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Ils dénoncent un prétendu acheminement des contrats sous la présidence de Roa

Publié le 2025-10-31 15:51:00. Une nouvelle controverse éclabousse le groupe pétrolier Ecopetrol, avec une demande de réouverture d'enquête déposée par un représentant de la société Helicópteros Nacionales de Colombia (Hélicol), pointant du doigt des pratiques anticoncurrentielles et des…

Ils dénoncent un prétendu acheminement des contrats sous la présidence de Roa

Publié le 2025-10-31 15:51:00. Une nouvelle controverse éclabousse le groupe pétrolier Ecopetrol, avec une demande de réouverture d’enquête déposée par un représentant de la société Helicópteros Nacionales de Colombia (Hélicol), pointant du doigt des pratiques anticoncurrentielles et des conflits d’intérêts dans l’attribution de contrats.

  • L’avocat Julián Quintana Torres a déposé une demande formelle auprès du Bureau du procureur général pour rouvrir une enquête impliquant des hauts responsables d’Ecopetrol et de sa filiale Cenit Transporte y Logística de Hidrocarburos.
  • La plainte accuse des délits présumés de collusion, de complot et d’intérêt indu dans l’exécution de contrats, notamment en faveur de la société Helistar SAS.
  • Hélicol estime que l’enquête initiale a été bâclée et que le parquet n’a pas suffisamment pris en compte les preuves de pratiques favorisant Helistar depuis plus d’une décennie.

Une nouvelle tempête judiciaire s’annonce pour Ecopetrol. L’avocat Julián Quintana Torres, représentant la société Helicópteros Nacionales de Colombia SAS (Hélicol), a déposé une demande de réouverture d’enquête auprès du Bureau du procureur général. Cette demande vise à relancer une enquête pénale impliquant des figures clés d’Ecopetrol et de sa filiale Cenit Transporte y Logística de Hidrocarburos.

Selon la plainte, les accusations portent sur des délits présumés d’accords restreignant la concurrence, de complot en vue de commettre un délit et d’intérêt indu dans l’exécution de contrats. L’avocat Quintana estime que la décision d’archivage rendue le 22 août 2025 a été prise « sans épuiser l’indispensable diligence du processus et sans évaluer les preuves fournies ».

La demande, dont El Colombiano a eu connaissance, a été adressée au 21ème Parquet Spécialisé. « Cette demande vise à rouvrir le processus, à ce que les éléments de preuve omis soient examinés de manière rigoureuse, a déclaré l’avocat Quintana. Il ne s’agit pas d’une revendication personnelle : c’est une exigence de transparence dans les marchés publics. »

Plusieurs responsables et représentants du secteur des hydrocarbures sont directement visés par cette plainte, notamment Ricardo Roa Barragán (président d’Ecopetrol), Camilo Bonilla (président de l’approvisionnement de Cenit) et Nicolás Sebastián Murillo Rozo (spécialiste aéronautique de Cenit). Plusieurs dirigeants de la société Helistar SAS, dont Milton Cabeza Peñaranda, Carlo Emmanuel Cabra Martínez, Harold Ramírez, María Angélica Cubillos Bustos et José Federico Escobar González, sont également impliqués.

Hélicol soutient que le parquet a appliqué à tort un motif d’archivage, confondant « typicité » et « illégalité ». La société affirme qu’une tendance à favoriser Helistar dans l’attribution des contrats au sein du groupe Ecopetrol se poursuit depuis 2011. Selon la plainte, Ecopetrol, Cenit et Ocensa auraient maintenu un système de contrats récurrents en faveur d’Helistar, grâce à des spécifications « sur mesure », des annulations sélectives de processus et des modifications techniques sans justification objective.

« Le modèle décrit des appels d’offres adaptés à une seule entreprise, des avenants inexplicables, des délais impossibles et un monopole progressif du transport aérien », indique le document. Entre 2011 et 2024, Helistar aurait été le seul bénéficiaire des services de transport aérien pour le groupe Ecopetrol, accaparant 79,5 % des contrats, contre seulement 20,5 % pour Hélicol.

L’avocat Quintana dénonce un manque d’impartialité de la part du parquet, qui, selon lui, « n’a pas évalué le témoignage de la victime et a privilégié celui de l’accusé ». Il qualifie l’enquête initiale de « superficielle, biaisée et prématurée », soulignant qu’elle a été menée avec une « rapidité inhabituelle qui contredit les règles fondamentales d’une saine administration de la justice ».

La plainte reproche également au parquet de ne pas avoir vérifié les liens de travail ni les conflits d’intérêts entre les responsables de Cenit et les dirigeants d’Helistar, de ne pas avoir sollicité d’avis techniques aéronautiques, d’avoir ignoré les preuves fournies par la Surintendance de l’Industrie et du Commerce (SIC) et de s’être contenté de retranscrire les déclarations des salariés des entreprises enquêtées sans les corroborer.

« Le parquet s’est limité à copier-coller les versions des personnes enquêtées elles-mêmes, sans les comparer aux preuves documentaires fournies par la victime », est-il précisé.

Hélicol rappelle qu’Ecopetrol, Cenit et Ocensa sont des entreprises d’économie mixte à majorité étatique, et que leurs actes contractuels doivent donc être régis par les principes de transparence, de moralité et de libre concurrence. 88,49 % des actions d’Ecopetrol appartiennent à la Nation, ce qui signifie que les ressources qu’elle gère sont publiques, bien qu’elle fonctionne selon des réglementations de droit privé.

« Là où il y a des ressources publiques, il y a aussi des principes publics. Le régime privé n’est pas une autorisation pour ignorer les valeurs constitutionnelles de moralité et d’impartialité », soutient la demande. Le juriste critique également le fait que l’entité chargée de l’enquête a omis de prendre en compte le caractère public du conglomérat Ecopetrol, ce qui, selon lui, a conduit à une interprétation erronée de l’affaire.

« Le dossier manque de fondement juridique car il repose sur une lecture superficielle du régime des contrats et omet l’élément essentiel : la violation des principes publics qui régissent la gestion des ressources de l’État », conclut la lettre. La pétition se termine par une demande de retrait du dossier et de réouverture de l’enquête pénale, afin de garantir une procédure technique et impartiale conformément à la loi.

« Il ne s’agit pas d’un conflit entre entreprises. C’est un avertissement sur la manière dont sont traités les contrats d’une entreprise qui appartient en grande partie à l’État », a souligné l’avocat Quintana.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.