel pour qu’ils le deviennent à l’avenir. »

Susan Brownell, historienne de la Chine à l’Université du Missouri, à Saint-Louis

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.