Home SantéLes oméga-3 peuvent ralentir le processus de vieillissement

Les oméga-3 peuvent ralentir le processus de vieillissement

by Sophie Martin

Ralentir le vieillissement biologique serait possible grâce à une combinaison d’oméga-3, de vitamine D et d’exercices de musculation, selon une étude suisse de grande envergure. Les résultats, publiés récemment, suggèrent que ces interventions peuvent influencer directement le processus de vieillissement au niveau moléculaire.

L’étude DO-HEALTH, menée par l’Université de Zurich, a suivi 777 personnes de plus de 70 ans pendant trois ans. Les participants ont été répartis en huit groupes, chacun suivant un régime différent combinant ou non des suppléments de vitamine D (2 000 unités internationales par jour) et d’acides gras oméga-3 (1 gramme par jour, issus d’algues), ainsi qu’un programme d’exercices de renforcement musculaire à domicile (30 minutes, trois fois par semaine).

L’analyse des échantillons sanguins a révélé que la prise d’acides gras oméga-3 était associée à un ralentissement du vieillissement biologique, mesuré grâce à des « horloges épigénétiques ». Ces horloges analysent les modifications chimiques de l’ADN, appelées méthylations, permettant de quantifier la différence entre l’âge biologique et l’âge chronologique. Selon l’une des quatre horloges épigénétiques utilisées, la combinaison des trois interventions – oméga-3, vitamine D et musculation – s’est avérée encore plus efficace.

« Ce résultat confirme nos conclusions antérieures de l’étude DO-HEALTH, qui montraient que ces trois facteurs combinés avaient l’impact le plus important sur la réduction du risque de cancer et la prévention d’une fragilité prématurée sur une période de trois ans », explique Heike Bischoff-Ferrari, professeure de gériatrie et de médecine gériatrique à l’Université de Zurich. « Chacune de ces mesures agit selon des mécanismes différents qui se complètent, et leur combinaison aboutit à un effet global accru. »

Les chercheurs soulignent que l’étude a des limites. « Il n’existe pas encore de référence universellement acceptée pour mesurer l’âge biologique », précise Bischoff-Ferrari. « Cependant, nous avons analysé les meilleures horloges épigénétiques actuellement validées, qui reflètent l’état de l’art. » L’équipe prévoit d’utiliser DO-HEALTH et d’autres études internationales comme plateforme pour valider de nouveaux biomarqueurs du vieillissement.

L’étude, qui se concentrait initialement sur des participants suisses, sera étendue à l’ensemble des 2 157 participants de DO-HEALTH, incluant des personnes d’Allemagne, de France, d’Autriche et du Portugal, afin de tenir compte d’une plus grande diversité génétique et de modes de vie. L’objectif est de rendre les résultats plus représentatifs de la population européenne âgée de plus de 70 ans.

L’étude DO-HEALTH, financée par le septième programme-cadre de recherche de l’UE, est la plus vaste étude menée en Europe auprès d’adultes en bonne santé de plus de 70 ans. Les mesures épigénétiques ont été soutenues par le Fonds national suisse.

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