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et pourquoi c’est si bon pour votre santé mentale

by Antoine Girard

Publié le 28 octobre 2025 21:59:00. Face à une société hyperconnectée et axée sur la performance, un concept néerlandais gagne en popularité : le « niksen », l’art de ne rien faire, une pratique simple pour retrouver calme et clarté mentale.

  • Le « niksen » est une inactivité délibérée, sans objectif de productivité ou de bien-être.
  • Cette pratique permet au cerveau de se reposer et de fonctionner en « mode par défaut », favorisant la créativité et la gestion du stress.
  • Intégrer quelques minutes de « niksen » dans sa routine quotidienne peut améliorer l’équilibre de vie et la résilience mentale.

Nos vies modernes sont souvent rythmées par un enchaînement incessant de tâches et de sollicitations. Chaque moment libre est comblé, chaque silence est rompu. Pourtant, la solution à un esprit plus serein et une pensée plus claire pourrait résider non pas dans une nouvelle application ou une technique d’optimisation, mais dans l’exact opposé : l’oisiveté. C’est la promesse discrètement révolutionnaire du « niksen » (prononcé « nik-sen »), un concept néerlandais qui consiste à ne rien faire, un antidote à une course effrénée à laquelle nous n’avons pas forcément choisi de participer.

L’observation de cette pratique s’est faite un mardi pluvieux à Amsterdam. Dans un café au bord du canal, une femme contemplait l’eau grise, les mains réchauffées autour d’une tasse, sans consulter son téléphone, sans engager la conversation, sans chercher à s’occuper. Un cycliste s’est arrêté sous un pont, sans même penser à vérifier son appareil mobile. Il laissait simplement la pluie tomber. Pendant quelques instants, le temps semblait suspendu, comme une chaussure trop serrée qui se desserre doucement. Et si ne rien faire était précisément le but ?

Qu’est-ce que le « niksen » et ce qu’il n’est pas

Le « niksen » ne se réduit pas à de la méditation, ni à une astuce de productivité déguisée en soin personnel. Il s’agit d’une inactivité dénuée d’utilité apparente : laisser son esprit vagabonder sans chercher à corriger, améliorer ou optimiser quoi que ce soit. On s’assoit, on regarde par la fenêtre, on observe les variations de la lumière sur un mur. Cela suffit. Le « niksen » offre au système nerveux une petite pause, sans nécessiter de quitter son environnement. Il ne demande pas de contrôler sa respiration, de vider son esprit ou de relever un défi.

Joris, chef de projet parvenant à concilier carrière et bien-être, explique avoir découvert cette pratique. La plupart des après-midi, il s’installe près d’une fenêtre pendant cinq minutes et observe le passage des bateaux. Pas de podcast, pas de minuteur. Il appelle cela « mon moment de rien ». Les Pays-Bas figurent régulièrement en tête des classements mondiaux en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et moins de 1 % des salariés néerlandais travaillent régulièrement de très longues heures. Bien qu’il soit difficile d’établir un lien de causalité direct, ces chiffres suggèrent une culture qui accorde de la place aux moments d’inactivité.

Pourquoi le temps d’inactivité est-il bénéfique ? Le cerveau possède un « réseau en mode par défaut » qui s’active lorsque l’on n’est pas concentré sur une tâche précise. C’est un bourdonnement de fond qui permet aux souvenirs de s’organiser, aux idées de se connecter et aux émotions de s’apaiser. Ignorer ce mode de fonctionnement peut entraîner une sensation de brouillard mental, d’épuisement et de surstimulation. Au contraire, lui accorder de l’importance permet de réduire la réponse au stress, de diminuer le taux de cortisol et de stabiliser l’humeur. Ne rien faire n’est pas du temps perdu ; c’est un investissement pour l’avenir. Tout comme on laisse une terre en jachère se reposer, le « niksen » crée un espace de calme propice à la résilience.

Comment pratiquer le « niksen » sans en faire une corvée

Commencez petit. Deux minutes, une fois par jour, intégrées à une activité déjà existante. Après avoir préparé son thé, au lieu de le siroter en consultant son téléphone, savourez-le en observant son environnement. Choisissez un point de vue : une plante, une fenêtre, la lumière sur le parquet. Ne vous fixez aucun objectif, ne surveillez pas vos pensées, laissez-les errer librement. S’elles s’emballent, ce n’est pas grave. Si elles ralentissent, ce n’est pas grave non plus. Il ne s’agit pas de paresse, mais d’un espace de respiration.

Les pièges à éviter ? Transformer le « niksen » en une tâche à accomplir, ou le remplacer par des activités « micro-productives ». Le « doomscrolling » (scroller sans fin des mauvaises nouvelles) n’est pas du « niksen », c’est une forme d’occupation. Soyez indulgent envers vous-même lorsque la culpabilité se manifeste, car elle finira par surgir. Nous avons tous connu ce sentiment de malaise face au calme, comme si nous devions être occupés. Laissez cette pensée passer, comme un bus que vous ne prenez pas. Soyons réalistes : personne ne pratique le « niksen » tous les jours. Visez la plupart des jours, et ne vous découragez pas si vous en manquez quelques-uns.

« Le niksen consiste simplement à laisser le moment présent se dérouler sans chercher à le saisir, et à accepter que cela suffise. »

Thérapeute néerlandais

  • Choisissez un signal : la bouilloire qui siffle, le train qui arrive, la fin du déjeuner.
  • Choisissez un lieu : une fenêtre, un balcon, une porte, un banc.
  • Choisissez une durée : deux à cinq minutes. Pas de minuteur si cela vous stresse.
  • Protégez ce moment : téléphone à l’envers, son désactivé, pas de podcasts discrets.

Le « niksen » ne résoudra pas tous les problèmes, mais il offrira à votre esprit l’espace nécessaire pour se détendre. Au début, ces deux minutes peuvent provoquer une sensation d’inconfort, comme si vous manquiez une marche. Puis, quelque chose se relâche. Un nœud se dénoue. Vous remarquez une pensée que vous aviez évitée. Ou pas. L’important est la pause elle-même. Au fil des semaines, cette pause devient une mémoire musculaire, un petit rituel qui ralentit le rythme mental.

Le « niksen » est également étonnamment social. Asseyez-vous avec un ami dans un silence paisible et vous sentirez votre système nerveux se synchroniser avec le sien. Les familles peuvent l’intégrer après le dîner. Les équipes peuvent prendre deux minutes de pause avant les réunions. Personne n’a besoin d’outils sophistiqués. Le monde continue de tourner pendant que vous faites moins, et votre esprit vous remercie en vous offrant une clarté nouvelle. Si vous ne retenez qu’une chose, rappelez-vous ceci : chaque minute n’a pas besoin d’une mission.

Points clés Détails Intérêt pour le lecteur
Qu’est-ce que ne rien faire Une inactivité délibérée qui laisse l’esprit vagabonder sans tâches ni objectifs Permet de se reposer sans se sentir obligé de « prendre soin de soi » de manière active
Pourquoi cela aide Active le mode par défaut, réduit le stress, favorise la créativité et améliore l’humeur Un moyen simple d’améliorer sa santé mentale sans coût
Comment commencer Fenêtres de deux à cinq minutes après des signaux quotidiens ; se protéger des distractions Des étapes pratiques à essayer dès aujourd’hui

FAQ :

  • Qu’est-ce qui compte exactement comme du « niksen » ? Toute activité qui ressemble à une « marche au ralenti flou » : regarder par la fenêtre, observer les changements de lumière, écouter les sons ambiants. Aucun but, aucun programme d’amélioration.
  • En quoi cela diffère-t-il de la pleine conscience ou de la méditation ? La pleine conscience demande une attention délibérée. La méditation a souvent une structure. Le « niksen » n’a aucune tâche. Vous n’essayez pas de l’observer ; vous n’essayez tout simplement pas.
  • Combien de temps dois-je le pratiquer ? Commencez par deux minutes. Étendez-vous jusqu’à cinq ou dix minutes si cela vous fait du bien. La durée est flexible ; peu et souvent fonctionne généralement bien.
  • Ne rien faire n’est-il pas simplement de la paresse ? La paresse évite l’action nécessaire. Le « niksen » crée un espace de récupération pour que l’action semble plus facile par la suite. Considérez cela comme une hygiène mentale, comme se laver les mains.
  • Le « niksen » peut-il aider à lutter contre l’épuisement professionnel ? Cela ne remplacera pas la thérapie ou un changement structurel. Cela peut réduire le stress de base, diminuer la charge cognitive et laisser la place à de meilleurs choix pendant la récupération.

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