Publié le 29 octobre 2025 à 19h04. Des chercheurs américains développent un banc d’essai révolutionnaire pour les moteurs de fusée nucléaires, une technologie qui pourrait considérablement accélérer et faciliter les voyages spatiaux lointains, notamment vers Mars.
- Un nouveau banc d’essai a été développé au laboratoire national d’Oak Ridge (ORNL) dans le Tennessee pour tester les systèmes de propulsion nucléaire.
- L’objectif est de rendre les voyages spatiaux plus rapides, plus efficaces et moins coûteux en carburant.
- Le système de test simule un réacteur nucléaire sans utiliser de combustible nucléaire réel, garantissant ainsi la sécurité des opérations.
L’exploration spatiale pourrait être sur le point de connaître une révolution. Des ingénieurs du laboratoire national d’Oak Ridge (ORNL), dans l’État du Tennessee, ont mis au point un système de test innovant destiné à faire progresser le développement de moteurs de fusée fonctionnant à l’énergie nucléaire. Cette technologie, qui évoque les visions futuristes des années 1950, pourrait permettre de réduire considérablement le temps et le coût des missions spatiales, ouvrant la voie à des voyages plus ambitieux vers des destinations lointaines comme Mars.
Depuis les années 1940, les agences spatiales s’appuient sur des fusées chimiques, puissantes mais relativement inefficaces. Selon le portail technologique New Atlas, le principal obstacle à l’exploration du système solaire n’est pas la technologie embarquée dans les sondes spatiales, mais les systèmes de propulsion eux-mêmes. Pour transporter un seul kilogramme de charge utile, environ 1 000 kilogrammes de carburant sont nécessaires, comme le souligne New Atlas. C’est pourquoi la fusée Saturn V, utilisée pour les missions Apollo, était aussi imposante qu’un gratte-ciel, alors que seule une petite capsule revenait sur Terre.
La propulsion nucléaire pourrait offrir une solution à ce problème. L’hydrogène serait chauffé à environ 2 700 degrés Celsius par un réacteur nucléaire, puis éjecté comme propulseur, doublant ainsi l’efficacité par rapport aux fusées chimiques. Ce gain d’efficacité est crucial pour les voyages au-delà de l’orbite terrestre, comme vers Mars, qui nécessitent une propulsion beaucoup plus performante.
Cependant, la propulsion nucléaire présente des défis importants. Il est essentiel de contrôler l’énorme chaleur générée par le réacteur pour éviter sa fusion. De plus, le contrôle du système dans l’espace est complexe : le réacteur doit pouvoir être démarré, arrêté et régulé de manière autonome, sans intervention humaine directe.
Pour relever ces défis, l’ORNL a développé un système de test qui simule le fonctionnement d’un réacteur. Ce banc d’essai est composé de six tambours de contrôle équipés de capteurs, tels que des couplemètres et des codeurs optiques. Ces tambours simulent le contrôle du réacteur en réfléchissant ou en absorbant les neutrons en fonction de leur rotation.
Au lieu d’utiliser du combustible nucléaire réel, le système de test utilise un mélange d’eau et d’air qui imite le flux d’hydrogène dans un système de propulsion réel. Les capteurs mesurent la pression, la température et le débit, tandis qu’un mini-ordinateur NVIDIA Jetson contrôle l’ensemble du processus via un protocole de communication spécial qui reproduit le comportement d’un véritable réacteur.
Selon Brandon Wilson, chercheur à l’ORNL, ce système est sûr, flexible et reproductible. Il permet aux ingénieurs de tester des systèmes de contrôle autonomes dans des conditions réalistes, sans risque pour les personnes ou l’environnement. Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la revue scientifique Energies. (Cet article a été créé en coopération avec newsinfive.de.)
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