Publié le 30 octobre 2025 à 06h31. L’ancien président américain Donald Trump a critiqué l’ascension d’un candidat socialiste démocrate à la mairie de New York, en faisant des parallèles historiques maladroits et en ignorant les réalités économiques actuelles, notamment la montée en puissance de la Chine.
- Donald Trump met en garde contre l’élection d’un « communiste » à la mairie de New York.
- Ses références historiques sont jugées peu pertinentes et son raisonnement, incohérent.
- L’article souligne l’ironie de cette critique alors que les États-Unis renforcent leur coopération avec la Chine sur les minéraux critiques.
Donald Trump a récemment exprimé son inquiétude face à la possibilité que Zohran Mamdani, candidat en tête dans la course à la mairie de New York, puisse être élu. M. Mamdani se décrit comme un socialiste démocrate, mais l’ancien président a dénoncé la perspective de voir un « communiste » prendre le pouvoir.
« Mettre un communiste au pouvoir ? Écoutez, il suffit de regarder en arrière sur les mille dernières années, cela s’est produit plusieurs fois, mille ans, et cela n’a jamais fonctionné. »
Donald Trump, ancien président américain
Cette déclaration, largement commentée, a suscité des réactions mitigées. Les observateurs soulignent que la référence aux « mille dernières années » est particulièrement confuse, évoquant Canut le Grand, roi danois du XIe siècle, et ignorant le contexte historique du développement des idéologies communistes, qui n’ont émergé que bien plus tard.
L’ironie de la situation n’a pas échappé à certains, notamment au regard de la récente signature d’un accord clé entre les États-Unis et l’Australie concernant l’approvisionnement en minéraux critiques. Cet accord vise à réduire la dépendance américaine vis-à-vis de la Chine, qui domine actuellement le marché mondial de ces ressources essentielles.
En réalité, la Chine, bien que gouvernée par le Parti communiste depuis 1949, a adopté une économie de marché complexe, combinant planification étatique et initiatives privées. L’historien Adam Tooze a récemment qualifié la Chine de « plus grand laboratoire moderne organisé de l’histoire », soulignant son rôle central dans la compréhension de la modernité.
La stratégie chinoise en matière de terres rares illustre cette approche pragmatique. Pékin utilise une tactique de vente à perte pour évincer ses concurrents et établir des monopoles, une pratique courante dans le monde du capitalisme. En 2002, la Chine a réussi à déstabiliser la mine de Mountain Pass en Californie, la principale mine de terres rares aux États-Unis, et a pris le contrôle du marché mondial. Aujourd’hui, la Chine détient environ 70 % de parts de marché dans ce secteur stratégique.
Ce contexte économique est d’autant plus pertinent que la Chine a récemment renforcé son contrôle sur l’exportation de certains minéraux critiques, notamment le tungstène, le tellure, le bismuth, le molybdène et l’indium. Le 4 avril, le gouvernement chinois a mis en place un système de licences d’exportation pour sept éléments de terres rares, justifiant cette mesure par des préoccupations liées à leur utilisation potentielle à des fins militaires.
Cette situation a incité l’administration Trump à agir et à rechercher des partenariats avec d’autres pays, comme l’Australie, pour diversifier ses sources d’approvisionnement. Cependant, certains analystes estiment que les États-Unis auraient dû anticiper ces défis et investir davantage dans la recherche et le développement de technologies alternatives.
Parallèlement, la Chine continue de progresser dans des domaines clés tels que l’intelligence artificielle. La société DeepSeek a récemment dévoilé des modèles d’IA performants et moins coûteux que leurs homologues américains, remettant en question la domination technologique des États-Unis. De plus, le géant Alibaba a développé un pool informatique capable de réduire considérablement le nombre de processeurs graphiques Nvidia nécessaires à l’IA.
L’arrivée de robots humanoïdes fabriqués en Chine dans les centres commerciaux australiens, notamment grâce à la société Bellbots, est un autre exemple de la montée en puissance technologique de la Chine. Ces robots, développés par la société Yushu Technology, sont capables de diffuser des publicités, d’aider les clients à transporter leurs achats et même d’engager la conversation.
Selon Alan Kohler, analyste financier pour ABC News, ces développements pourraient bien constituer un « moment Spoutnik » pour l’Amérique, un signal d’alarme qui devrait inciter les États-Unis à investir massivement dans l’innovation et la compétitivité.
Alan Kohler est présentateur financier et chroniqueur pour ABC News. Il écrit également pour Intelligent Investor.
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