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Près d’une infection des voies urinaires sur cinq est liée à de la viande contaminée, selon une étude

by Sophie Martin

Publié le 28 octobre 2025 02:14:00. Une étude américaine révèle qu’une bactérie présente dans la viande contaminée pourrait être à l’origine de près d’un cinquième des infections urinaires, soulevant des questions sur la sécurité alimentaire et les inégalités sociales.

  • Près de 18 % des infections urinaires étudiées en Californie du Sud entre 2017 et 2021 seraient liées à des souches d’E. coli provenant de la viande.
  • La contamination est plus fréquente dans la dinde (82 %), le poulet (58 %), le porc (54 %) et le bœuf (47 %).
  • Les populations les plus pauvres présentent un risque 60 % plus élevé d’infections urinaires d’origine alimentaire.

Une nouvelle étude, publiée dans la revue mBio, met en lumière une source insoupçonnée d’infections urinaires : la consommation de viande contaminée par la bactérie Escherichia coli (E. coli). Les chercheurs ont analysé plus de 5 700 échantillons bactériens prélevés sur des patients souffrant d’infections urinaires et sur des viandes vendues dans les épiceries de Californie du Sud entre 2017 et 2021. Leurs conclusions, qui remettent en question la perception courante de cette infection fréquente, suggèrent que la sécurité alimentaire pourrait jouer un rôle plus important qu’on ne le pensait.

Les infections urinaires, qui touchent particulièrement les femmes et les personnes âgées, peuvent provoquer des douleurs lors de la miction, des envies fréquentes d’uriner et, si elles ne sont pas traitées, des complications graves telles qu’une insuffisance rénale, selon les Centers for Disease Control and Prevention. Environ 8 millions de cas sont diagnostiqués chaque année aux États-Unis.

L’étude révèle que l’E. coli présent dans la viande contaminée peut pénétrer dans le système digestif lors de la manipulation de viande crue ou de la consommation de viande insuffisamment cuite. Les bactéries peuvent ensuite migrer de l’intestin vers l’urètre, notamment en cas d’hygiène insuffisante ou d’essuyage incorrect. Les femmes sont plus susceptibles d’être touchées, avec près de 20 % des infections liées à la viande contre 8,5 % chez les hommes. Chez les hommes, ceux qui présentent une infection urinaire d’origine alimentaire sont significativement plus âgés (âge médian de 73 ans) que ceux dont l’infection n’est pas liée à l’alimentation (65 ans).

Un aspect particulièrement préoccupant de cette recherche est le lien établi entre le niveau de pauvreté et le risque d’infection. Les personnes vivant dans des quartiers défavorisés présentent un risque 60 % plus élevé d’infections urinaires d’origine alimentaire. L’étude a constaté une augmentation de 12 % du taux de contamination pour chaque augmentation de 10 % du taux de pauvreté d’un quartier. Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses pour expliquer ce phénomène, notamment des réglementations moins strictes en matière de sécurité alimentaire dans les magasins situés dans les zones à faible revenu, des températures de stockage inadéquates, des pratiques de manipulation des aliments défaillantes et une conservation trop longue des produits avant leur vente. Les produits vendus en « gros conditionnements économiques » présentent des taux de contamination plus élevés.

« Les facteurs qui sous-tendent la forte corrélation entre le taux de pauvreté et les infections urinaires zoonotiques ne sont pas clairs »,

Auteurs de l’étude

Les chercheurs soulignent qu’il ne s’agit pas de cesser de consommer de la viande, mais de prendre des précautions élémentaires : cuire soigneusement la viande pour tuer les bactéries, se laver les mains après avoir manipulé de la viande crue, séparer la viande crue des autres aliments, désinfecter les planches à découper et les surfaces de travail, et éviter la contamination croisée provenant des emballages de viande.

Pour plus d’informations sur la prévention des infections urinaires, vous pouvez consulter le site des Centers for Disease Control and Prevention.

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