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L’économie mondiale peut-elle gérer un monde avec moins d’enfants ?

Publié le 29 octobre 2025 03:15:00. À l'échelle mondiale, le nombre d'enfants par femme a chuté de plus de moitié depuis les années 1970, une tendance qui remet en question les fondements mêmes du capitalisme et pose des…

L’économie mondiale peut-elle gérer un monde avec moins d’enfants ?

Publié le 29 octobre 2025 03:15:00. À l’échelle mondiale, le nombre d’enfants par femme a chuté de plus de moitié depuis les années 1970, une tendance qui remet en question les fondements mêmes du capitalisme et pose des défis économiques majeurs pour de nombreux pays.

  • Le taux de natalité diminue dans le monde entier, affectant des continents entiers, des nations et même de petites communautés insulaires.
  • Des politiques démographiques passées, comme la politique de l’enfant unique en Chine, et les conséquences économiques des bouleversements politiques, comme en Russie, ont contribué à cette baisse.
  • Cette évolution démographique pourrait entraîner un ralentissement économique, des pénuries de main-d’œuvre et une remise en question des systèmes de retraite et de santé publique.

De nombreux pays sont confrontés à un défi démographique commun : une baisse de leur population. Qu’il s’agisse de l’Union européenne, du Japon, ou même d’une petite île au large de la côte du Maine, la question se pose : que se passe-t-il lorsque le nombre de naissances diminue et que la population vieillit ?

Les causes de cette baisse sont multiples. En Chine, la politique de l’enfant unique, en vigueur pendant des décennies, a laissé des traces durables. En 2015, avant l’abandon de cette politique, Chen Jieru, un secrétaire du Parti communiste dans un village, expliquait à NPR les pressions exercées sur les femmes pour qu’elles avortent :

« Avoir un deuxième enfant n’était pas autorisé, nous avons donc dû travailler sur elles et les persuader d’avorter. À l’époque, notre travail en tant que cadre villageois tournait autour du ventre des femmes. »

Chen Jieru, secrétaire du Parti communiste

En Russie, la baisse de la natalité observée depuis les années 2010 est en partie une conséquence de la crise économique et sociale qui a suivi l’effondrement de l’Union soviétique. Gayane Safarova expliquait à NPR à l’époque :

« Le nombre de mères potentielles n’est pas grand, donc on ne peut pas s’attendre à une augmentation du nombre de naissances dans le futur. »

Gayane Safarova

Cette tendance à la baisse de la natalité n’est pas limitée à ces pays. Partout dans le monde, les gens ont moins d’enfants, ce qui pourrait avoir des conséquences profondes sur l’économie mondiale. Aux États-Unis, Ashley Evancho, une planificatrice financière de Buffalo, New York, a pris la décision d’avoir un seul enfant :

« Je n’en ai pas besoin d’un autre. Je n’en veux pas d’autre. J’aime n’avoir qu’un seul enfant. C’est, je pense, un choix très élégant car j’ai toujours l’impression d’avoir un équilibre dans ma vie. »

Ashley Evancho, planificatrice financière

Ce choix personnel, bien que modeste en apparence, reflète une tendance plus large. Les États-Unis, comme de nombreux autres pays, ne comptent pas suffisamment de naissances pour maintenir une population stable. Melissa Kearney, économiste à l’Université de Notre Dame, souligne l’importance de ce phénomène :

« Ce problème démographique est sur le point de remodeler une grande partie de notre société d’une manière à laquelle les gens ne semblent tout simplement pas penser. »

Melissa Kearney, économiste à l’Université de Notre Dame

Dans certaines régions, comme Malone, dans l’État de New York, près de la frontière canadienne, les conséquences de cette baisse de la natalité sont déjà visibles. De nombreux commerces ont fermé leurs portes, et l’hôpital local a dû fermer son service de maternité. Jeremy Evans, responsable du développement économique du comté de Franklin, s’inquiète de la diminution de la population jeune :

« Notre population va continuer à décliner. Ce qui nous inquiète le plus, c’est le déclin de la population jeune. »

Jeremy Evans, responsable du développement économique du comté de Franklin

Les économistes estiment que l’impact de ce changement démographique pourrait être important, même pour les plus grandes économies mondiales. Lant Pritchett, professeur invité à la London School of Economics, met en garde :

« Il est difficile de maintenir le dynamisme de l’économie. Je veux dire, vous savez, vous ne pouvez pas amener les gens à faire toutes sortes de travaux, des électriciens aux plombiers en passant par tout le reste. »

Lant Pritchett, professeur invité à la London School of Economics

En Chine, la deuxième économie mondiale, les chercheurs prévoient une diminution de plus de 200 millions de personnes en âge de travailler au cours des deux prochaines décennies. Mia Li, une jeune femme de 20 ans vivant à Pékin, exprime ses inquiétudes quant au coût élevé de la maternité et à l’instabilité économique :

« Avoir des enfants nécessite un soutien financier. Mais si l’économie s’effondre, comment pouvez-vous vous permettre de les élever ? »

Mia Li

Certains experts, comme Claudia Goldin de l’Université Harvard, relativisent l’impact de ces changements démographiques, arguant que la rareté et les compromis sont inhérents à toute économie. Cependant, un nombre croissant d’économistes s’inquiètent de l’avenir, craignant que le coût croissant de la parentalité n’incite davantage de couples à renoncer à avoir des enfants.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.