Home SantéExposition nocturne à une lumière vive liée à l’apparition précoce de la puberté

Exposition nocturne à une lumière vive liée à l’apparition précoce de la puberté

by Sophie Martin

Publié le 2024-11-21 10:00:00. Une exposition accrue à la lumière artificielle dans les chambres à coucher, notamment après le coucher, pourrait être liée à un déclenchement plus précoce de la puberté chez les enfants, selon une étude menée en Chine.

  • Une étude longitudinale menée auprès de près de 900 enfants chinois révèle un lien significatif entre l’exposition à la lumière artificielle nocturne et le début précoce de la puberté, tant chez les filles que chez les garçons.
  • Les chercheurs ont constaté que chaque demi-heure supplémentaire d’exposition à une lumière d’au moins 3 lux augmentait le risque de développement précoce des seins chez les filles de 12 % et celui du développement testiculaire chez les garçons de 9 %.
  • L’étude souligne l’importance de limiter l’exposition à la lumière artificielle dans les chambres à coucher, en particulier après le coucher, pour préserver le développement hormonal normal des enfants.

Les préoccupations concernant un début de puberté plus précoce chez les enfants sont en augmentation, comme le montrent des données récentes observées aux États-Unis. Cette nouvelle recherche, menée dans l’est de la Chine, suggère que la lumière artificielle nocturne (LAN), un perturbateur endocrinien environnemental, pourrait jouer un rôle dans cette tendance. Bien que des études antérieures aient suggéré un lien possible, les preuves restaient limitées.

L’étude TESS-LAN (Tianchang Elementary School Students Light at Night), un essai longitudinal en cours, a suivi 886 enfants âgés de 6 à 10 ans (474 garçons et 412 filles) dans deux écoles primaires de la province d’Anhui, entre septembre et décembre 2022. Les chercheurs ont mesuré l’exposition à la LAN dans les chambres à coucher des participants pendant deux nuits consécutives à l’aide de photomètres placés près de l’oreiller. Les parents ont également tenu un journal de sommeil et confirmé le bon positionnement des appareils grâce à des photos.

« Notre étude fournit de nouvelles preuves, issues d’une cohorte prospective, selon lesquelles une exposition accrue à la lumière artificielle dans la chambre, en particulier pendant la période post-sommeil, est associée de manière significative à un développement précoce des seins chez les filles et au développement des testicules chez les garçons. »

Auteurs de l’étude

Les résultats ont révélé que les garçons les plus exposés à la LAN ont commencé la puberté en moyenne 3,84 mois plus tôt (rapport de temps [TR] 0,96 ; IC à 95 % : 0,95-0,98), tandis que les filles ont connu un début de puberté 4,12 mois plus tôt (TR 0,96 ; IC à 95 % : 0,94-0,98) par rapport à ceux du groupe le moins exposé. L’exposition à la lumière après le coucher était significativement plus élevée chez les filles que chez les garçons (P < 0,05).

L’étude a également montré que les garçons présentant un début de puberté précoce avaient une exposition médiane à la LAN dans leur chambre à coucher plus élevée (3,4 lux contre 1,1 lux ; P < 0,001). Des différences similaires ont été observées chez les filles, avec une intensité lumineuse nocturne et une durée d'exposition significativement plus élevées pendant le sommeil.

Les chercheurs reconnaissent certaines limites à leur étude, notamment la mesure à court terme de l’exposition à la lumière, limitée aux périodes de sommeil, et l’absence de prise en compte de facteurs potentiellement confondants tels que la génétique et le régime alimentaire. De plus, la généralisation des résultats pourrait être limitée en raison de l’échantillonnage effectué dans une seule ville chinoise.

Malgré ces limites, les auteurs concluent que leurs résultats renforcent l’hypothèse selon laquelle une exposition accrue à la LAN, en particulier après le coucher, pourrait contribuer à un début plus précoce de la puberté chez les enfants. Ils appellent à des recherches supplémentaires pour confirmer ces résultats et déterminer les implications à long terme de cette exposition.

Cet article a été initialement publié sur Conseiller en endocrinologie

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.