Publié le 31 octobre 2025 08h41. La Chine a réaffirmé sa position ferme sur Taïwan, appelant les États-Unis à clarifier leur politique et à s’opposer à toute velléité d’indépendance de l’île, au lendemain d’un sommet sino-américain où la question n’a pas été abordée.
- La Chine exige des États-Unis une opposition claire à l’indépendance de Taïwan, considérant la réunification comme une tendance historique inéluctable.
- Le ministre chinois de la Défense a souligné la capacité de Pékin à répondre à toute provocation, tout en réaffirmant son attachement à une résolution pacifique.
- Le président taïwanais a rejeté les propositions d’annexion forcée de Pékin, notamment la formule « un pays, deux systèmes ».
Lors d’une rencontre avec son homologue américain, Pete Hegseth, en marge de la réunion des ministres de la Défense de l’ASEAN à Kuala Lumpur, le ministre chinois de la Défense, Dong Jun, a insisté sur la nécessité pour Washington de prendre une position sans équivoque concernant Taïwan. Pékin considère que la « réunification » avec l’île est une « tendance historique irréversible » et a averti qu’elle défendra ses intérêts de sécurité nationale avec fermeté.
Selon un communiqué du ministère chinois de la Défense, Dong Jun a déclaré que la Chine « reste attachée au développement pacifique » mais qu’elle possède « pleine capacité et confiance pour répondre avec calme à toute provocation ou acte d’ingérence ». Il a également exprimé l’espoir que les États-Unis « traduiront en actions leurs déclarations de ne pas contenir la Chine et de ne pas rechercher de conflit », afin « d’injecter une énergie positive dans la paix et la sécurité régionales et mondiales ».
Ces déclarations interviennent après le sommet en Corée du Sud entre les présidents Xi Jinping et Donald Trump, au cours duquel, selon le président américain lui-même, la question de Taïwan n’a pas été discutée. Cette absence de dialogue direct sur le sujet a suscité des interrogations sur la position américaine.
Les États-Unis sont depuis des décennies un acteur clé dans les relations complexes entre la Chine et Taïwan. Washington, qui n’entretenait pas de relations diplomatiques officielles avec Taïpei, est le principal fournisseur d’armes de l’île et a toujours maintenu une politique d’ambiguïté stratégique, laissant entendre qu’il pourrait intervenir militairement en cas de conflit avec Pékin. Pékin a déjà mis en garde Washington contre toute ingérence.
Une opposition explicite à l’indépendance de Taïwan marquerait un changement significatif par rapport à la politique de l’administration précédente de Joe Biden (2021-2025), qui se limitait à déclarer qu’elle « ne soutenait pas » la sécession.
Parallèlement, le président taïwanais William Lai, considéré par les autorités chinoises comme un « partisan de l’indépendance » et un « fauteur de troubles », a réaffirmé la détermination de Taïwan à préserver son autonomie. Il a appelé à « rejeter l’annexion, l’agression, l’unification forcée et la formule « un pays, deux systèmes » proposée par Pékin. »
La Chine considère Taïwan comme une province rebelle et une partie inaliénable de son territoire. Ces dernières années, Pékin a intensifié sa pression politique, économique et militaire sur l’île, promouvant le modèle « un pays, deux systèmes » – déjà en vigueur à Hong Kong et à Macao – comme solution à long terme. Cependant, l’objectif ultime reste la « réunification nationale ».
Le porte-parole du Bureau des affaires de Taiwan du Conseil d’État (l’exécutif chinois), Peng Qing’en, a averti cette semaine que Pékin « ne renoncera jamais au recours à la force » pour prendre le contrôle de l’île, tout en soulignant qu’elle continuerait à privilégier une résolution pacifique.
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