Publié le 28 octobre 2025 11h52:00. Disséminés à travers l’île de Bali, neuf temples hindous ne sont pas seulement des lieux de culte prisés des touristes, mais aussi, selon la tradition locale, les remparts spirituels qui protègent l’île d’une armée de démons.
- Les neuf temples balinais, connus collectivement sous le nom de Pura Kahyangan Jagat, sont considérés comme un champ de force spirituel.
- La mythologie balinaise décrit une lutte éternelle entre les divinités et les esprits maléfiques.
- L’équilibre entre le bien et le mal est un concept central de la spiritualité balinaise, où les divinités et les démons sont considérés comme des manifestations d’une même énergie universelle.
À Bali, les temples hindous sont bien plus que de simples monuments historiques ou des attractions touristiques. Ils sont, selon la croyance locale, les piliers d’une défense spirituelle contre les forces obscures. Ces neuf temples, regroupés sous le nom de Pura Kahyangan Jagat, sont stratégiquement positionnés à travers l’île pour maintenir un équilibre cosmique et protéger Bali des démons surnaturels.
Parmi ces sanctuaires, certains sont particulièrement célèbres. Le temple d’Uluwatu, perché au sommet d’une falaise spectaculaire, attire les visiteurs pour ses vues imprenables sur l’océan Indien. Le temple de Goa Lawah, abritant une colonie de chauves-souris, offre une atmosphère mystique et envoûtante. Le grand temple de Besakih, le plus vaste complexe religieux de Bali, impressionne par son architecture grandiose. Et le temple Penataran Agung Lempuyang, surnommé les « Portes du Ciel », est prisé pour les perspectives uniques qu’il offre sur les nuages.
Pourtant, rares sont ceux qui, en explorant ces lieux magnifiques, prennent conscience du rôle spirituel crucial qu’ils jouent dans la préservation de l’harmonie de l’île. La mythologie balinaise raconte une guerre perpétuelle entre les divinités bienveillantes qui résident dans les montagnes et les esprits maléfiques qui se cachent dans la jungle, les rivières et les mers. Le roi des démons, représenté par des sculptures dans de nombreux temples, et sa reine, Rangda, dont la bataille contre les dieux est mise en scène dans la danse Barong, incarnent cette lutte éternelle.
Mais cette opposition entre le bien et le mal est plus nuancée qu’il n’y paraît. Kaja McGowan, experte en patrimoine culturel balinais et professeure agrégée à l’Université Cornell de New York, explique que les divinités et les démons font partie d’une même énergie universelle appelée sakti.
« Cette sakti, cette force vitale, prend de nombreuses formes, des êtres humains aux volcans, en passant par les êtres spirituels invisibles. »
Kaja McGowan, experte en patrimoine culturel balinais et professeure agrégée à l’Université Cornell
« Puisque tous les êtres sont fondamentalement constitués de la même substance, aucun ne peut être intrinsèquement bon ou mauvais. Les démons ne sont pas nécessairement entièrement malveillants, et les dieux ne sont pas entièrement bienveillants », ajoute-t-elle. Cette vision complexe de la spiritualité balinaise souligne l’importance de l’équilibre et de l’interconnexion de toutes les choses.