Publié le 27 octobre 2025 à 16h53. Les États-Unis vont renforcer le contrôle de leurs frontières en collectant les données biométriques de tous les voyageurs étrangers à leur entrée et à leur sortie, une mesure qui soulève des questions sur la protection de la vie privée et les libertés individuelles.
- À partir du 26 décembre, les autorités américaines enregistreront les photos et, pour certains, les données biométriques des étrangers franchissant les frontières aériennes, terrestres et maritimes.
- Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) justifie cette mesure par la nécessité de lutter contre le terrorisme, la fraude documentaire et les dépassements de séjour.
- Des experts juridiques soulignent que cette collecte systématique de données marque un tournant dans la surveillance aux frontières et appelle à une vigilance accrue quant au respect des droits des voyageurs.
Les autorités américaines vont mettre en place un système de collecte de données biométriques à grande échelle pour tous les voyageurs étrangers. Cette nouvelle réglementation, publiée ce lundi par le Département de la Sécurité intérieure (DHS), prévoit l’enregistrement des photos et, dans certains cas, des empreintes digitales et d’autres caractéristiques faciales de toute personne non-citoyenne entrant ou quittant les États-Unis par voie aérienne, terrestre ou maritime. L’entrée en vigueur de cette mesure est prévue pour le 26 décembre, après sa publication au Federal Register.
Selon le DHS, ce système intégré d’entrée-sortie permettra de comparer les données biométriques collectées à l’arrivée et au départ, contribuant ainsi à renforcer la sécurité nationale. Le gouvernement américain cite notamment la lutte contre le terrorisme, la prévention de l’utilisation frauduleuse de documents de voyage, le contrôle des dépassements de séjour et la vérification de l’exactitude des informations fournies par les voyageurs comme principaux objectifs de cette initiative.
« Un tel système permettra également au DHS de confirmer plus spécifiquement l’identité des étrangers cherchant à entrer ou à être admis aux États-Unis, et de vérifier leur départ du pays », précise le DHS dans son communiqué.
La nouvelle directive s’applique à tous les non-citoyens américains, y compris les titulaires de visas, les résidents temporaires, les travailleurs temporaires, les mineurs et les personnes âgées. Cette mesure soulève cependant des inquiétudes quant à la protection de la vie privée et au respect des libertés individuelles.
Le cabinet d’avocats Lincoln-Goldfinch Law, basé à Austin, au Texas, estime que cette collecte de données à la sortie du pays « symbolise un changement fondamental dans la politique de surveillance des frontières et de surveillance biométrique ».
« Lorsque les données biométriques sont collectées à la fois à la sortie et à l’entrée, nous entrons dans un nouveau paradigme de surveillance qui nécessite une surveillance juridique active. Les familles doivent savoir ce qu’il adviendra de leurs données, combien de temps elles seront conservées et comment dissiper les malentendus. »
Kate Linconl-Goldfinch, avocate spécialisée en droit de l’immigration
L’avocate souligne la nécessité d’une application transparente de cette règle, avec un préavis clair, des garanties constitutionnelles et une interférence minimale avec les voyages légaux. Elle estime que le gouvernement ne peut pas traiter tous les non-citoyens de manière uniforme sans évaluer chaque situation individuelle.
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