Publié le 31 octobre 2025 10:51:00. Une nouvelle vulnérabilité, baptisée Brash, permet de faire planter en quelques secondes les navigateurs web basés sur le moteur Chromium, potentiellement affectant des milliards d’utilisateurs à travers le monde. Cette faille de conception, exploitée par une simple manipulation du titre des pages web, ouvre la voie à des attaques ciblées et potentiellement dévastatrices.
- Brash exploite une absence de limitation de débit sur l’API document.title du moteur Blink, au cœur de Chromium.
- Tous les navigateurs basés sur Chromium (Chrome, Edge, Brave, Vivaldi, etc.) sont vulnérables, contrairement à Firefox et Safari.
- L’exploit pourrait être utilisé pour perturber des systèmes critiques, allant de la navigation chirurgicale assistée par ordinateur aux plateformes de trading financier.
Un chercheur en sécurité, José Pino, a récemment mis en lumière une faille critique dans le moteur Blink de Chromium, le moteur de rendu utilisé par la majorité des navigateurs web actuels. Cette vulnérabilité, qu’il a nommée Brash, permet de provoquer le plantage de ces navigateurs en quelques secondes seulement, en saturant le fil d’interface utilisateur. Pino a publié l’exploit sur GitHub sous licence MIT il y a quelques jours, documentant précisément la méthode d’exploitation.
Le principe repose sur l’exploitation d’une absence de contrôle sur la fréquence des mises à jour du titre d’une page web (document.title). En envoyant un flux incessant de modifications de titre, l’exploit parvient à submerger le navigateur, le rendant insensible et finissant par provoquer son blocage. Selon Pino, tous les navigateurs basés sur Chromium sont concernés, y compris Chrome, Edge, Brave et Vivaldi. Firefox et Safari, utilisant respectivement les moteurs Gecko et WebKit, sont quant à eux immunisés.
L’attaque se déroule en trois étapes clés. Tout d’abord, Brash génère une centaine de chaînes hexadécimales uniques de 512 caractères, stockées en mémoire pour optimiser la vitesse d’exécution. Ensuite, l’exploit lance des rafales de modifications de document.title, jusqu’à 8 000 mises à jour par milliseconde, en utilisant un modèle spécifique pour perturber le processus de rendu. Enfin, cette surcharge continue sature le fil d’interface utilisateur, bloquant l’onglet et, en général, l’ensemble du processus du navigateur en 15 à 60 secondes.
Les tests de Pino, menés sur macOS, Windows et Linux, ont confirmé la vulnérabilité de tous les navigateurs basés sur Blink. Les versions de Chromium jusqu’à la 143.0.7483.0 sont concernées, avec des plantages observés sur les versions 138.0.7204.251, 141.0.7390.108 et 143.0.7483.0.
Avec plus de 70 % de parts de marché, les navigateurs basés sur Chromium touchent des milliards d’utilisateurs à travers le monde. Au-delà de l’inconvénient d’un plantage, le véritable danger réside dans le potentiel d’utilisation malveillante de Brash. Pino met en garde contre plusieurs scénarios d’attaques à fort impact, notamment la perturbation de systèmes d’IA utilisant Chromium en mode “headless” (sans interface graphique) pour le scraping ou la surveillance, la désactivation de systèmes de navigation chirurgicale assistée par ordinateur, ou encore la manipulation de terminaux de trading financier.
La flexibilité temporelle de l’exploit est également un point d’inquiétude. Grâce à l’API document.title, les attaquants peuvent retarder ou planifier l’exécution de l’attaque, créant ainsi des opportunités de discrétion et de sabotage ciblé.
En attendant qu’une solution soit déployée par les développeurs de Chromium, notamment par l’ajout d’une limitation de débit pour les mises à jour de document.title, il est recommandé aux utilisateurs et aux organisations opérant dans des environnements critiques d’envisager l’utilisation de navigateurs alternatifs tels que Firefox et Safari.

CyberInsider
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