Home SantéDes « armes » contre la stéatose hépatique inflammatoire à notre porte

Des « armes » contre la stéatose hépatique inflammatoire à notre porte

by Sophie Martin

Publié le 26 octobre 2025 04:02:00. De nouvelles perspectives s’ouvrent dans la lutte contre la stéatose hépatique inflammatoire (MASH), une maladie du foie potentiellement grave, grâce à l’arrivée de traitements innovants et à une meilleure compréhension de ses mécanismes.

  • L’approbation récente aux États-Unis du médicament Resmetirom et l’efficacité des injections amaigrissantes Ozempic et Wegovy offrent de réels espoirs pour les patients atteints de MASH.
  • Une étude confirme que la MASH est provoquée par des signaux externes au foie, ouvrant la voie à des thérapies ciblées.
  • Environ 20 % des personnes atteintes de stéatose hépatique développent la forme inflammatoire, la plus dangereuse, qui peut conduire à la cirrhose et au cancer du foie.

L’espoir renaît pour les patients atteints de stéatose hépatique inflammatoire (MASH), une affection hépatique de plus en plus fréquente et souvent associée à des complications sévères telles que la cirrhose et le cancer du foie. Le Dr Herbert Tilg, gastro-entérologue de renom basé à Innsbruck, en Autriche, estime que des avancées thérapeutiques majeures sont à portée de main.

Selon le Dr Tilg, deux nouvelles approches thérapeutiques pourraient bientôt être disponibles : le médicament Resmetirom et les injections amaigrissantes Ozempic et Wegovy.

« Maintenant, nous pouvons faire quelque chose. C’est un tournant, un nouveau départ. À l’avenir, cette maladie pourra être combattue efficacement. »

Herbert Tilg, gastro-entérologue et directeur de la médecine interne I à l’hôpital universitaire d’Innsbruck

Resmetirom a été approuvé aux États-Unis l’année dernière, suite à une vaste étude clinique internationale. Les résultats ont démontré une amélioration de la formation de tissu conjonctif dans le foie et une réduction de l’inflammation après un an de traitement. Le Dr Tilg le décrit comme « la première thérapie efficace qui a défini la médecine dans ce domaine » et un « médicament idéal pour cette maladie du foie », soulignant également son effet positif sur le métabolisme. L’approbation de ce médicament dans l’Union européenne est intervenue en août dernier, et le Dr Tilg s’attend à une utilisation généralisée en Autriche dans l’année à venir.

Parallèlement, les injections Ozempic et Wegovy, qui contiennent toutes deux le principe actif sémaglutide, se révèlent également prometteuses dans le traitement de la MASH (anciennement appelée NASH – stéatohépatite non alcoolique). Initialement développées pour le traitement du diabète de type 2, ces injections favorisent également la perte de poids. Une étude à grande échelle a mis en évidence une « amélioration de la stéatose hépatique avec inflammation et fibrose », selon le Dr Tilg.

Bien que la prise en charge par les compagnies d’assurance maladie soit actuellement limitée au traitement du diabète, la pression monte pour étendre la couverture à l’utilisation de ces injections dans le traitement de la MASH. Le Dr Tilg anticipe une évolution favorable dans ce domaine.

Il est important de noter que ces traitements ne garantissent pas une efficacité à 100 %, mais les études montrent une « amélioration très significative » dans 30 à 40 % des cas. Le Dr Tilg insiste sur la nécessité d’un accompagnement thérapeutique comprenant un « changement de mode de vie », notamment une perte de poids significative et une alimentation adaptée.

« La perte de poids est une mesure anti-inflammatoire très puissante. »

Herbert Tilg, gastro-entérologue et directeur de la médecine interne I à l’hôpital universitaire d’Innsbruck

Les médicaments comme le sémaglutide peuvent grandement faciliter cette perte de poids.

Le Dr Tilg souligne également l’importance d’une découverte fondamentale : la MASH est provoquée par des signaux externes au foie, qui ciblent et détruisent l’organe. Cette théorie, qu’il avait avancée il y a 15 ans, est aujourd’hui confirmée et correspond parfaitement à l’efficacité des médicaments actuellement disponibles.

Il est crucial de distinguer la stéatose hépatique pure de sa forme inflammatoire. Seule une minorité de patients (environ 20 %) développe la forme inflammatoire, la plus dangereuse. La stéatose hépatique pure, bien que fréquente, n’entraîne pas nécessairement de complications graves. En revanche, la MASH peut évoluer vers la cirrhose et, dans les cas les plus graves, le cancer du foie.

Environ 90 % des patients atteints de MASH sont en surpoids, ce qui souligne l’importance de la perte de poids dans la prévention et le traitement de la maladie. D’autres facteurs contribuent également à l’inflammation, tels que l’alimentation, la génétique et la flore intestinale. La consommation d’alcool aggrave également la situation, agissant comme un facteur inflammatoire supplémentaire.

Selon les estimations, un tiers de la population mondiale souffre de stéatose hépatique causée par un trouble métabolique (MASLD). En Autriche, cela représente environ trois millions de personnes. La MASLD est la principale cause de cancer du foie, en raison de sa prévalence élevée.

La stéatose hépatique est principalement liée à des maladies métaboliques ou à l’obésité, mais peut également être causée par une combinaison de ces facteurs et de la consommation d’alcool. La consommation chronique d’alcool entraîne inévitablement une stéatose hépatique.

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