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les signes qui avertissent d’éventuelles actions militaires

by Nicolas Lefèvre

Publié le 27 octobre 2025 à 14h17. L’administration Trump envisage de nouvelles opérations militaires en Amérique latine, ciblant non seulement le Venezuela mais aussi, potentiellement, la Colombie, sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue. Cette escalade intervient après des accusations directes contre le président colombien Gustavo Petro, qualifié de « leader du trafic de drogue » par le président américain.

  • L’administration Trump envisage des « attaques terrestres » contre les cartels de la drogue en Colombie et au Venezuela.
  • Le président Trump a publiquement accusé la Colombie d’être un « nid de trafiquants de drogue » et a menacé d’intervenir militairement si le gouvernement colombien ne prend pas le contrôle de la situation.
  • Le sénateur républicain Lindsey Graham a confirmé que des opérations militaires en Colombie étaient à l’étude, sans exclure des frappes au sol.

La rhétorique américaine à l’égard de la Colombie s’est radicalement durcie ces dernières semaines, atteignant un niveau comparable à celui utilisé contre le Venezuela. Alors que la lutte contre le narcotrafic était initialement présentée comme un objectif secondaire, elle prend désormais une place prépondérante dans la stratégie de Washington pour la région. Cette évolution s’accompagne d’une dégradation des relations diplomatiques avec Bogotá, marquée par la révocation du visa du président Petro et sa désignation comme figure clé du trafic de drogue.

Le week-end dernier, le sénateur Lindsey Graham, lors d’une interview accordée à CBS, a affirmé que le président Trump avait pris la décision de considérer le président vénézuélien Nicolás Maduro comme un trafiquant de drogue et qu’il était temps de le destituer. Il a également révélé que le président Trump envisageait d’informer le Congrès, à son retour d’Asie, des éventuelles futures opérations militaires contre le Venezuela et la Colombie.

« Je pense que le président Trump a pris la décision que Maduro, le leader du Venezuela, est un trafiquant de drogue accusé, qu’il est temps pour lui de partir, que le Venezuela et la Colombie sont depuis trop longtemps des refuges pour les narcoterroristes. Le président Trump m’a dit hier qu’il prévoyait d’informer les membres du Congrès, à son retour d’Asie, des éventuelles futures opérations militaires contre le Venezuela et la Colombie. »

Lindsey Graham, sénateur républicain

Graham, connu pour ses positions interventionnistes en matière de politique étrangère, avait déjà eu une conversation avec Trump avant le tweet controversé dans lequel il accusait Petro d’être un leader du trafic de drogue et annonçait la suspension de l’aide américaine au pays.

Par ailleurs, le sénateur Graham a évoqué la possibilité d’une augmentation des droits de douane sur les exportations colombiennes, une option qui, bien que temporairement écartée, reste selon lui sur la table. Il a insisté sur le fait que, à l’instar des interventions américaines au Panama et en Grenade, le président Trump n’aurait pas besoin de l’approbation explicite du Congrès pour agir.

Selon des sources proches des discussions à Washington, les premières cibles terrestres potentielles se situeraient sur le territoire vénézuélien, avec des opérations sélectives visant des camps présumés de trafiquants ou des pistes d’atterrissage clandestines, plutôt qu’une tentative directe de destituer Maduro. Cependant, Trump n’a pas exclu la possibilité d’une opération militaire à grande échelle.

« Si vous pensez avoir l’autorisation légale d’éliminer le trafic de drogue dans les eaux des Caraïbes et de frapper les cartels, vous pensez aussi avoir l’autorisation d’éliminer le chef des cartels, qui dans ce cas est Maduro. »

Source administrative, citée par The Washington Post

Bien que la situation en Colombie soit plus complexe, la rhétorique accusatrice à l’égard de Petro et la désignation du pays comme un « nid de drogue » soulèvent des inquiétudes quant à un possible interventionnisme américain. Trump avait déjà envisagé de décertifier la Colombie sous les administrations de Juan Manuel Santos et d’Iván Duque, malgré leur statut d’alliés des États-Unis.

La situation actuelle est d’autant plus préoccupante que Trump s’entoure de conseillers favorables à une ligne dure, ce qui renforce l’influence de voix comme celle de Graham. Cette approche s’inscrit dans une nouvelle doctrine où la puissance militaire américaine est considérée comme un outil essentiel pour atteindre les objectifs de sécurité nationale, même au prix de tensions diplomatiques et en l’absence d’un consensus politique.

Attaque américaine contre un navire dans les Caraïbes le 23 octobre. Photo:Capture X @SecWar

SERGIO GÓMEZ MASERI – EL TIEMPO, Correspondant à Washington

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