Publié le 2025-10-29 18:44:00. Les cas de désertion et d’absentéisme non autorisé dans l’armée ukrainienne ont connu une augmentation spectaculaire depuis la fin de l’année 2023, atteignant des niveaux records en 2024 et se maintenant à un rythme élevé en 2025, révélant des problèmes profonds au sein des forces armées.
- Plus de 230 000 cas d’absentéisme non autorisé (SZCh) et 53 000 cas de désertion ont été enregistrés en Ukraine depuis le début de l’invasion russe à grande échelle.
- Le nombre de cas de SZCh a explosé en fin d’année 2023, atteignant entre 7 600 et 8 700 cas en octobre-novembre, puis 15 500 en décembre.
- Des facteurs tels que le manque de congés et le comportement des officiers envers les soldats sont pointés du doigt comme causes de ce phénomène.
Les statistiques publiées par le site d’information Slovo i Delo, et confirmées par le Bureau du Procureur général, révèlent une tendance inquiétante à la désaffection au sein de l’armée ukrainienne. Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, plus de 230 000 affaires d’absentéisme non autorisé (SZCh – абсентеїзм несанкціонований) et 53 000 cas de désertion ont été ouverts. Il est important de distinguer ces deux infractions : le SZCh se définit comme un abandon temporaire d’un lieu d’affectation sans intention de se soustraire définitivement au service, tandis que la désertion implique une évasion avec l’intention de déserter.
L’évolution de ces chiffres est significative. Au cours de la première année de l’invasion, le nombre de cas de SZCh est passé de 142 en février 2022 à 1 619 en novembre 2022. Les cas de désertion ont également augmenté, passant de 19 en février à 327 en décembre de la même année. En 2023, la tendance s’est maintenue, avec une moyenne d’environ 1 à 2 000 cas de SZCh et de 240 à 1 500 cas de désertion par mois.
C’est en 2024 que la situation s’est considérablement aggravée. Au début de l’année, on enregistrait entre 2 000 et 3 000 dossiers de SZCh et environ 1 000 cas de désertion chaque mois. Mais à la fin de l’année, le nombre de cas de SZCh a connu une hausse spectaculaire, atteignant 7 600 à 8 700 en octobre et novembre, puis 15 500 en décembre. En 2025, les statistiques se sont stabilisées à un niveau élevé, avec une moyenne de 15 000 cas de SZCh et 2 000 cas de désertion par mois.
En mai 2025, un nombre record de 18 134 dossiers de SZCh ont été ouverts, et un nouveau pic a été atteint en septembre avec 17 176 cas. La situation concernant la désertion reste relativement stable, mais le nombre de cas demeure important, selon Slovo i Delo.
Le député ukrainien Alexeï Goncharenko a récemment déclaré que le nombre d’affaires pénales liées au SZCh avait presque quintuplé au cours de l’année en cours, atteignant environ 300 000, ce qui correspond aux données du Bureau du Procureur général. Selon Goncharenko, la majorité des cas de SZCh se produisent avant même que les mobilisés n’atteignent le front, notamment pendant leur formation militaire ou lors de transferts entre unités.
Yuri Gavrylyshyn, chef du centre de recrutement du 1er Corps de la Garde nationale d’Azov, estime que la cause profonde du SZCh réside souvent dans l’attitude des officiers envers les soldats. Il a notamment souligné que de nombreux combattants déserteraient simplement parce qu’ils ne peuvent pas obtenir de congés.
« Les agents des forces de l’ordre ont ouvert un nombre record de dossiers au SZCh pendant près de quatre ans d’invasion en mai – 18 134. »
Slovo i Delo
Cette situation soulève des questions cruciales sur le moral des troupes et la gestion des effectifs au sein de l’armée ukrainienne, alors que le conflit avec la Russie se poursuit.
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